Coiffeur dans l’âme, Jérôme Guézou s’est attaqué aux chevelures de sa mère, de ses soeurs et de leurs poupées avant de passer ses diplômes. Il fait ses premières armes chez Lucie Saint-Clair avant d’ouvrir en 1999 son propre salon, Angel Studio, dans le XVIIe arrondissement de paris. Ambassadeur L’Oréal Professionnel depuis une vingtaine d’années, Jérôme accueille dans son salon une clientèle très hétéroclite avec laquelle il vit des moments forts qu’il a accepté de partager avec Biblond.

LA COLO D’APPRENTI
À 15 ans, des rêves de coiffure plein la tête, Jérôme Guézou est apprenti dans un salon en Normandie quand on lui confie la réalisation d’une coloration noirbleu sur une cliente. « C’était une femme très pâle de peau, fatiguée et d’un âge avancé. Elle racontait qu’elle avait des problèmes de santé et ne pourrait donc pas partir en vacances », se souvient-il.
Avant d’ajouter : « La coloration s’appelait “Crescendo” de L’Oréal Professionnel. Elle se présentait sous forme d’un gel assez liquide. À la fin de ma prestation, j’en avais mis partout. La cliente était toute tachée ! Heureusement, elle l’a pris avec humour et m’a dit : “Maintenant je suis bronzée, je n’ai plus besoin de partir en vacances.” Je salue encore son indulgence vis-à-vis d’un apprenti ! »

UNE FIDÉLITÉ À TOUTE ÉPREUVE
La doyenne des clientes du salon Angel Studio était âgée de 98 ans quand, un jour, elle prévient Jérôme qu’elle ne peut plus venir chaque semaine car elle habite trop loin. Ému, Jérôme qui la coiffe depuis trente ans, lui propose de passer la prendre tous les samedis matin. « La première fois, c’était au printemps et j’avais décapoté ma voiture.
Je me suis garé devant le salon et Sébastien Bafcop, mon associé, est venu lui ouvrir la porte. Elle est entrée dans le salon alors que nous lui donnions tous les deux le bras en disant : “Regardez Mesdames, mes boys sont venus me chercher en décapotable !” » Cette doyenne dynamique, qui se trémoussait sous son casque au rythme de la musique d’Ibiza que Jérôme diffuse dans son salon, a fini par aller dans un Ehpad au Kremlin-Bicêtre. Jérôme a continué d’aller la coiffer.
« Nous avons fêté ses 100 ans, mais elle est décédée de la Covid-19 en mars dernier. C’était une personne formidable, nous étions devenus amis », raconte-t-il avec émotion.
LA CLIENTE ENTREMETTEUSE
Dans sa clientèle hétéroclite, Jérôme comptait une personne transgenre en pleine transformation. « Elle était assise à côté d’une cliente âgée qui ne voyait plus très bien et elles se sont mises à s’échanger des recettes de cuisine tandis qu’un client plutôt “style banquier d’affaires” les écoutait distraitement.
Enchantée par sa rencontre, la cliente âgée s’est soudain mise dans la tête de présenter le transgenre au banquier. La situation était hilarante car la personne transgenre affichait un look de Barbie blonde, mais on voyait bien qu’il s’agissait (encore) d’un homme. Tout le monde avait le fou rire, mais la vieille dame ne voulait pas lâcher l’affaire », révèle Jérôme.
Avant d’ajouter : « C’est une de mes grandes fiertés d’avoir réussi à réunir une clientèle aussi variée où des personnes âgées côtoient des jeunes au look extravagant et des clientes plus classiques. Preuve que la coiffure se prête à tous les styles. »
Biblond, pour les coiffeurs !







