Covid-19 acte II : les acteurs du secteur coiffure à vos côtés !

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Nous le redoutions tous… Le président Emmanuel Macron l’a annoncé hier soir lors de son intervention télévisée : « Tous en Europe… nous sommes débordés par une seconde vague qui, nous le savons désormais, sera sans doute plus dure et plus meurtrière que la première »

« J’ai décidé qu’il fallait retrouver, à partir de vendredi, le confinement qui avait permis de stopper le virus », a déclaré Emmanuel Macron. La veille, on comptait 527 personnes décédées de la Covid-19, 3 000 personnes en réanimation. « J’ai décidé qu’il fallait retrouver, à partir de vendredi, le confinement qui avait permis de stopper le virus », a poursuivi Emmanuel Macron.

De nouveau, seuls les commerces dit « essentiels » pourront rester ouverts. Les lieux culturels et les commerces dits « non essentiels » comme les  cafés, restaurants, enseignes d’habillement, parmi tant d’autres se retrouvent donc encore une fois fermés.  Les salons de coiffure sont donc une fois de plus contraints de fermer leurs portes.



Cette mesure entre en vigueur jeudi soir à minuit et jusqu’au 1er décembre prochain. Le président a néanmoins proposé « une clause de revoyure » dans quinze jours sur la question de la réouverture possible avant le 1er décembre de certains commerces « non essentiels »

Dans la profession, cette situation provoque une vive inquiétude  et révolte parfois. Nous avons interrogé quatre acteurs du secteur : Franck Provost, Christophe Doré, Christophe Creux et Damien Roux.

Franck Provost

Le président du Conseil national des entreprises de coiffure (CNEC) et président du groupe de Provalliance s’alarme : « C’est une douche froide pour toute la profession. Au moment où nous commençons à nous relever du premier confinement, on nous ferme de nouveau les portes. Beaucoup de salons ne s’en relèveront pas, c’est une catastrophe pour notre métier. Nous avons investi massivement pour protéger nos clients et nos collaborateurs, les études montrent que nous sommes en sécurité dans nos salons. Pour le moral des Français, pour la santé de l’économie, la coiffure est bien une activité essentielle ! »

Christophe Doré

Le président de l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) le confirme. « Conformément aux attentes, les annonces n’ont pas été rassurantes. La coiffure, secteur économique très important en France, n’échappe pas à la crise. Le président a été clair. Nous serons fermés ce soir pour quatre semaines. La coiffure, déjà sous perfusion, va souffrir. 30 % des professionnels de la coiffure ont déjà consommé leur prêt garanti par l’État et nombre d’entre eux ont déjà entamé leur trésorerie lors du premier confinement. Un coiffeur me disait hier : “Si nous sommes reconfinés, je ne vais pas m’en remettre !” Et ce sera le cas pour beaucoup… Au sortir du premier confinement, les salons de coiffure ont connu une espèce d’euphorie, mais en quelques semaines, l’activité s’est ralentie. Les gens n’allaient plus au spectacle ni au restaurant, il n’y avait plus de cérémonies, plus de fêtes. Depuis, l’activité n’a pas retrouvé son rythme et la situation est très grave. Et même s’il y a déconfinement en décembre et que le commerce reprend avec une embellie pour les fêtes, qu’en sera-t-il après ? Les pertes ont été lourdes il sera très difficile pour les coiffeurs de retomber sur leurs pieds et de retrouver leur activité normale. »

Christophe Creux

Le fondateur de 2C2C Consulting, explique de son côté : « Les salons ont joué le jeu. Les professionnels ont respecté à la lettre les mesures extrêmement contraignantes mises en place à la suite de la pandémie. Plusieurs d’entre me disent qu’ils se sentent punis, sacrifiés… De plus, il ne faut pas oublier que cela concerne aussi les formateurs, les photographes, les directeurs artistiques… La coiffure est un monde qui comporte de multiples facettes. Tous sont touchés très gravement par cette situation. Et n’oublions pas les apprentis ! Certes, la formation en visio a été une bonne solution durant le premier confinement, mais la coiffure est un métier d’artisan, l’enseignement à distance n’est pas suffisant pour les apprenants. Ils ont besoin de voir et de s’exercer sous l’œil de professionnels et beaucoup ressentent une frustration. Sommes-nous en train de sacrifier les coiffeurs de demain ? Ou d’ouvrir la voie à une baisse du niveau des apprentis, du fait qu’ils n’auront pas eu le temps et les moyens d’apprendre au cours de cette année 2020 ? La profession est inquiète et nous redoutons tous ce qui nous attend. »

Damien Roux

Le directeur général de Didact Hair est, à son habitude, combatif et ne baisse pas les bras. « Mon sentiment, c’est que beaucoup de professionnels ne vont pas tenir face à cette situation, de nombreux salons vont couler. Beaucoup vont perdre leur travail et c’est déjà le cas. Il faut faire en sorte d’être du côté du salon réellement, avoir la bonne attitude, ne pas baisser les bras. Et ne pas avoir peur de travailler plus pour survivre, je parle ici bien sûr de la réouverture. J’invite tout le monde, coiffeurs et collaborateurs, à tout faire pour le salon. Il faut « profiter », si l’on peut dire, du confinement pour réinventer complètement son salon. Chez nous ici, durant un mois, il va y avoir des travaux, nous allons réfléchir à de nouveaux concepts. Il faut continuer à se voir, essayer durant cette fermeture d’en profiter pour tout changer. Je crois que l’on peut dire que la répétition annule le hasard, et que c’est une situation qui, malheureusement, va se reproduire régulièrement. Soyons forts, essayons d’avoir une vision à long terme. Il ne sert à rien de se morfondre. »

Vous êtes les acteurs du secteur et, mieux que quiconque, vous en comprenez les enjeux. Face à cette situation qui, malheureusement, n’est plus inédite, quel est votre sentiment ? Peut-on encore être optimiste ? Doit-on se préparer à une évolution des professions de la coiffure ? Notre site vous est ouvert…



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