Si elle a expérimenté à peu près toutes les possibilités qu’offre la coiffure, Alima Baz fonce tête baissée dans son col tricolore. Elle se lance sans cesse de nouveaux défis, avec envie et passion.

Elle voulait être mécanicienne, un métier à l’époque réservé aux garçons. Ou horlogère. Ou coiffeuse… Ses parents voyaient les choses autrement, l’encourageant à faire de grandes études. « En cachette, je me suis lancée dans la coiffure et au bout de deux mois de CAP, je leur ai annoncé mon choix. »
Pour leur prouver qu’elle ne s’était pas trompée, Alima a visé les sommets, jusqu’à décrocher le Saint-Graal, le titre de Meilleur Ouvrier de France (MOF) en 2015. « Je me suis entraînée 4 200 heures en plus de mon travail pendant deux ans. J’ai beaucoup pleuré, mais j’ai surtout beaucoup appris », souligne-t-elle. Acharnée, elle se forme sans cesse. Aujourd’hui, la gérante d’Alyso Coiffure et Beauté est à la tête de deux salons dans l’Est et d’une équipe de cinq collaborateurs, avec bientôt, une troisième adresse à Metz et une académie. « À la croisée de quatre départements, cet espace de 1 200 m2, une ancienne discothèque, me permettra d’organiser des shows, des formations et d’autres événements. » Rien que ça ? Non ! Alima est insatiable. Ambassadrice Eugène Perma depuis 2016, elle crée ses propres collections, entraîne les futurs MOF, fait partie de l’équipe artistique d’Intercoiffure et donne ses précieux conseils en image dans les hôtels de luxe à l’international en tant qu’experte Service à la française (SAF). Outre la transmission qui la fait vibrer – elle a reçu la médaille du tutorat –, elle touche à tout. « Je veux faire le tour complet de la profession. J’ai déjà coiffé
les stars à Cannes ou au théâtre. Désormais, j’aimerais essayer de travailler dans la coiffure pour le cinéma ou suivre la tournée des Enfoirés. J’ai encore tant de choses à vivre et à découvrir… »
Sa vision du métier
« Le coiffeur est très important dans la vie des gens. Les clients viennent moins mais consomment mieux. Et ils le savent : être beau a un coût. Alors ne bradez pas vos prestations. Ils attendent de nous que l’on joue notre rôle d’expert et de conseiller. Ils sont au courant de tout car hyperconnectés, ce qui nous oblige à être toujours à la pointe. Et quand ils nous confient leurs cheveux, ils veulent passer un bon moment de détente. Les femmes veulent une coupe durable et facile, en phase avec leur personnalité. C’est la raison pour laquelle j’ai mis en place ma propre méthode qui demande ensuite peu d’entretien.
Il faut revaloriser ce métier, nous sommes quand même le deuxième métier artisanal en matière d’embauche. La coiffure ne doit plus être une voie de garage pour élèves en difficulté. Un bon élève qui a la fibre artistique devrait pouvoir être orienté vers ce merveilleux métier aux multiples
facettes ».
Ses conseils aux jeunes
« Vivez votre métier à fond, ne regardez pas les heures.
Quand on aime, on ne compte pas ! Rendre les gens beaux, c’est supergratifiant. Soyez curieux de tout. Cultivez-vous.
Regardez tout ce qui se fait en mode, en art, dans la musique. Allez dans les musées. Soyez au courant des tendances mais restez à l’écoute de chacun. Enfin, participez aux grands événements de la coiffure comme le Mondial
et formez-vous sans cesse. On apprend et on se nourrit toujours des autres.»
Les dates de sa vie
1987 CAP Coiffure
1996 Ouverture du premier salon à Pont-à-Mousson
2015 Meilleur Ouvrier de France
2016 Ambassadrice Eugène Perma
2020 Ouverture des 2e et 3e salons
Biblond, pour les coiffeurs !







