Une charte qui fait grincer des ciseaux

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En avril dernier, la Fédération nationale de la coiffure (FNC) et l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l’artisanat (APCMA) signaient une charte rappelant l’exigence de qualification pour ouvrir un salon. Le texte suscite l’incompréhension chez certains coiffeurs.

La Charte, qui rappelle l’exigence du Brevet professionnel (BP) pour ouvrir ou reprendre un salon de coiffure, a pour but de clarifi er les choses. « Il ne s’agit pas de modifi er la réglementation, dit-on à la FNC. Certaines situations ont fait l’objet d’interprétations erronées, facilitant ainsi l’installation d’activités connexes. » Dans le collimateur : les coiffeurs sans BP qui exerçaient en établissement hospitalier, en maison de retraite ou chez eux. Ou encore les salons qui réalisaient des tresses africaines et autres dreadlocks.

Obligation pour ces activités d’avoir un BP. « L’accès à la profession de coiffeur est réglementé par la loi, rappelle Bernard Stalter, vice-président de la FNC. Cette exigence de qualifi cation est une assurance, pour les consommateurs, du respect de leur santé et de leur sécurité. »

Illogique ?

Pour Stéphane Asselin, qui exerce la coiffure homme, le texte est « hypocrite ». « Ils mettent en avant la sécurité des clients, mais tous les produits que nous utilisons en salon sont en vente libre et nombre de personnes se font leur défrisage et leur coloration elles-mêmes. » « La FNC n’a jamais encouragé ces pratiques, bien au contraire, précise l’organisme.

Pour les CAP en salon, cela engage la responsabilité du chef d’entreprise. Pour les consommateurs, notre objectif est de rappeler que dans les salons, ils ont justement l’assurance de bénéficier en toute confi ance de compétences techniques  et artistiques. » Mo Crète, coiffeuse à la tête d’un salon, estime qu’il est illogique que ces précautions ne s’appliquent pas aux coiffeurs à domicile. « Depuis des années, la FNC a rappelé qu’elle souhaitait que le niveau de qualification BP soit étendu à l’ensemble des modes d’exercice de la profession », oppose la FNC.

Dispenses

Mais d’autres zones d’ombre subsistent. « Si j’exerce dans une commune de moins de 2 000 habitants, en tant que coiffeur pour homme, je suis dispensé de BP ! Pourquoi les exigences varient-elles ? », s’interroge Stéphane Asselin. « N’importe quel ressortissant européen peut ouvrir son salon sans BP, pourquoi ? », demande Mo Crète. Là encore, la FNC rectifie le tir. « La dispense de qualifi cation concernant la coiffure pour homme ne concerne pas les coiffeurs, mais d’autres professions qui pratiqueraient la coiffure homme en complément.

Tout salon, même dans une commune de moins de 2 000 habitants et ne pratiquant que la coiffure homme, est soumis à la même exigence de qualification que les autres. Pour les coiffeurs des États membres qui ouvrent des salons, la réglementation reste la même : ils doivent adresser à la chambre des métiers et de l’artisanat du département un dossier de demande d’attestation de qualification professionnelle. »

Pour retrouver l’intégralité de cette charte, cliquez-ici

L’avis d’Anne Demolière & Bruno Loiseau / Les invités de la rédac’:

Les mêmes règles pour tous ! L’exigence réside dans un vrai savoir-faire afi n d’être prêt à gérer toutes les situations en salon. Il faut peut-être revoir à la hausse dans un premier temps la base qui est la formation technique. Le BP prépare-t-il vraiment à ce que l’on vit à l’ouverture d’un salon ? Un diplôme donne-t-il l’expérience nécessaire à la gestion d’un salon ? Redorons notre métier que certains croient « facile ».

Et vous qu’en pensez-vous?

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