Salons pleins, tiroirs-caisses vides!

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Aujourd’hui, les premiers salons de coiffure à souffrir des changements que connaît notre métier ne sont pas ceux qui peinent à remplir leurs plages horaire de clients, mais bien ceux qui ont leurs carnets de rendez-vous pleins.

L’inflation, le retrait de certaines aides et l’accumulation des charges pèsent tellement que travailler beaucoup ne suffit pas. Les entrées ne couvrent plus les sorties. Il faut maintenant se poser la vraie question : que reste-t-il de tout ça ?

Et bien, pour un grand nombre, pas grand-chose, quand on sait qu’il faut au minimum 5 300 euros de chiffre d’affaires TTC pour amortir un Smig et que le taux de remplissage moyen par salarié représente 50 % de son temps… Il devient alors impossible de penser que le prix moyen shampooing/coupe/brushing soit en dessous de 40 euros TTC, quelle que soit la région de France, sous peine de « pédaler à vide ».

Malgré une forte activité, les prix pratiqués n’ont pas augmenté de façon suffisante par rapport aux frais qui n’ont cessé de croître (loyers, produits, taxes diverses, nouvelles charges…, la liste est longue). L’augmentation des prix annuels pratiqués par les coiffeurs durant la dernière décennie a été trop faible en comparaison du coût de la vie, et elle oblige maintenant une majorité d’entre eux, s’ils veulent atteindre des normes rentables, à procéder à une augmentation trop importante pour les clients.

Depuis les années 1980, la majorité des coiffeurs appliquent la politique du « moins cher que chez le voisin », pensant que le client ne choisit que sur ce critère… Du coup, ils se sont « cannibalisés » et aujourd’hui, en période compliquée, ils se retrouvent à devoir le faire obligatoirement, et vite, sous peine de fermer par manque de trésorerie.

Des fins de mois difficiles

Où que vous vous trouviez en France, le travail est facturé au même prix, les charges aussi, sauf celles qui sont liées au loyer – normalement englobées dans un prix de prestation plus élevé en fonction de l’adresse et de la ville d’implantation.

Si votre prix shampooing/coupe/brushing est inférieur à 40 euros, ne soyez donc pas surpris que  les fins de mois soient difficiles. Dans peu de temps, cette somme sera un prix d’entrée de gamme alors qu’elle est considérée aujourd’hui en France comme du haut de gamme !

Les coiffeurs qui se seront formés à acquérir des « petits secrets » lors de leurs stages de perfectionnement – et qui auront appris à les transmettre de façon positive – seront le mieux préparés pour faire face à ce changement. Pour augmenter les prix, il faudra pouvoir le justifier auprès des clients, grâce à une qualité, un petit plus, un savoir-faire, et surtout un discours approprié.

20 % des salons fermeront leurs portes et ne seront pas repris en 2013 et ce taux augmentera en 2014, car ils sont partis de trop bas en termes de prix et la hausse à mettre en place est trop importante, en trop peu de temps. Ce n’est pas prémonitoire, c’est mathématique ! Car aujourd’hui seuls 6 % des salons en France sont prêts pour « le jeu de la chaise musicale » !
Le réveil c’est maintenant !

Prix des prestations

15 % des salons en France pratiquent un prix inférieur ou égal à 25 euros pour une prestation shampooing/coupe/ brushing. 74 % facturent entre 25 et 35 euros la même prestation. Seuls 6 % des salons français facturent cette prestation plus de 40 euros.

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