Mouvement des gilets jaunes, puis manifestations contre la réforme des retraites, grèves et autres coupures de courant : les coiffeurs subissent de plein fouet le climat morose qui pèse sur l’Hexagone depuis un an. Bernard Stalter, président de l’Unec, fait le point des mesures négociées avec l’État pour soutenir le secteur et milite pour la mise en œuvre d’un plan antimorosité.
#01 – PAIEMENT DES CHARGES ÉCHELONNÉ
Conséquence des mouvements sociaux à répétition : « La trésorerie de nombreux salons est aujourd’hui tendue », constate Bernard Stalter qui va régulièrement sur le terrain pour scruter l’état du secteur. « Nous avons donc négocié avec l’État que toutes les charges puissent être lissées sur l’année à l’exception de la TVA. »
Pour bénéficier de cette mesure, « les professionnels doivent prendre rendez-vous avec leur chambre de métiers ou auprès de leur délégué régional Unec », précise Bernard Stalter. Mais pour certains salons dont la situation financière est très dégradée, la précédente mesure sera insuffisante. « Qu’ils viennent nous voir, nous ferons du cas par cas et irons les aider à négocier avec leur banque », assure le président de l’Unec.
# 02 – SIMPLIFICATION ADMINISTRATIVE
Pas facile de s’y retrouver dans la paperasse administrative. Et il arrive parfois que le chef d’entreprise de bonne volonté reçoive une lettre comminatoire l’enjoignant de régler sous peine d’amende. « Le gouvernement doit travailler à refaire les formulaires et courriers afin d’être plus proche des chefs d’entreprise. Et il est prêt à accompagner les entreprises à faible effectif », assure Bernard Stalter. Cette simplification
administrative devrait être menée d’ici à fin juin, et un référent nommé pour accompagner les entreprises dans leurs démarches administratives.
# 03 – SIMPLIFICATION DES ACCORDS D’INTÉRESSEMENT
En 2018, la prime Macron a bénéficié à 5 millions de salariés pour un montant moyen de 450 euros. « Mais elle n’est accessible qu’aux entreprises ayant mis en place un accord d’intéressement. Or, elles sont peu nombreuses dans le secteur de la coiffure », regrette Bernard Stalter qui promet une simplification de la mise en oeuvre des accords d’intéressement pour les entreprises artisanales avant fin juin.
# 04 – VALORISATION DE L’EIRL
Autre cheval de bataille de l’Unec : la lutte contre l’entreprise individuelle (EI) qui fragilise le patrimoine. « Nous militons pour que les chefs l’entreprise basculent vers l’EIRL ou créent des EIRL. C’est en effet le même fonctionnement qu’une EI, mais une partie du patrimoine de l’entrepreneur n’est pas affectée à l’entreprise. Elle est donc protégée », détaille Bernard Stalter. Une manière de limiter la casse si le salon ne fonctionne pas. L’Unec est épaulé dans sa démarche par la Siagi, société de caution mutuelle pour les petites entreprises.
# 05 – SOUTIEN DES FOURNISSEURS
Non acté sur le papier comme les précédentes mesures qui ont été négociées âprement avec le gouvernement, le soutien des fournisseurs est cependant espéré par le président de l’Unec. « J’attends d’eux qu’ils nous accompagnent dans un plan antimorosité en investissant dans des campagnes de communication vantant les mérites de la profession auprès des clients », explique-t-il. [NDLR : voir la campagne de valorisation du métier réalisée par L’Oréal et l’Unec dans les cahiers de L’Étudiant]
Biblond, pour les coiffeurs !









