Recrutement : Angéline Bouet, dirigeante d’Esther.H : « Le turn-over fait partie de la richesse d’une entreprise ! »

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Fidèle lectrice et fondatrice d’Esther.H, entreprise de recrutement et placement spécialisée pour les métiers de la coiffure et de l’esthétique, Angéline Bouet a voulu réagir suite à notre dossier « Recrutement : comment attirer les candidats ? » paru dans Biblond 95. « Ce dossier a animé quelque chose en moi. Il me semble qu ‘en tant qu’experts du recrutement, nous en étions les grands absents. Esther.H est l’agence la plus « ancienne » et la plus solide sur le secteur de la beauté. Basés aux Herbiers, au Sud de Nantes, nous plaçons des candidats, en intérim, CDD ou CDI, sur la France entière et plus particulièrement dans l’Ouest et à Paris. Nous travaillons aussi bien pour des indépendants (70 % de nos clients) que pour des moyens et grands groupes. De nombreux chefs d’entreprises semblent démunis face au manque de candidats ou au turn-over dans leur salon. Mon message ? Ne subissez pas le changement, accompagnez-le ! »

Pour cette entrepreneuse, spécialiste des ressources humaines, il est évident que les nouvelles générations n’ont plus les mêmes attentes que leurs ainés. « C’est d’ailleurs toute la maitrise de mon métier qui me fait dire qu’il ne faut pas voir du négatif dans le turn-over. Au contraire ! Le mouvement du personnel fait partie de la vie d’une entreprise et de sa richesse. Certes, si les collaborateurs vous filent entre les doigts au bout de 4 mois, c’est qu’il y a un problème. Mais c’est une erreur de croire qu’on peut garder ses salariés 20 ans. Les gens veulent bouger, expérimenter, découvrir les différentes facettes du métier et des méthodes différentes. L’échange est une richesse pour tous. Et ce sera de plus en plus vrai avec la génération Alpha » martèle-t-elle avant de rappeler que le rôle d’un dirigeant est de soigner l’entrée mais aussi la sortie de son collaborateur.



« Ces mouvements de personnel permettent de faire évoluer une société, de renouveler les visions et les stratégies ! » Mais quels conseils prodigue-t-elle aux patrons qui connaissent des difficultés à recruter ou fidéliser les candidats ? « Il faut oublier les croyances archaïques. Voir une équipe qui bouge n’a rien de dévalorisant. C’est au contraire une très bonne chose de donner envie à ses collaborateurs d’aller voir ailleurs. En cela, le secteur de la coiffure est en retard comparé à d’autres domaines. Il a un réel manque d’information et de formation chez les entrepreneurs. Même si la crise sanitaire aura été un accélérateur… »

La dirigeante d’Esther.H rappelle aussi qu’une bonne image de marque est essentielle pour une entreprise.

Et pour se donner les moyens de la développer, le patron doit savoir déléguer certaines tâches comme le recrutement. « C’est un métier et c’est notre spécialité. Nous avons une équipe de 8 personnes qui œuvre au quotidien pour promouvoir cette belle profession auprès des candidats. Nous en maitrisons les spécificités et sommes à l’affût des changements à venir. Ici nous recrutons en maitrisant les besoins techniques des métiers. Nous prenons en compte les parcours et les envies de nos candidats. Nous les faisons matcher avec les besoins et demandes de nos clients. Nous accompagnons tout ce petit monde à vivre une expérience en harmonie avec leur passion. D’ailleurs parfois, avec notre expertise, nous recentrons nos clients sur leurs réels besoins. Certains patrons se lancent en quête d’un CDI pour rendre l’offre alléchante alors qu’ils n’en ont pas besoin. Comme nous maitrisons les différentes sphères du métier avec toujours, une longueur d’avance, nous sommes les meilleurs conseillers. »

Mais comment connait-elle les attentes des nouvelles générations ?

« J’interviens aussi dans les écoles pour revaloriser ce métier. En parlant avec les jeunes, j’ai étudié les différences générationnelles et je me suis adaptée à leurs envies et leurs questionnements. Croyez-moi, j’ai eu des résultats incroyables. Les jeunes sont réceptifs ! » rappelle-t-elle à ceux qui ont la critique facile envers ces nouveaux venus. « Alors, oui, ils veulent gagner plus qu’un SMIC quand ils arrivent sur le marché du travail. Mais parce qu’ils ont compris qu’ils ont de l’or dans les mains et un savoir-faire à valoriser. On ne travaille pas que pour l’argent, certes, mais soyons honnête, peu de personnes travaillent pour la gloire ! Les gérants, par manque de formation et de compréhension du fonctionnement financier d’une entreprise, montent au front et s’en prennent à la jeunesse qui veut gagner plus en travaillant moins. Ce n’est pas vraiment leur idée… Seulement, ils ne veulent pas attendre 20 ans pour gagner au moins 2000 € net par mois ! Pour répondre à leurs attentes, la profession doit réévaluer ses tarifs, bien souvent trop bas. Il est temps pour les coiffeurs d’assumer et de revendiquer leur savoir-faire. »

Mais ne vous y méprenez pas. Angéline Bouet sait reconnaitre les actions positives menées par certains acteurs. Elle salue aisément les démarches des chefs de file, qui ont su anticiper les mutations bien avant le Covid. « Je trouve chouette que des personnes comme Thierry Bordenave, qui j’ai rencontré récemment après une conférence qu’il donnait, parle de son modèle entrepreneurial pour « éviter le turn-over » mais pas l’exclure. Ça donne un nouveau souffle à la profession et montre que la réussite est à la portée de ceux qui veulent bien bouger autour du prisme et surtout ne pas rester statiques sur leurs acquis. » Autres exemples à suivre, selon elle ? Stéphane Amaru ou encore Sarah Guimond et Cyril Bazin, qui ont su prendre un train d’avance notamment dans l’éducation.

Pour conclure, l’experte émet un souhait. « J’aimerais que l’on donne un souffle de positivité ! Le métier est en train de changer. Mais arrêtons de lutter contre ce changement. C’est une chance formidable de pouvoir se renouveler ! »



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