Et si on taxait les robots ?

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Telle est la proposition que défend Bernard Stalter, président de l’Unec et des chambres de métiers et de l’artisanat auprès des Pouvoirs publics. Une solution qui pourrait, selon lui, apporter une meilleure justice sociale, économique et entrepreneuriale.

 

#01 – COMBLER LE TROU DE LA SÉCU

Publié mi-juin, le rapport annuel de la commission des comptes de la Sécurité sociale indique que les comptes de la Sécu devraient replonger dans le rouge cette année, alors qu’ils étaient attendus à l’équilibre. « La Sécu va être déficitaire de 3 milliards d’euros supplémentaires et ce n’est pas près de s’arranger car il y a de moins en moins de gens qui payent pour la Sécu », constate Bernard Stalter. Et ceux qui payent, selon lui, sont toujours les mêmes : les artisans ! « L’artisanat, dont fait partie la coiffure, ce sont des métiers à forte densité de main d’oeuvre non délocalisables. Mais il n’y a pas de raison que nous soyons les seuls à financer la protection sociale française », s’insurge-t-il. Et le président de l’Unec de constater que la main d’oeuvre a disparu des péages d’autoroute, des comptoirs d’enregistrement dans les aéroports, de bon nombre d’industries et, demain, des caisses de la grande distribution pour être remplacée par… des robots.

#02 – FINANCER LE REVENU UNIVERSEL D’ACTIVITÉ

Pour Bernard Stalter, taxer les robots permettrait également de soutenir le financement du revenu universel d’activité. Promesse de campagne d’Emmanuel Macron pour lutter contre la pauvreté, ce revenu, actuellement à l’étude au sein du gouvernement, vise à fusionner plusieurs aides sociales existantes afin d’assurer un maximum de simplification avec un seul dossier et un seul revenu. Il inciterait également les bénéficiaires à une reprise d’activité.

#03 – REFONDRE LA FISCALITÉ

Faire en sorte que la France puisse continuer à maintenir la protection sociale sans que cette dernière ne soit financée que par les artisans n’est pas simple. « Mon objectif est de travailler avec les industriels et les distributeurs car je ne veux pas opposer un modèle à l’autre, explique le président de l’Unec. Mais il est temps d’ouvrir un débat national pour une refonte complète de la fiscalité. »

#04 – CRÉER UN CHOC DE CONFIANCE

Taxer les robots… La demande peut surprendre. « Mais en la portant, je cherche aussi à créer un choc de confiance avec une valorisation de l’artisanat et de la coiffure en particulier », explique Bernard Stalter. Avant d’ajouter : « Le territoire français est maillé par l’artisanat. J’attends d’Emmanuel Macron des signes de reconnaissance. Il pourrait ainsi organiser un grand débat uniquement avec des artisans et aussi visiter des entreprises artisanales. Nous représentons tout de même 30 % de l’économie française. Imaginez ce que serait la France sans les artisans ! »

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