Coiffinement #semaine 1 : La guerre est déclarée
En deux jours, le ton est donné : tout le monde reste à la maison ! 15 jours au moins de distanciation sociale, une nouvelle formule qui entre dans nos vies comme les attestations de déplacement dérogatoire. Les coiffeurs découvrent avec stupeur qu’ils ne sont pas « essentiels » à la planète bleue. « Dis maman, on va au coiffeur ou chez le coiffeur ? On n’y va plus ! » Certains regardent impuissants le désastre qui s’annonce, quelques-uns se replient dans leur bunker tandis que d’autres manient l’humour en guise de
bouclier. Le confinement « coiffinement », c’est maintenant. « Peut- être l’occasion d’éradiquer aussi les poux au passage », qui sait ?
Coiffinement #semaine 2 : Opération résilience
La pandémie s’aggrave. On entre dans le dur. Face à la déferlante, les coiffeurs s’entraident pour obtenir le fonds de solidarité et juguler leurs comptes en banque. On s’y perd, c’est la foire aux questions pour sauver
les salaires de la peur ! Mais la profession garde la tête haute et vient en aide aux soignants en offrant boîtes de gants, de lingettes, sprays désinfectants, bref tout y passe !
Cependant, une question taraude : « Que pensez vous du No Poo ? Si ne pas se laver les cheveux était bon, on aurait continué comme ça depuis le Moyen-Âge », pas vrai ?
Coiffinement #semaine 3 : Nouvelles du front
La France est entrée dans la phase de ralentissement. On ne parle plus de pic, mais d’un plateau, le Premier ministre parle comme un barbier ! Les cheveux poussent, les coupes ne ressemblent plus à rien, les racines apparaissent… Que faire ? « Ça sent le retour des parents-coiffeurs », ça sent
surtout le carnage. Alors que certains clients insistent et demandent un effort clandestin, les coiffeurs entrent en résistance à coups de battle de posts décoiffants ! « N’y touchez surtout pas et patientez ! », la frange revient à la mode et la coupe mulet aussi !
Coiffinement #semaine 4 : Les jours les plus longs
L’épidémie semble stabilisée. Le temps se fige. Les journées tirent en longueur comme des mètres de papier sortis des TPE sans vie. Netflix- anapé VS frigidaire-lit. Les coiffeurs baissent la garde, se poilent sur les réseaux sociaux et les cheveux continuent de pousser. Ils rêvent au monde d’après : le nouveau monde du nouveau monde… Une mutinerie se prépare : « Pas question de rouvrir les salons dans l’état où ils ont fermé. » Et donc ? « Avec 1 cm de repousse en un mois et à raison d’une visite chez le coiffeur
tous les trois mois en moyenne, qu’est-ce qui excite tant les gens à se couper les cheveux chez eux ? » La super lune de la semaine peut-être ?
Coiffinement #semaine 5 : D-Day
Les « corona cuts » (coupes de cheveux maison) gagnent du terrain… Même les ventes de shampooings s’effondrent, à croire que plus personne ne fait l’effort de se laver les cheveux !
Malgré tout, les coiffeurs restent grands et dignes dans la bataille, du moins jusqu’à la fin des hostilités, annoncée pour le 11 mai. Oui, mais non !
Va-t-on ressortir par région, par tranche d’âge ou par couleur de cheveux ? La tribu est plus que jamais déterminée bien que flippée. FAQ saison 2 :
« Comment respecter les distances entre les clients au bac quand on en a que 4 et qu’on est 8 à travailler avec le monde atroce qu’on va avoir ? » En gros : un shampooing ou la vie. Oui, ce monde est atroce…
Coiffinement #semaine 6 : L’étoffe des héros
Situation critique : « Le Premier ministre a des rebiquettes et tous meurent d’envie de lui passer du Cool Cover sur sa barbe. » D’un seul coup, les coiffeurs deviennent indispensables. Il est temps de déconfiner les conditions. Gants, masques, visières, tous se perdent dans le labyrinthe des procédures d’hygiène et de sécurité, énorme pataquès !
Chaque guerre a ses profiteurs de guerre, mais à 168 euros les 200 masques sans les frais de port, a-t-on encore envie d’acheter chinois ?… Les coiffeurs encaissent la contrainte de travailler en mode « soin intensif. Seule consolation : « Personne ne verra les kilos pris pendant le confinement sous ce tas de plastique ! » Les prix s’enflamment tout comme les demandes hystériques de RDV. Le monde d’après risque de ressembler au monde d’avant, en pire. De quoi réfléchir, n’est-ce pas ?
À suivre…
Biblond, pour les coiffeurs !








