« Le Covid-19, une situation grave qu’il faut affronter ensemble », insiste Bernard Stalter

Taille du texte: A A A

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que plus de 70% des malades en Chine ont guéri, la pandémie se propage dans de nombreux pays. La France compte désormais plus de 1 606 cas de coronavirus Covid-19 confirmés, et 30 personnes sont décédées depuis le début de l’épidémie.

Bernard Stalter, président de l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec), partage avec nous les préoccupations d’une profession qui, à l’instar de tant d’autres, souffre de l’évolution préoccupante de ce fléau.

M. Stalter, la situation en France évolue tous les jours. Que souhaitez-vous dire aux chefs d’entreprise de la coiffure ?
Aujourd’hui, il s’agit de tenir le coup ! Après avoir été confrontés aux manifestations des gilets jaunes, à la grève de la SNCF, ils sont maintenant impactés par une crise grave. L’épidémie qui touche la France prend une ampleur sans précédent. Il faut essayer de gérer cette situation le mieux possible.

Pensez-vous que l’on doive imposer certaines règles d’hygiène ? 
Je n’ai pas d’inquiétude à ce sujet. L’hygiène a toujours été une priorité dans nos entreprises de coiffure. Aujourd’hui, bien sûr, il faut être encore plus attentif. Il est nécessaire de se laver régulièrement les mains, de porter des gants quand c’est possible. Il faut aussi saluer la clientèle autrement ! Nous, coiffeurs, nous sommes tactiles, avenants ! Donc attention ! On ne fait plus la bise, on ne serre plus de mains ! À nous de trouver une autre façon de saluer nos clients.

Selon vous, quel impact cette épidémie de Covid-19 aura-t-elle sur la bonne marche de leur entreprise ?
Sur ce sujet, je suis plus inquiet. Prenons par exemple les départements de l’Oise ou du Haut-Rhin. Le gouvernement dit aux parents de garder les enfants à la maison, par conséquent, de nombreux parents doivent rester avec eux, car tout le monde n’a pas, loin s’en faut, une solution de garde. Je connais plusieurs salons de coiffure dans lesquels l’absence de personnel pour cette raison cause un véritable frein à la bonne marche de l’entreprise ! Comment faire pour compenser le manque de personnel quand les clients poussent la porte du salon ?

 À ce sujet, avez-vous fait part de demandes aux pouvoirs publics pour aider les entreprises à passer ce cap au mieux ?
Si la situation perdure, nous devrons redouter qu’il y ait plus de suicides que de morts pour cause de coronavirus ! C’est terrible ! À mon niveau, j’essaie de porter haut et fort le message. J’ai la chance de pouvoir être le porte-parole de nos entreprises de coiffure auprès des ministres et auprès du président de la république. J’ai rencontré le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et la ministre du travail, Muriel Pénicaud. Nous sommes d’accord sur le fait qu’il est nécessaire de mettre en place des mesures fortes ! Certes, le gouvernement en a prévu, et il est sensible à cette situation, mais il ne connaît pas vraiment les problématiques des entreprises artisanales. C’est à nous de faire le boulot, à nous représentants de l’Union nationale des entreprises de coiffure, qui représentons autant la franchise que l’entreprise à faible effectif. Tout autant que le coiffeur à domicile qui doit, à son niveau, prendre des mesures encore plus drastiques parce qu’il se rend au domicile de ses clients ! On demande à toutes ces entreprises d’être responsables et de passer ce cap difficile, et les chefs d’entreprises peuvent compter sur l’Unec et sur moi pour porter haut et fort leurs messages.

Quelles mesures financières concrètes faut-il pour aider les entrepreneurs ?
Il est indispensable que le gouvernement interpelle les banques ! Il faut les sensibiliser… Quand les entrepreneurs font des emprunts auprès des banques, ils sont obligés de donner des garanties. Et il ne faut surtout pas que les banques utilisent ces garanties, sinon les chefs d’entreprise vont sacrifier leur maison, leur vie de famille ! Il est donc nécessaire de demander aux établissements bancaires de faire preuve de patience si, pendant quelques mois, leurs clients ne peuvent pas payer leur loyer où honorer leur emprunt. Il faut des dégrèvements pour nos entreprises artisanales. Et, même si nos entreprises de coiffure ne sont pas habituées au système du chômage partiel, elles doivent y avoir recours et être réactives sur le sujet.

Quelles actions l’Unec met-elle en œuvre pour aider à faire face à cette situation ?
Dans les régions – et là je parle aussi des Chambre des métiers –, nous allons nous mettre à la disposition des artisans. Nous devons aussi mettre en place des référents qui aident juridiquement et financièrement nos entreprises de coiffure ! Cette situation est très grave et nous devons absolument travailler pour les accompagner au mieux.

Unec informations : https://unec.fr/

Voir article : https://www.biblond.com/les-precautions-a-suivre-pour-se-proteger-du-coronavirus/

Catégories: Actualités
Partages
Partager avec nous votre avis ! 1