Née de l’esprit visionnaire de Jacques Dessange et de l’audace de l’une de ses collaboratrices, Jeanne Dereux de son vrai nom, Camille Albane a su trouver une place grâce à un concept, celui de « coiffeur-coloriste-maquilleur ».
Pour raconter l’histoire de l’enseigne Camille Albane, nous devons évoquer M. Jacques Dessange. Arrivé à Paris à 20 ans en 1945, ce coiffeur visionnaire, inventeur du «coiffé-décoiffé», a conquis les femmes de l’époque. En 1954, à seulement 29 ans, il ouvre un salon au cœur du triangle d’or de Paris. Se bousculent alors à sa porte mannequins et actrices. Mais aussi une jeune coiffeuse venue d’Avignon, à la conquête de la capitale. Chevelure violine et bouclée, look original et accent chantant, Jeanne Dereux ne passe pas inaperçue dans le Paris des années 1960. Plus motivée que jamais, elle assagit son image pour parvenir à ses fins. Impressionné par sa ténacité et son audace, Jacques Dessange lui donne sa chance en 1967. Elle devient alors Camille Albane. Et même si elle s’affirme coupeuse, il la fait commencer à la coloration et elle se révèle excellente technicienne. Et quand il la transfère à la perruquerie, elle se distingue encore. C’est elle qui signe le mythique carré à frange du Crazy Horse ! En 1969, elle a l’opportunité de reprendre un salon Jacques Dessange à Saint-Germain-des-Prés, elle n’hésite pas et conquiert une clientèle de renom. Régine Desforges, Sonia Rykiel, Chantal Thomas ou Emmanuelle Kahn s’y croisent. Le succès est si retentissant que le salon est même renommé «Camille Albane pour Jacques Dessange».

Des femmes libérées
Dans les années 1990, tandis que le marché de la coiffure s’organise entre low-cost et premium, Jacques Dessange, businessman aguerri, trouve la bonne alternative : une marque intermédiaire avec le meilleur service au meilleur prix. Ainsi naît la franchise Camille Albane qui réinvente les codes. Les consommatrices ciblées ? Des femmes libérées, artistes ou intellectuelles. De 1994 à 2000, l’enseigne Camille Albane est proposée en priorité aux franchisés Dessange et à leurs collaborateurs. C’est une réelle opportunité pour développer une activité tout en occupant un nouveau secteur du marché au sein de leur ville. Tout s’accélère ensuite. En 1996, l’Académie Camille Albane ouvre ses portes. En 1999, l’enseigne lance ses propres produits capillaires puis la ligne de maquillage, le tout distribué en exclusivité dans ses salons. En 2004, le concept phare de «coiffeur-coloriste-maquilleur» s’impose. Et pour créer un contact privilégié, les collaborateurs, polyvalents, assurent la transformation totale de la cliente.
Présente dans dix pays, l’enseigne a fait du made in France une de ses priorités. Les produits capillaires sont pensés, fabriqués et conditionnés sur le site industriel à Guidel, en Bretagne. Deux fois par an, la collection reste une source d’inspiration largement partagée sur les réseaux sociaux, notamment par les Complices Beauté, des influenceuses qui font découvrir les nouveautés à leurs abonnés. La tendance pour le printemps été 2022 ? Coupes courtes modulables, longueurs dégradées, attaches souples aux mille reflets… Et comme toujours, la coiffure est facile à vivre, en souplesse et en couleur riche de reliefs et de nuances douces. Notre coup de cœur ? Le pixie chic. Une coupe courte que la femme façonne au gré de ses envies. Plurielle donc, elle est sublimée par une couleur inédite, beige irisé.
En chiffres
100 millions d’euros de CA pour le groupe Dessange (sans le CA des salons franchisés)
Environ 30 références dans la gamme capillaire
190 salons dans le monde dont
160 en France

Dates clés
1994 Création de Camille Albane
1996 Ouverture de l’Académie Camille Albane
1999 Lancement de la gamme de produits capillaires
2000 Ouverture de la franchise hors réseau Dessange

Interview EMMANUEL GASNOT, PRÉSIDENT DU GROUPE DESSANGE INTERNATIONAL

En quoi Camille Albane se démarque sur le marché ?
Faire partie d’un groupe comme Dessange est déjà une différence. Et que ce soit une enseigne créée par une collaboratrice en fait une marque unique. Une femme de surcroît, sur un marché où la plupart des marques sont développées par des hommes… Autre différence ? Nous avons souhaité dès la création être « coiffeur-coloriste-maquilleur ». Jacques Dessange et Jeanne Dereux ont voulu créer quelque chose de différent, haut de gamme, qui place le coiffeur au centre et qui allie ce qu’il y a de mieux chez les indépendants et les franchisés. Le meilleur des deux mondes. Finalement, cette vision est totalement d’actualité.
Comment accompagnez-vous au mieux les coiffeurs ?
L’accompagnement fait partie de l’essence de Camille Albane. Par exemple, nous avons nos techniques coloration et coupe, mais nous laissons la place à la personnalisation car nous savons que chaque cliente et chaque collaborateur est différent. Aussi, nous proposons des produits exclusifs « salon ». Nous en contrôlons aussi bien la production que la distribution. Nous savons créer de la confiance, de la part de nos franchisés mais aussi de leurs clientes. Nous sommes dans le respect des personnes avec des engagements forts sur la santé et le respect de l’environnement, auprès de l’association 1% for the Planet, de Capillum ou de La Collecte du Coiffeur. Nous avons aussi été très en avance sur le digital. C’est un métier qui ne peut être remplacé par le digital, c’est génial ! Mais on ne peut pas passer à côté de cet outil. Chez nous, les collaborateurs ont toutes les clés pour réussir. Enfin, je tiens à préciser que nous sommes une entreprise à échelle humaine, familiale. Nous ne cherchons pas la performance quantitative mais qualitative.
Comment envisagez-vous l’avenir ?
Je suis positif ! Je crois que l’on n’a jamais eu autant l’opportunité de se développer et de revaloriser le métier. Nous avons été reconnus comme « commerce essentiel » ! En 2020, quand les gens ne pouvaient pas aller chez le coiffeur, la profession a été mise à l’honneur dans les médias, et les intervenants ont été à la hauteur. Désormais, il faut que chacun œuvre pour cette merveilleuse profession. Déjà en pratiquant dans de bonnes conditions, avec des mots-clés comme « formation, hygiène, accueil »… Mais aussi en appliquant les bons tarifs pour pouvoir revaloriser les salaires. Nos collaborateurs se forment quatre fois par an. Quand on propose un service de qualité, la cliente n’a pas peur de payer et de revenir.
Quelle est votre stratégie de développement ?
Nous sommes dans un développement très encadré. Notre priorité, c’est de satisfaire nos franchisés. Chez nous, vous pouvez évoluer et vous réaliser car nous avons une culture de la transmission. De nombreux apprentis ont fait carrière au sein du groupe ou sont désormais à la tête de plusieurs salons. Chez Camille Albane, nous ouvrons une petite dizaine de salons par an avec peu d’érosion parce que les gens nous sont fidèles. Nous nous développons aussi à l’international avec une dizaine d’ouvertures cette année.
Quelles sont vos actualités ?
Nous mettons nos forces au service de nos entreprises, notamment pour tout ce qui est montée en puissance de la digitalisation, entre autres sur nos systèmes de caisse mais aussi de prises de rendez-vous (avec Planity depuis 2020). Enfin, nous relançons la gamme Phytodess, avec des packaging éco-conçus et encore plus de naturalité.


Biblond, pour les coiffeurs !








