À l’occasion d’octobre rose, nous avons voulu mettre en avant trois coiffeuses-entrepreneuses qui s’engagent auprès des malades.
Carla Morri
Directrice France de Deluxe Beauté, Carla Morri a travaillé avec les plus grands avant d’ouvrir, en 2012, son espace de 200 m2 dans le très chic XVIe arrondissement de Paris. Depuis sept ans, elle est aussi la marraine de l’association Solidhair. « Quand Sophie, la fondatrice, a eu l’idée de récupérer les cheveux coupés pour les vendre à des perruquiers puis redistribuer l’argent à des personnes en difficultés financières atteintes de cancer ou de pelade, j’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice en tant que chargée de communication. J’ai fait connaître l’association à mon réseau. » Ainsi, 800 femmes ont pu accéder à des perruques de qualité, soit un budget de 450 euros en sus des 250 euros remboursés par la sécurité sociale. « Je tiens à remercier les millions de donneurs et les 10 000 coiffeurs qui participent à cette chaîne de solidarité. Il y a même des petites filles qui nous donnent leurs cheveux. Notre priorité, ce sont les malades. Elles sont courageuses. Nous essayons d’apporter un peu d’humanité dans cette épreuve, trop souvent déshumanisante ! »
Marjorie Jalabert
C’est aussi auprès de l’association Solidhair que s’est engagée Marjorie Jalabert, quand elle a ouvert son salon, M Coiffure, à Castelnaudary en 2010. « Je voulais faire quelque chose. Je suis aussi investie auprès de l’association Fake Hair Don’t Care », explique la jeune femme de 34 ans. En 2019, elle suit une formation de prothésiste capillaire. Agréé et conventionnée par la CPAM, elle peut désormais recevoir les malades, en toute intimité. « Ma mission est de les conseiller. En perdant leurs cheveux, elles ont l’impression de perdre leur féminité. Mon rôle est de les écouter et surtout de les rassurer. Certaines femmes assument totalement et repartent avec un turban. Pour d’autres, la maladie est taboue, elles n’en parlent pas à leur entourage. » Si elle reconnaît vivre des moments très forts emotionnellement, Marjorie y voit surtout une belle facette de l’humanité. « Cette relation qui se crée est très humaine. Ces femmes se battent contre la maladie. Quand une cliente malade sourit, une fois la perruque placée, j’oublie tout. » Le seul bémol ? Pour une belle perruque, il faut 650 euros ! À cela s’ajoute la routine de soin qui change… Pour certaines, le coût est bien trop élevé », conclut celle qui s’implique auprès de l’association locale AVA (Vivre avec le cancer).
Séverine Montécot
Engagée dans différentes actions solidaires, Sévérine Montécot a été distinguée par le titre de « Madame Engagée » de la Chambre de métiers et de l’artisanat. À la tête du salon Art Coiffure à Saint-Hilaire-du-Harcouët dans la Manche, ambassadrice Furterer, la patronne de 43 ans partage son temps entre son activité de coiffeuse et celle de prothésiste capillaire – elle reçoit les malades dans une pièce privée. Dans son salon, elle recycle tous les cheveux – une partie pour Solidhair, l’autre pour Coiffeurs Justes. « Quand une de mes clientes a été touchée par le cancer, je l’ai accompagnée dans le choix de sa perruque… en public ! J’ai donc eu l’envie de créer un cadre pour bien recevoir les femmes dans cette épreuve. Ici, elles peuvent toucher, essayer les perruques. Comme je suis associée à Elite Hair, je peux avoir des modèles sous 24 ou 48 h. Leur programme Serena est unique ! » Séverine n’hésite jamais à proposer son aide, notamment auprès de l’association Roses en baie qui aide les femmes atteintes du cancer du sein. « J’ai fait appel à une couturière pour fabriquer des coussins en forme de coeur, à placer sous le bras pour soulager la douleur, que j’offre aux patientes. »
Biblond, pour les coiffeurs !









