Stratégie : ouvrir un deuxième salon

Taille du texte: A A A

Mûrement réfléchie ou déclenchée par une opportunité, l’ouverture d’un deuxième salon ne ressemble pas tout à fait à celle du premier : de l’emplacement au statut juridique, en passant par le financement, la clientèle, les offres tarifaires….

S’installer juste à côté ou plus loin ? Créer ou reprendre ? Emprunter à sa banque ou ailleurs ? Opter pour une structure juridique ou différente ?



Les problématiques liées à l’ouverture d’un salon supplémentaire amènent à se poser les questions classiques – où, quand, comment ? –, mais dans un registre différent de celui de la première expérience. En grande partie parce que la réponse à la dernière question de base – pourquoi ? – prend, en général, d’autres accents : une envie d’évasion, de transmission…

SAISIR L’OPPORTUNITÉ

Parfois et même souvent, c’est cependant « l’occasion qui fait le larron », comme une opportunité : le réaménagement d’une galerie en centre commercial, la vente d’une boutique. Dans ce cas-là, le local est tout trouvé. Mais, ce n’est pas « forcément une bonne affaire », au sens qu’en donnent les études de marché. « La reprise d’un fond est plus sécurisante qu’une création pure et présente de nombreux avantages : une implantation bien choisie, une clientèle existante, une équipe de collaborateurs opérationnelle, des aménagements réalisés, le transfert du droit au bail, explique Samy Petot, qui, avant d’être formateur, dirigeait deux salons de coiffure. Néanmoins, il est important d’acheter le fonds au juste prix et de faire réaliser une évaluation correcte. »

Étude de marché suivant l’emplacement du salon sur la commune, étude du bilan, réalisation des tableaux de bord que l’on présente aux banques, préparation du prévisionnel, en intégrant le coût du « relooking »… Bien sûr, le passage par la case financement est obligatoire. Et cela s’avère, globalement, plus facile à décrocher qu’au premier tour mais pas forcément dans la même banque. « C’est nettement plus facile d’emprunter 100 % pour un deuxième salon que 80 % pour un premier. » Autre domaine, où l’effet « numéro 2 » peut jouer positivement : les relations avec les fournisseurs. À la fois pour les produits qu’on peut mieux négocier, mais aussi pour les formations.

ORGANISER LES TÂCHES ADMINISTRATIVES

Pour la gestion, ce que l’on gagne en compétence, on le perd en volume de tâches administratives. Quant aux choix des statuts, il faut bien y réfléchir. Certains salons ont une société en nom propre pour le premier salon et poursuivent par une EURL, « pour ne pas faire une annexe, mais que cela soit clairement différent ».

D’autres optent pour une SARL, en association avec un membre de la famille avec, pour les deux implantations, un seul bilan : bénéfices et impositions communs. « Optez pour un comptable qui connaît le métier de la coiffure et simplifiez le nombre d’interlocuteurs. »

GÉRER L’HUMAIN

Reste, enfin, la dimension humaine de cette deuxième ouverture, avec une double approche. D’abord, côté personnel. « En cas de cession, les collaborateurs sont automatiquement transférés au cessionnaire qui devient leur employeur. Il faut donc absolument analyser en amont la situation sociale de l’entreprise et faire la revue des contrats de travail », préconise Samy. Mais ce transfert automatique au plan légal n’est pas forcément facile au quotidien. Quand il s’agit d’une création, une solution souvent adoptée est le transfert d’un salarié du salon 1 vers le salon 2, où il joue le rôle de responsable vis-à-vis des équipes et de la clientèle. Autre casse-tête ? Le partage du temps du patron entre les deux sites : on peut choisir de ne jamais travailler dans son deuxième salon ou opter, comme beaucoup, pour un mix, mais alors avec des alternances fixes et clairement identifiables aussi bien par les salariés que par la clientèle.

Une clientèle qui est le volet le moins prévisible de cette aventure. « Un travail de conquête et de fidélisation est à prévoir. Car racheter un fonds ne veut pas dire racheter la clientèle. Il faut aussi que les identités des deux salons et le parcours clients soient respectés », insiste Samy. Les salons, c’est tout un art !



Catégories: Actualités