Dans le dernier Biblond, nous avons consacré notre dossier aux difficultés de recrutement dans le métier de la coiffure. Selon vous, comment faire face à ce problème ?
Cyrille Durant
Coiffeur mixte et formateur, fondateur L’appart C (14)

On connaît la pénibilité des horaires et le salaire d’un débutant. Il faut revaloriser notre profession, la pousser vers le haut pour donner aux jeunes l’envie de faire un métier de qualité, captivant, dans le respect des clients. Le sujet est très large, il pourrait être repris à la source, via les écoles et les patrons d’apprentis, pour inculquer la motivation, montrer l’évolution du métier, la création, la formation. Et essayer ainsi d’être plus performant, de ne pas être un simple outil de coupe pour finalement abandonner ce métier car on a l’impression qu’il est trop physique, que les horaires sont difficiles et que le salaire n’évoluera jamais.
Mehdi Expert coloriste Coiffeur coloriste (75)

Je suis confronté à la baisse d’attractivité de notre métier, beaucoup ne veulent pas subir les horaires contraignants et la faible valorisation des salaires.
Si je comprends ces craintes et reste convaincu que des réformes structurelles doivent être menées, j’essaie de tout mettre en oeuvre pour que cela impacte le moins possible mes équipes. Mon cheval de bataille ?
Le recrutement ! Des méthodes plus classiques, avec l’appui de cabinets de recrutement spécialisés en coiffure, aux plus inattendues, comme le démarchage sur les réseaux, je n’hésite pas à multiplier les canaux pour trouver de nouveaux profils.
Jimmy Dry
Barber et coiffeur mixte, Le salon by Jimmy Dry (54)

Le Luxembourg est à une dizaine de kilomètres de mes salons, les salaires sont plus avantageux, et nombreux sont les coiffeurs qui s’y rendent.
Je dois donc redoubler d’efforts pour attirer des collaborateurs. J’instaure de nouvelles stratégies, comme des semaines de quatre jours, des bonus sur les ventes. À travers divers défis, je tente de motiver mes équipes et de développer ainsi les compétences de chacun. De plus, je m’engage à donner un samedi par mois à mes collaborateurs, pour un équilibre entre vie professionnelle et privée, clé de l’épanouissement personnel. Il était capital pour moi de créer une synergie positive.
Salomé Avagbo
Coiffeuse spécialiste balayage salon @carli.paris

La revalorisation indispensable de notre métier passe tout d’abord par la formation scolaire, remise au goût du jour, pour donner envie aux jeunes. Au salon, la facturation, reflet de notre travail et de nos compétences, doit être ajustée. Le temps passé doit être facturé intelligemment, car il a un impact direct sur le CA donc sur le salaire ! Vue la grille des salaires de notre convention collective, les primes sont un bon moyen de faire gonfler son salaire. Mais c’est avant tout un métier artisanal et de commerce, les amplitudes horaires sont donc larges et les grasses matinées sont à oublier, c’est un métier de passion, et lorsqu’on est passionné on ne compte pas.
Molly Caytan
Coiffeuse coloriste et formatrice, salon Cut Shop (75)

Il faut apporter plus de flexibilité et de souplesse dans la profession.
Les nouveaux venus souhaitent travailler quand ils veulent et n’importe où en France, sans contrainte. La mission de la start-up Escobe répond pleinement à leurs attentes et propose un futur décomplexé qui anticipe et propose un réel accompagnement, que ce soit au niveau des salons instituts ou des salariés qui souhaitent plus de liberté en se lançant en freelance. Je suis jeune maman et mes enfants prennent beaucoup de place dans mon quotidien.
Si je n’avais pas la chance d’avoir mon salon qui me permet de prendre du temps pour eux, Escobe serait ma solution.
Alexia Fedidah
Coiffeuse mixte, Alexia Hair Art (34)

Je suis depuis plusieurs années les conseils de Stéphane Amaru, auxquels s’ajoutent ma vision des choses et les souvenirs de l’époque où j’étais salariée. Proposer des prestations à tarifs élevés, diversifiés, dans un cadre de travail agréable, et offrir des possibilités d’évolution et des formations, c’est aussi tout aussi important pour attirer des candidats. Ne pas oublier les jeunes en leur apportant une vraie formation, en valorisant l’apprentissage au sein du salon, cela donnera aussi envie aux apprentis de venir chez nous.
David Howard Barber, coiffeur homme, champion de hairtattoo, Fondateur de HNB Barbershop (13)

