Créateur de trois salons de coiffure à Paris et dans sa banlieue, d’une franchise et d’une académie, William Le Pec a aussi été directeur artistique du groupe Glémain, coiffeur ambassadeur Wella Professional, directeur artistique des groupes Regis puis Provalliance. Hyperactif, ce passionné de coiffure est l’inventeur de la technique des coupes à mémoire de forme. S’il passe aujourd’hui la majeure partie de son temps à oeuvrer pour ses pairs, il n’a jamais lâché le fauteuil. William évoque les plus mémorables moments de sa vie en salon.
LE PRIX DE LA QUALITÉ
Dans les salons de William Le Pec, les prestations sont facturées en fonction
de l’expérience de chaque coiffeur. Ainsi, les femmes qui confient leur tête à William n’hésitent pas à débourser 190 euros pour un shampooing/coupe/
coiffage. « Une cliente fidèle me disait régulièrement de ne jamais révéler à
son mari combien elle payait pour se faire coiffer par moi », explique William, qui finit un jour par demander à sa cliente pourquoi elle ne choisit pas un autre coiffeur du salon, dont les prestations sont moins onéreuses. Réponse immédiate : « Parce qu’on ne m’a jamais coupé les cheveux comme vous ! » Un jour, le mari téléphone au salon en précisant qu’il veut offrir la prochaine prestation de sa femme. « Quand nous lui avons annoncé le prix, il a réglé sans ciller, mais je m’attendais à ne plus revoir ma cliente », raconte-t-il. Au contraire, le mari est devenu lui aussi un client fidèle. « Preuve que l’argent est un faux problème », se félicite William.
MÉTAMORPHOSE SALUTAIRE
William et ses collaboratrices avaient remarqué une femme a l’air très triste qui passait régulièrement devant le salon parisien. Un jour, elle franchit la porte et demanda à être coiffée par William. « Je m’exécute et réalise une coupe et une couleur qui la métamorphosent en lui donnant bonne mine et un look tellement plus gai », révèle-t-il. La cliente finit par devenir une habituée du salon. « C’était une femme passionnante et profonde. Elle m’a expliqué qu’elle avait perdu son fils dans un accident de voiture. Elle m’a affirmé que je lui avais sauvé la vie car elle était au bord du suicide la première fois qu’elle est venue dans le salon. » Le plus surprenant pour lui a été d’apprendre que le fils de cette cliente s’appelait William et qu’il est décédé le jour de l’anniversaire de William Le Pec.
L’HABIT NE FAIT PAS LE CLIENT
Un soir d’hiver, un client pénètre dans le salon W du IIe arrondissement. « Il avait une barbe jaune, les cheveux gras et un teint blafard. Il empestait
la cigarette. On aurait dit un SDF », assure William. Le client demande à
être coiffé. « Nous étions complets et je lui demande s’il peut repasser vers 19h. Je lui ai taillé la barbe et j’ai réalisé une bonne coupe. Sa chevelure était encore magnifique, sans cheveux blancs alors qu’il avait 85 ans ! En discutant avec lui, j’ai découvert un homme très érudit, passionné de sculpture et de publicité. C’est devenu un client fidèle. Ses réponses étaient précises et concises. Surtout, il avait un oeil expert et était capable de me dire où rectifier sa barbe, et son jugement était toujours juste. »
William a noué une relation particulière au fil du temps avec ce client richissime qui ne prenait pas la peine de payer luimême. « Il envoyait sa fille, son gendre ou ses neveux. Et sont tous devenus des clients fidèles. »
Biblond, pour les coiffeurs !











