Ève Briat, inventrice du « morphing intuitif » présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle partage avec nous ces moments privilégiés et nous propose un portrait d’Emmanuel Fagueret.
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Emmanuel Fagueret est un coiffeur atypique qui, s’il ne coiffe pas en bleu de travail, fait du skate non loin de là. C’est sûrement ce style touche à tout que ses clients aiment. Trente-neuf ans qu’il est coiffeur, et c’est même une dérogation qui lui a permis de commencer son apprentissage à 15 ans et demi. Pourtant, comme il me le raconte, enfant, on l’imaginait plus volontiers cascadeur ou pompier, mais c’était sans compter ce petit boulot d’été chez le coiffeur de son père qui lui fit découvrir le métier. Bien décidé à exercer une profession de services et de contacts, il découvre là tout ce qui lui plaît. C’est sa grand-mère qui lui trouve ensuite son maître d’apprentissage.. L’histoire de famille s’arrête là, puisque c’est Alain Scarfato, alors président de la Haute Coiffure Française, qui prend le relais pour le former.
Il commence avec lui son apprentissage et se retrouve rapidement en renfort côté backstage, lors de ses shows. Trente-cinq employés travaillent dans le salon du célèbre coiffeur, et cela forge Emmanuel qui s’investit et gravit rapidement les marches se retrouvant ainsi aux commandes du premier étage de l’établissement où il développe une clientèle plus jeune. Il forme également les apprentis et participe ainsi à l’évolution de l’académie. C’est un juste retour des choses car, comme il me le raconte, à l’époque, il passe de nombreuses heures à reproduire à l’infini les mêmes gestes pour obtenir la perfection. Entre tout ça, il fait son service militaire où il coiffe le ministre de l’époque Jean-Pierre Chevènement !
Aujourd’hui installé à Paris dans le XIVe arrondissement, Emmanuel continue de travailler avec passion et je pourrais même dire avec une réelle empathie. Il développe l’écoute de ses clients et se définit comme un traducteur, qui aime lire dans les gens pour créer des looks appropriés. Il aime également partager sa mission : montrer « l’universalité des choses ». Pour lui tout est lié, les formes dans la nature rejoignent les formes qu’il imagine en coiffure…
Passionné de photographie, de littérature et d’art, il fait en sorte que cela soit présent dans l’univers de son salon où l’on peut tout aussi bien découvrir une peinture éphémère sur la vitrine qu’un portrait majestueux dans le fond du magasin, tout cela non loin d’une bibliothèque où les livres sont à disposition. L’idée est que le client se sente détendu comme chez lui, pour permettre la réalisation de coupes et de colorations en accord avec sa personnalité. Emmanuel aime étudier ses clients, il aime les regarder, détailler ce qu’ils portent, observer comment ils se déplacent pour mieux les comprendre.
Ensemble, nous évoquons le côté pluridisciplinaire qui se cache derrière chaque coiffeur-entrepreneur : souvent artiste, mais aussi manager, traducteur de style, animateur et parfois même plombier… « Notre métier est un métier passion qui nécessite force et vitalité », et c’est un supplément d’âme que de posséder toutes ces qualités.
Instagram, où il s’éclate, permet à ce chef d’entreprise de montrer en images les subtilités de ses coiffures mais également de ses pensées, car pour Emmanuel la coiffure est « un métier de brute qu’il faut savoir exercer avec douceur ». C’est tout cela que l’on retrouve sur ses réseaux, la multiplicité de ses idées créatives qui lui permettent d’inspirer des clients, qui ont, aujourd’hui encore plus qu’hier, énormément d’attentes
Biblond, pour les coiffeurs !











