Évaluer son fonds de commerce est un exercice qui peut s’avérer bien complexe. Grace à Biblond, après la lecture de cet article, vous allez pouvoir appliquer des méthodes d’évaluation différentes et adaptées à votre entreprise de coiffure.
Il existe plusieurs méthodes pour calculer la valeur d’un fonds de commerce, allant de la simple observation des prix de vente pratiqués sur le marché à l’appel à de complexes calculs pratiqués par des spécialistes : étude de bilan, liasses fiscales, portefeuille clients, rentabilité, outils de production…
Dans la pratique, il est difficile de réunir un nombre suffisant de termes de comparaison issus du marché, afin de procéder à l’évaluation, car les ventes de fonds ne sont pas publiées. Les professionnels, marchands de fonds et agences spécialisées, sont les mieux placés pour connaître les valeurs des fonds vendus. Selon les cabinets spécialisés, la fourchette est comprise entre 50 % du chiffre d’affaires moyen annuel TTC réalisé par le salon les trois dernières années et 70 %, mais il ne s’agit là que d’une moyenne. « Veillez à acheter un salon à hauteur de 55 % de son chiffre d’affaires, avertit Cyril Bazin, codirigeant avec Sarah Guimond de six salons en Loire- Atlantique (44).
Les coiffeurs qui peuvent se permettre d’exiger davantage que les ratios les plus courants ont en général une bonne raison de le faire : un emplacement numéro un, une renommée spécifique, un tout petit loyer et/ou à échéance lointaine… Inversement, si votre affaire nécessite des réparations importantes, il faudra consentir un effort. » Et généralement la valorisation « varie selon le type d’emplacement du fonds et les performances chiffrées des collaborateurs », précise Loris Hug, coach, à la tête de douze salons et d’une académie dans le département du Doubs (25).
Apprécier la valeur, mais aussi la rentabilité du fonds
L’emplacement occupé par le fonds est toujours un facteur important de la valeur. Il faut aussi apprécier l’importance et la configuration des locaux en fonction du type de l’activité exercée.
Pour un salon situé en centre ville, on retiendra entre 60 % et 70 % du chiffre d’affaires moyen. Pour un salon situé dans une petite galerie marchande, on comptera plutôt entre 70 et 80 % du CA. En revanche pour un fonds de commerce installé dans un centre commercial de taille significative, on tablera sur 100 % du chiffre d’affaires. Reste à intégrer d’autres éléments, comme la surface du salon. Mais le chiffre d’affaires n’est pas tout et l’acheteur regardera aussi la rentabilité du fonds de commerce convoité, le bail et les loyers prévus. Les conditions du bail peuvent constituer un facteur important de plus-value ou de moins-value : nature du commerce autorisé, possibilité d’extension à d’autres activités, faculté de sous-location, conditions particulières imposées par le contrat, montant du loyer et des charges, durée de location restant à courir avant le renouvellement.
De même, le degré d’adéquation à l’activité exercée et l’état d’entretien des agencements et installations peuvent apporter une plus-value ou une moins-value. « Le loyer annuel ne doit pas excéder 14 % du chiffre d’affaires annuel du salon, ce qui correspond au taux d’effort maximal », explique Loris Hug.
De même, le propriétaire prévoyant, qui anticipe sa retraite, peut améliorer son bilan pour ses futurs acquéreurs. « En effet, souligne Michel Gomez, cofondateur de Label Coiffure et d’Excel Coiffure, la loi permet au locataire de demander la révision judiciaire d’un loyer commercial, dès lors que ce loyer a augmenté d’un quart en cinq ans. » En renégociant le bail à l’échéance de celui-ci, il est possible de réduire son taux d’effort et donc d’améliorer la rentabilité du fonds.
L’importance des conditions d’exploitation du salon
Un certain nombre de sociétés, comme Eplus, proposent des méthodes d’évaluation. L’objectif est de positionner la valeur du salon en prenant en compte sa rentabilité afin de s’attacher aux conditions d’exploitation du fonds. Les étapes de cette évaluation comprennent la prise de connaissance de l’entreprise et une analyse critique de son fonctionnement, via notamment une visite du salon et un entretien avec son dirigeant pour comprendre les points forts et les points faibles du salon et les éléments qu’il convient de mettre en valeur. Puis vient le temps de l’évaluation, basée sur la rentabilité de l’entreprise.
Les honoraires afférents à ce service sont fonction de la complexité de l’évaluation. Le coût oscille entre 600 et 1 000 €. La valeur est la résultante d’une analyse objective extérieure et le résultat d’une négociation entre vendeur et acquéreur. Il s’appuie sur la valeur, mais va bien au-delà, en intégrant les attentes de chacun. « Certains sont objectifs, d’autres subjectifs, fait remarquer Christophe Creux. Ce travail d’analyse permet de gagner du temps dans la négociation si le vendeur le communique à son acheteur. »
En effet, un vendeur, qui aurait surestimé son fonds en raison de l’attachement à l’entreprise, peut trouver dans le rapport d’évaluation des éléments objectifs lui permettant de mieux se situer en termes de prix de marché. Au contraire, un acquéreur qui aurait du mal à se résoudre à acheter au prix proposé peut, à la lecture d’un rapport d’évaluation, mieux intégrer l’ensemble des points forts du fonds et augmenter ainsi sa proposition de départ, sans oublier que la fixation du prix se fait, aussi et avant tout, en fonction de l’état du marché. Or, depuis sept ans, les prix des fonds de commerce dans le secteur de la coiffure ont nettement diminué. Un fond acheté 100 il y a sept ans, n’en vaudrait plus que 70 aujourd’hui.
Biblond, pour les coiffeurs !






