le confinement a Non seulement revalorisé la profession, mais il a permis aussi aux formateurs de se réinventer. Une éducation nouvelle en a éclos. Rencontre avec ces formateurs « nouvelle génération ».

YANNICK LÉTURGIE
De l’organisme Cylea – qui répond aux exigences du certificat NF délivré par Afnor Certification – au réseau CutMeGo, première communauté d’organismes de formation, en passant par les indépendants, les grands acteurs de l’éducation ont redéfini les contours de leur métier pour l’adapter à la distanciation sociale. Ainsi est né le visio-learning.
« Le métier de formateur avait grandement besoin de se réinventer. C’est une réponse adaptée au monde d’aujourd’hui. »
En effet, l’élève n’a plus qu’à s’asseoir devant son ordinateur. Il n’a rien à faire si ce n’est réserver son cours pour passer quatre heures avec la personne de son choix », explique Yannick Léturgie, formateur à l’international et Expert L’Oréal, mobilisé auprès du réseau CutMeGo pour appuyer le financement de la formation à distance par les Opco (sur dossier).
Même souci de qualité du côté d’Anthony Galifot pour Cylea Formations. « Nous nous sommes entraînés pour que tout soit parfait avant de nous lancer avec des stagiaires. Notre différence ? Chaque visioformation est assurée par un formateur et un animateur. Ce dernier vérifie les gestes de nos stagiaires et demande s’ils ont des questions. Comme l’animateur est là
pour observer, le formateur est totalement libre. »

DYNAMIQUE ET INTERACTIF
Concrètement, qu’est-ce qui change avec le distanciel ? « Nous intervenions durant huit heures. Il a fallu synthétiser le message pour qu’il soit clair pour le plus grand nombre. C’est à moi de faire la démo, en quatre heures, je dois donner le maximum et faire en sorte que cela reste dynamique et interactif. Chacun doit profiter de son atelier », poursuit Yannick Léturgie. Autre proposition chez Cylea qui a modulé ses cours en deux sessions de quatre heures, le matin, permettant aux coiffeurs de travailler l’après-midi et même de tester les techniques apprises. Résultat ? Aujourd’hui, pour 100 € hors taxe (via CutMeGo), les professionnels peuvent s’offrir les cours des plus grands noms, en direct de chez eux. Cette nouvelle éducation a entraîné aussi de nouvelles exigences dont la notion de sur mesure.
Beata Bourillon, formatrice indépendante, directrice du groupe artistique Ladys et membre de l’équipe artistique Eugène Perma, a pris le temps de maturer son concept de formation individuelle à la carte. « J’avais déjà l’habitude de proposer aux stagiaires de choisir la coiffure qu’ils voulaient réaliser puis je leur apprenais à la faire. Ça fonctionnait très bien. »
À LA CARTE
Aujourd’hui, elle propose cette option. Le concept ? Le coiffeur envoie une photo de ce qu’il veut apprendre, Beata prépare le cours et rendez-vous est pris une semaine plus tard. Période de distanciation oblige, la formule en ligne s’est imposée comme une évidence. « Je pratiquais déjà la visioformation pour les trainings avec le groupe Ladys, les filles étant partout en France et à l’étranger. » En liant ces deux idées – répondre à une demande personnalisée et à distance –, Beata officialise ce qu’elle proposait depuis des années. « La force de cette proposition, c’est de répondre à un besoin ou une envie d’apprendre une technique à un instant T. » Sous forme de trois modules (démonstration, step by step que les stagiaires réalisent en même temps et livret avec les photos du step by step), le programme séduit. « C’est à la carte. Un coiffeur peut choisir de suivre un module ou plusieurs. »

FORMATION PERSONNALISÉE
Le service de personnalisation a le vent en poupe. Cylea Formations lance le
« sur-mesure », un concept de formation ultrapersonnalisée, sur un thème défini par le stagiaire. Après un entretien en visio pour définir les besoins, les formateurs les plus compétents imaginent le stage adapté…
En découlent plusieurs propositions, un devis, une formation et un suivi. Et l’avenir ? « Si la proposition est sérieuse et si nous répondons aux besoins de chacun, le visiolearning changera la face de la formation, en complément du présentiel. Pour cela, il faut qu’il y ait une satisfaction générale. Les coiffeurs regardent déjà beaucoup de tutos sur Internet. Nous, formateurs, avons quelque chose en plus : l’échange ! » conclut Beata.

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