La déco : la vitrine, pensez séduction et cohérence

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La vitrine est une carte de visite géante. Pour la rendre percutante, des leviers sont nécessaires. Le choix des couleurs, l’éclairage ou encore la mise en scène des produits.

Trois secondes, c’est le temps que vous avez pour capter le regard du client. « À Paris, il y a quatre ou cinq coiffeurs dans la même rue. Pourquoi aller chez l’un ou chez l’autre ? Il y a le bouche-à-oreille… et la vitrine, assure Marine Villemonteix, visuel merchandiser, à la tête de Studio numéroté, à Lyon. C’est une invitation à entrer dans le lieu. » Elle doit attirer l’oeil, mais également ouvrir visuellement sur le reste du
salon.



Vitrine = carte de visite

La vitrine doit refléter l’identité du salon, son image. Et se construire « en fonction de sa cible clients, de l’ambiance du salon, et pas d’après ses propres goûts, du genre “j’aime le noir ”», poursuit la spécialiste en merchandising. On peut regretter que les coiffeurs ne fassent pas assez appel à des professionnels comme des scénographes, des visuel merchandisers qui contribuent concrètement à l’expérience client et aussi au chiffre d’affaires. Plus précisément, ils permettent de faire gagner jusqu’à 35 % de chiffre d’affaires en plus. Ce travail de merchandising est un élément essentiel à l’identité de la marque, à un espace de vente. Leur rôle est de s’adapter à tous les types de projets. Grâce à des techniques d’agencement et des simulations en 2D, le coiffeur visualise rapidement la future réalisation. Coût de la prestation ? Tout dépend du projet et de la taille de la vitrine. Mais, en général, il faut compter entre 350 et 500 euros la journée, hors coût des éléments choisis.

Les pièges à éviter

« Il faut commencer par définir le thème de votre vitrine, deux mois à l’avance pour tout bien préparer, souligne Stéphane Macquaire du salon L’Adresse à Paris (cf. encadré). Les plus attrayantes sont celles qui racontent des histoires. Autre conseil : misez sur un design simple et épuré afin de simplifier le parcours de l’oeil du client. » Et Marine Villemonteix, qui a travaillé au sein de différentes maisons parisiennes (Le Bon Marché, Princesse Tam-Tam, Diptyque…) d’ajouter : « Une vitrine surchargée ne va pas accrocher l’oeil des passants. Pour éviter cet effet, vous devez cibler votre message en allant à l’essentiel, et mettre en scène des produits ou objets choisis, en chiffre impair. Surtout, ils doivent être présentés à la bonne hauteur, c’est-à-dire au niveaux des yeux. Quant au décor, il doit être imaginé regroupé autour des objets choisis afin de ne pas perdre le regard du passant. » Ciblez aussi votre message pour aller à l’essentiel.

Un éclairage et des couleurs harmonieuses

L’éclairage de la vitrine est un élément capital. Il peut augmenter les ventes de 20 % sur certains points de vente. Même en pleine journée, il est important que la vitrine soit bien lumineuse, sans pour autant éblouir le chaland et faire flamber votre facture d’électricité. En fonction de votre sélection ainsi que des couleurs, différents types d’éclairage peuvent être utilisés. Les projecteurs permettent d’orienter le regard du passant rapidement vers un objet. Les lumières plus douces peuvent créer une ambiance plus chaleureuse. L’éclairage plein spectre est celui qui se rapproche le plus de la lumière naturelle. Le Led donne un très bon rendu des couleurs et consomme peu d’énergie.

Le choix des couleurs dans la vitrine revêt une importance capitale dans l’aspect final de la devanture. Pour conserver une cohérence visuelle, il est important de se limiter à trois couleurs et de s’adapter aux saisons. « J’ai beaucoup travaillé sur des nuances de vert kaki ou de terre cuite. Mais l’an prochain, il semblerait que les couleurs fluo prennent le dessus », indique Marine Villemonteix.

Les ingénieuses vitrines de Stéphane Macquaire

« Penser et réaliser une vitrine est tout un art. J’ai la chance d’être grandement aidé par ma femme, Véronique, et ma fille Stella. Tout nous inspire : les voyages, l’actualité… Certaines vitrines ont vraiment marqué les esprits des clients. Comme celle de Noël 2019, avec des méduses et tout un univers marin à partir uniquement de sacs et de saladiers en plastique. La Tête dans les nuages, en décembre 2018 avait été conçue à partir de boules chinoises et de kapok, une fibre naturelle utilisée dans le garnissage de coussins. Une autre année, nous avons suspendu dans la vitrine 180 pompons en laine et aussi fait appel au dessinateur Mickaël Cailloux pour la conception de 2 kakémonos. À chaque fois, c’est un nouveau défi. Pour ce Noël, ma fille a réalisé 70 papillons en origami avec du papier irisé qui s’envoleront d’un immense paquet cadeau. Le titre ? Et si les papillons revenaient en hiver ? Beaucoup de poésie et de cohérence finalement… »



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