Coiffeurs(se)s, êtes-vous bien payé(e)s ? : les résultats du sondage !

Taille du texte: A A A

A la suite de vos réactions sur les articles #1 et #2 concernant les problèmes de recrutement, nous avons voulu en savoir plus sur les raisons de ce désamour de la profession. Rapidement, le manque de reconnaissance par le salaire s’est imposée comme une évidence. Pour y voir plus clair, nous avons mis en place un sondage autour d’une simple question : Coiffeur(se)s, êtes-vous bien payés ? Et, la réponse est sans appel !

Parmi les 1000 participants (dont la grande majorité a entre 25 et 39 ans), vous êtes plus de 90 % à estimer que votre salaire n’est pas assez élevé. Parmi les répondants, 90,1 %, sont des femmes. Pour 74 % d’entre eux, le salaire ne dépasse pas les 1500 euros et 71,1 % sont pourtant des coiffeur(se)s confirmés, avec plus de 10 ans d’expérience pour 58,1 % d’entre eux. A lire les commentaires qui accompagnent les réponses, il en ressort un grand désarroi. Pour beaucoup, le sentiment est d’être peu payé par rapport à l’investissement fourni mais aussi le niveau d’études et la pénibilité du travail.

« Très mal payé pour 41 ans de métier, c’est honteux. Il ne faut pas se plaindre de ne pas trouver d’employés. Il faut que ça change, sinon il n’y aura plus beaucoup de coiffeurs dans quelques années. »

« 30 d’expérience ! Avec un cap , mention, BP… 1200 €. Une très grosse clientèle qui me suis partout depuis mes débuts et pourtant un salaire très bas. Normal que plus personne ne soit intéressé »

« Au bout de 20 ans d’expérience, ce n’est pas normal de gagner un SMIC. Je suis qualifiée avec expérience. Les patrons n’ont aucune reconnaissance envers leurs meilleurs éléments. Il faut revoir le salaire de base en coiffure car c’est honteux. »



Honteux… Le mot peut paraitre fort mais il est révélateur du mécontentement général. Toutefois, les répondants mettent des nuances. Certes, les salaires doivent être revalorisés. Mais, la pierre n’est pas jetée uniquement aux patrons. Les coiffeurs ont conscience des difficultés que les entrepreneurs connaissent, les empêchant bien souvent de pouvoir augmenter leurs salariés. Sont évoqués en effet, les charges trop lourdes, la TVA trop élevée et les tarifs trop bas. Voici un petit pêle-mêle de ces argumentations plutôt constructives :

  • « Le barème des prix de la coiffure est beaucoup trop bas par rapport au travail fourni. Les charges patronales sont trop élevées. La baisse de la TVA peut être bonne idée pour augmenter les salaires. »
  • « Le problème de la coiffure, c’est que les prestations ne sont pas valorisées. Il est donc difficile de générer plus de chiffre d’affaires et donc plus de revenus. »
  • « Nous devrions être au taux horaire des garagistes pour pouvoir un salaire décent à savoir 1500€ a1800€ net. Pour des personnes qui ont parfois 2 ou 3 diplômes et de nombreuses années d’expériences… »
  • « C’est un métier fatigant qui requiert de nombreuses qualités. Nous sommes debout, nous faisons beaucoup d’heures. Il est temps de revaloriser avant de voir disparaître un bon nombre de salons faute de main d’œuvre. »

De manière générale, les coiffeurs déplorent un manque de valorisation de leur métier. Pourtant, il ressort de leurs réponses, un amour profond pour la coiffure, qui, hélas, souffre des conditions dans lesquelles ils l’exercent.

  • « Je suis passionnée par mon métier mais je suis obligée de travailler à domicile sur mes jours de repos. »
  • « C’est un beau métier mais il finira par se perdre. »
  • « Il y a beaucoup de contraintes dans notre métier : week-ends en décalé, pas de vacances à Noël, 2 semaines maximum pendant l’été, pression de rendement, heures supplémentaires non payées et non récupérées… C’est un très beau métier peu valorisé ! »
  • « J’adore mon métier, c’est mon rêve de petite fille. Aujourd’hui, j’en suis pourtant dégoutée. Trop d’investissement pour si peu de reconnaissance. En franchise comme chez les indépendants ! Et si on se met à son compte, on est assommé par les charges. »
  • « Quel dommage ! Un si beau métier, si peu reconnu ! »
  • « J’estime mon travail et surtout je ne le dévaloriserais pour rien au monde. »
  • « La coiffure est un métier de passion. Mais elle est devenue métier difficile et ingrat, sans reconnaissance. »

Parmi les idées soumises par les répondants, une révision totale de la convention collective est suggérée à plusieurs reprises.

  • « Super métier mais la convention collective a besoin d’être dépoussiérée… »
  • « Il est temps de faire quelques choses pour cette convention ridicule et ces salaires insultants pour des horaires qui approchent 46h pour un 39h ou 43h pour un 35h. »
  • « La convention collective de la coiffure n’est absolument pas valorisante pour les salariés : salaire de base au SMIC, diplôme pas mis en avant sur les grilles salariales, pas de rtt, pas de syndicat actif pour les salariés…»
  • « Après 15 années d’expérience et de spécialisation (coloriste, CAP, BP et BM), on me propose encore le SMIC. De quoi être dégouté… Les charges sont trop élevées pour les patrons, ce qui empêche l’augmentation des salaires et par conséquent la valorisation du métier auprès des jeunes. Une très grosse mise à jour de la Convention collective est à faire, ainsi qu’un travail sur les mentalités des chefs d’entreprise. »
  • « La Convention collective de la coiffure devrait être revue dans son intégralité. »



Catégories: Actualités