Les dernières aides à l’apprentissage permettent de former des jeunes mais peu sont vraiment intéressés et trouver une clientèle pour qu’ils se forment relève de l’exploit. Un client est fidèle à son coiffeur et n’aime pas le changement… En fin d’apprentissage, l’embauche reste délicate, entre charges, TVA et impôts, offrir un salaire attractif est compliqué ! La tentation de la location de fauteuil semble une solution plus ou moins rentable pour le patron afin d’assurer l’activité de l’entreprise. Le collaborateur verse un loyer régulier et il est motivé pour accroître son CA. Reste le problème juridique …
Guy Haircut
Barber educator et business developer, CEO la Boutique du Barber (75)

Le recrutement et la pérennisation des équipes est le sujet central de la coiffure, et encore plus dans le barbering. Le métier de barbier est dépourvu de formation d’État diplômante, ce qui pose des problèmes de professionnalisation. Ainsi, nous avons souvent des salariés techniquement incomplets, qui ne connaissent pas le « savoir être » en salon ou barbershop.
Les managers de salon doivent anticiper les besoins, puis recruter les bons profils passionnés par le métier et miser sur la formation interne. Les conditions de travail, la qualité du management seront les leviers nécessaires pour garder ces salariés qui sont souvent très convoités une fois formés !
Manuela Duhamel
Formatrice indépendante, Coiffeuse coloriste salon @medleyrivegauche (75)

Il serait intéressant de parler salaires et horaires, car c’est aussi ce qui effraie les coiffeurs. De plus, il serait bon d’échanger sur les possibilités d’évolution, car c’est aussi une motivation pour les coiffeurs. Les chefs d’entreprises doivent donner envie de travailler chez eux, en proposant autre chose : formation régulière, prime intéressante, considération, et une réelle perspective d’évolution. J’ai conscience du problème des charges patronales élevées, ce qui ne permet pas d’augmenter les salaires des futurs employés.
Il serait intéressant de revoir la réglementation salariale afin d’aller vers une amélioration et une valorisation du métier.
Élise Antoine
Coiffeuse mixte, responsable du salon Mylord (25)

Il est important d’avoir des apprentis dans une équipe. Ce sont nos futurs coiffeurs. Ils peuvent nous apporter beaucoup, notamment une nouvelle clientèle.
Ils sont très forts en communication digitale, c’est une valeur importante dans notre métier. L’organisation d’un planning de stage par niveau et par spécialité de notre métier est valorisante pour eux. Un planning pour des entretiens individuels est valorisant pour les salariés et toute l’équipe. Apprendre à se connaître, à accepter l’autre et puis à communiquer. Mettre en place des challenges de vente et les rémunérer.
Organiser avec les marques des trainings avec des niveaux et des défis cadeaux. Revaloriser leurs salaires avec des défis en salon.
Vanessa Castejon
Barber et coiffeuse mixte, Concept Studio (30)

Pour faire face à ce problème, il est de notre devoir de transmettre notre passion, notre élan. Cela motive aussi nos futurs employés de voir l’univers qui les attend en travaillant auprès de nous. Ensuite, il ne faut pas oublier que nous avons tous été employés, alors il faut faire preuve de respect, les heures supplémentaires doivent être rattrapées ou payées. Dernier point essentiel : il faut les envoyer en formation pour leur motivation et, bien sûr, leur proposer un salaire qui leur donne envie de travailler pour nous.
Cédric Valentin-Speich
Coiffeur et DA Yannick Kraemer, formateur Cyléa Formations (67)

Les gens ont remarqué que la coiffure est un métier de passion et non d’argent. Pour pallier les problèmes de recrutement, le personnel a besoin de reconnaissance. Faire participer ses collaborateurs à la vie de l’entreprise en proposant un intéressement plus important au CA, des défis, des shootings photos qui mettent leur travail en avant et montrent leur importance dans l’entreprise.
Augmenter les salaires serait génial, mais il faudrait aussi augmenter les prestations, et c’est un autre débat. Peut-être aussi revoir les plannings de chacun, c’est-à-dire faire trente-cinq heures mais sur quatre jours, moi c’est comme ça que je travaille et j’aime beaucoup.
Biblond, pour les coiffeurs !








