Et si je revendais mon salon pour me réinventer ?
Certes, les sexagénaires doivent y réfléchir très vite, mais ce n’est pas parce que je n’ai pas l’âge de la retraite que je ne dois pas y penser. Il est possible pour les très courageux de revendre leur salon et de le faire plusieurs fois dans leur carrière.
Revendre, oui mais…
On n’en parle pas, mais en fait, il devient extrêmement difficile de revendre son salon. Il suffit de regarder les annonces sur tous les supports : plus de 5 000 salons seront à vendre cette année avec les départs en retraite et les faillites. Il y a vraiment le choix !
Le plus dur est de trouver un entrepreneur qui ait le courage de reprendre ou même de créer une entreprise. Avant le statut d’auto- entrepreneur, il était plus facile de retrouver quelqu’un. Aujourd’hui, beaucoup préfèrent rester seuls et sans structure. Preuve par les chiffres : 53 % des salons en France sont sans salarié.
Et si vous voulez revendre, vous allez voir que c’est presque mission impossible… Pour le coiffeur à domicile, il n’y aura rien à vendre, quant à celui qui possède un bail, il ne peut espérer revendre que s’il s’est bien préparé.
La meilleure façon aujourd’hui est de revendre son bail à un salarié, sinon personne ne se présentera, comme ça par hasard… Ce n’est pas un conte de fée ! De plus, passer une annonce ne met jamais celui qui la pose dans une bonne position pour l’image et pour les salariés, s’il y en a… Il faut presque y penser à l’embauche, mais certains salariés se révèlent au fil du temps. Dans ce cas, c’est votre leadership qui devra opérer. Pourtant, c’est souvent ce qui pêche car nous sommes formés à la technique mais pas forcément à cette partie-là qui se fait souvent naturellement sans méthode… Si, en y réfléchissant, vous ne voyez personne capable ou qui voudrait devenir vous professionnellement dans l’équipe, et bien c’est votre leadership qu’il faut travailler !
Les clés du succès
Si votre meilleur salarié est ok, pour que la magie opère, il faudra quelques ingrédients obligatoires :
– Un salon rentable, donc pas de « black », et optimisation maximale du chiffre d’affaires ;
– Une réduction des charges ;
– Un salon en fin de crédits pour minimiser l’endettement ;
– Un salon qui peut être optimisé.
Si tous ces ingrédients sont là, le banquier suivra votre projet, surtout s’il s’agit d’un salarié qui connaît bien le salon, mieux qu’un inconnu.
Le salarié devra ouvrir sa société SARL ou holding avec un capital de 5 000 à 20 000 euros pour prouver son courage au banquier et pour racheter les parts du salon. Un salon se vend entre 10 % et 50 % de son chiffre d’affaires en étant réaliste.
Avec très peu, le bon salarié aura un salon qui fonctionne avec une paie assurée tous les mois puisqu’il récupère le salaire du gérant. Certaines banques demandent une rupture conventionnelle entre les deux parties pour s’inscrire à Pôle Emploi. Ainsi, le repreneur monte son projet de reprise avec Pôle Emploi et deux ans de salaire sont versés en indemnités. C’est rassurant pour la banque car c’est un salaire de moins pendant deux ans. C’est moyennement « joli » mais, au moins, il y a un vrai projet derrière… La banque vous paiera le prix du salon et le salon rembourse le prêt du salarié !
J’ai moi-même revendu à mes salariés deux salons : Toni&Guy il y a plus de dix ans et Didact il y a deux ans maintenant. Les salons existent toujours et je vous incite à demander à les visiter de ma part. Vous verrez alors que personne n’est irremplaçable…
Si vous avez l’intention de vendre, ne donnez pas votre nom à votre salon, car vous vendrez alors votre nom aussi… Un nom de marque est plus juste.
Se réinventer
Pour se réinventer, pourquoi ne pas envisager d’avoir plusieurs salons avec plusieurs marques, comme plusieurs vies dans une carrière. Comme quand j’achète un appartement, je ne me dis pas que je vais y finir… Je vais revendre et en racheter un, plus grand où ailleurs. C’est pareil pour un salon avec un nouveau départ, une nouvelle philosophie, de nouveaux prix, de nouveaux collaborateurs…
La bonne formation
Votre leadership doit être le sujet de vos formations, sans abandonner l’aspect technique. Vous devez être capable de donner envie aux autres de vivre professionnellement votre vie ! Formez-vous juste et ayez un but pour vivre bien !
Même si vous ne pensez pas encore à revendre votre salon ou si vous êtes salarié et que vous ne pensez pas que ce soit possible.
Je suis sûr que cet article vous aura au moins fait réfléchir !
Biblond, pour les coiffeurs !







