Amandine, coiffeuse, Paris : « Les gens se sont habitués à ne pas avoir d’interlocuteur fixe

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Amandine est coiffeuse à Paris depuis six ans. « J’ai effectué tout mon apprentissage dans un salon où j’ai eu le temps de me faire une petite réputation. Une fois mes études terminées, mon patron m’a embauchée dans un des salons qu’il possédait. C’était une marque de confiance de sa part, je lui suis toujours un peu redevable de m’avoir donné ma chance aussi rapidement. »

Quand elle a changé de salon, une partie de ses clientes ont migré avec elle. « C’était facile pour elles de me suivre car le salon en question était à deux rues de là. Je ne suis pas sûre qu’elles l’auraient fait sinon. J’ai l’impression qu’à Paris tout va tellement vite que les gens se sont habitués à ne pas avoir d’interlocuteur fixe, la coiffure n’échappe pas à la règle. On peut le regretter, car une relation de proximité s’installe quand on s’occupe des cheveux d’une personne régulièrement. »

Même si elle a son portefeuille d’habituées, Amandine n’est donc pas convaincue que la clientèle reste attachée à un coiffeur bien précis. « Certaines de mes clientes zappent entre les filles du salon selon nos disponibilités, c’est ce qui me fait dire que nul n’est irremplaçable. »

Pour éviter de voir son fichier client siphonné par des départs de collaborateurs, le patron d’Amandine a trouvé la parade… « Il y a assez peu de turnover dans le salon, notre directeur a su s’attacher une équipe. Il nous fait participer aux challenges du groupe, il nous invite aux grands salons de la coiffure. Il m’a nommée manageuse du salon quand la coiffeuse en titre est partie en province. Cela m’a stabilisée et m’a ancrée dans ce salon. À 23 ans, je ne pouvais pas en espérer davantage. Je forme les jeunes apprenties qui font leur cursus chez nous. J’ai des responsabilités et j’aime ça. » Pas question donc pour elle d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte.

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