Aujourd’hui, être coiffeur entrepreneur, quelqu’un qui a un bail avec un ou des salariés, demande d’être un vrai héros… Le nombre de compétences à cumuler est énorme et je souhaite mettre en lumière le courage qu’il faut pour devenir coiffeur entrepreneur !
Quand j’ai commencé la coiffure, en 1984, pour être un bon entrepreneur, il suffisait d’être un bon coiffeur, sympa avec ses salariés, et d’avoir le bon « emplacement ». Certains commençaient à avoir une stratégie financière et managériale, mais ils n’étaient qu’une poignée, les autres faisaient confiance « au doigt mouillé ».
La coiffure, dans ces années-là, c’était la même cliente chaque semaine…
Les coiffeurs ne voulaient pas perdre leur place, car être au chômage était honteux, il y avait très peu d’arrêts maladie, et si on allait voir le médecin, c’était pour une urgence…
Aujourd’hui, un bon entrepreneur doit toujours être un bon coiffeur, encore plus sympa avec ses salariés s’il veut les garder et ne pas risquer un prud’homme. Il lui faut aussi être un bon manager, un bon leader qui sait mettre une bonne ambiance. Il doit être aussi bon gestionnaire, faire ses propres collections, et on lui demande de faire de belles images… Il lui a fallu monter en compétences et être d’un bon niveau en photos et prises de vue.
Il doit être compétent en marketing et faire rayonner son salon pour que ses salariés dégagent leurs salaires. Il doit aussi avoir une connaissance du digital et savoir gérer son site Web et ses réseaux sociaux devenus essentiels.
On lui demande maintenant d’être bon en vidéo et en contenu rédactionnel
pour ses « posts »…
La pandémie ne l’a pas épargné, il n’a reçu aucune aide, son salaire n’a pas été versé, il y a bien eu un « prêt garantit par l’État » mais c’est un prêt qu’il va falloir rembourser, le mois prochain d’ailleurs… à moins de constituer un énorme dossier de report d’échéances.
Cet entrepreneur doit maintenant avoir un réseau sur lequel faire preuve de malice pour recruter car, depuis quelques années, les salariés se font rares, entre ceux que nous perdons entre la 1re et la 2e année de CAP, ceux qui ne travaillent que six mois et retrouvent Pôle Emploi pour deux ans de droits, ceux qui partent et prennent toute leur clientèle pour louer un fauteuil ailleurs, et ceux qui font du domicile, il n’en reste plus beaucoup. Ce même entrepreneur doit faire face à la nouvelle façon de travailler des Français, dans beaucoup de villes, principalement les grandes. De nombreuses personnes qui travaillent ne viennent plus en ville, à cause du télétravail, ainsi, la façon de consommer a changé.
Ces mêmes entrepreneurs se sont retrouvés ces derniers mois à travailler seuls dans le salon à cause des cas contacts, des clients ou de leurs équipes, avec des chutes de CA de plus 30 % et des charges qui augmentent… De plus, alors que leurs aînés pouvaient revendre leurs fonds de commerce, ce qui constituaient leur retraite, aujourd’hui les fonds ne se revendent plus qu’exceptionnellement ! Beaucoup de ces entrepreneurs risquent de perdre leur maison car ils ont dû donner des garanties aux banques !
Être un entrepreneur avec un bail et des salariés aujourd’hui est une preuve d’héroïsme. Bien sûr, le jeu en vaut la chandelle, mais il faut cumuler de nombreuses nouvelles compétences qui n’existaient pas hier…
Si vous avez un boss que vous aimez, pensez à le lui dire, faites-lui un cadeau, dites-lui bravo et merci car il vous emploie et vous montre la voie ! Ça ne vous coûtera rien et vous lui ferez un énorme plaisir !
Biblond, pour les coiffeurs !








