Dans les cinq années à venir, ce sont plus de 5 000 entreprises du secteur de la coiffure qui changeront de mains. Comment mettre en vente son salon ? Qui contacter pour être conseillé ? Comment bien évaluer son salon ? Biblond vous livre conseils et astuces.
Par Alix Hapy.
Séquence à hauts risques pour l’économie française. Ces dix prochaines années, avec l’arrivée de la retraite des générations du baby-boom, plus de 600 000 entreprises pourraient changer de mains. Quant au secteur de la coiffure, 5 000 entreprises vont être concernées au cours des cinq prochaines années.
L’ampleur des chiffres donne une idée de la tâche. D’autant qu’une partie de ces entreprises pourrait ne pas trouver de repreneur par manque de préparation du cédant ou d’inadéquation avec l’offre des repreneurs. L’enjeu est d’autant plus important que ce sont des milliers d’emplois qui sont en jeu.
La transmission d’entreprise est donc un enjeu prioritaire pour la pérennité du tissu économique local. Pour autant, il n’est pas toujours facile pour un entrepreneur de se décider au bon moment à passer le flambeau. Premier conseil : ne pas se croire éternel.
« Même si c’est dur à entendre, autant ne pas attendre le dernier moment pour préparer la transmission de son entreprise, quelle que soit sa taille. »
Ensuite, tout est une question de volonté et de respect des procédures », souligne Christophe Creux, fondateur et dirigeant de la société 2C2C-Consulting. Stéphane Amaru, jusqu’à présent à la tête de l’incontournable salon Didact Hair Building à Paris, qu’il vient de céder même si il n’est pas prêt à quitter la profession, mais il aspirait à de nouvelles aventures, en plus de ses formations. De son côté, Damien Roux travaillait depuis sept ans, aux côtés de Stéphane Amaru avec l’envie de devenir un jour son propre patron.
La connexion s’est donc faite tout naturellement pour la transmission du salon en septembre dernier. « Pour ma part, commente Stéphane Amaru, j’ai toujours fonctionné comme cela : vendre mon affaire à un collaborateur du salon. Il faut savoir repérer la bonne personne, établir un plan de carrière sur le long terme et transférer le savoir de l’entreprise. C’est du temps, mais la formule est solide. » Avant d’ajouter : « La passation s’est faite en douceur et progressivement. Les salariés ont été prévenus deux mois avant et les clientes quelques jours avant mon départ. Sachant que je ne travaillais plus que tous les vendredis après-midi au salon. » Cette histoire heureuse, comme bien d’autres, ne doit pas, pour autant, faire oublier l’importance d’une cohésion.
On voit bien que la transmission n’est fluide que lorsque l’acquéreur s’est bien préparé, ce qui n’est pas toujours le cas, compte tenu de la diversité des profils des repreneurs et des situations des salons. L’évaluation d’un fonds de commerce est un enjeu délicat qui concerne vendeurs mais aussi acheteurs. « Pourtant, l’évaluation reste souvent empirique, regrette Patrice Martin, fondateur et coach de Eplus, un cabinet de conseils et de formation. Les coiffeurs se contentent d’appliquer un pourcentage à leur chiffre d’affaires, pourcentage qu’ils ont du mal à justifier. Je vois passer bien peu d’évaluation détaillée et précise. » En principe, la valeur vénale d’un fonds doit correspondre au prix qui pourrait être obtenu dans le cadre d’une vente ordinaire réalisée dans des conditions normales du marché, à un acquéreur quelconque. Il convient donc de se référer aux éléments de comparaison tirés du marché pour déduire la valeur d’un bien ou, plus exactement, la fourchette de valeur d’un bien. Cette démarche exige d’apprécier tous les éléments constitutifs de la valeur d’un bien.
La suite dans un prochain article : évaluer son fond de commerce, un exercice complexe.
Biblond, pour les coiffeurs !






