Stéphane Amaru : Formation contre fidélité !

Taille du texte: A A A

Il existe dans la loi des pépites de solutions pour changer les choses. En voici une qui date de plus de vingt ans… et qui, si on l’analyse de plus près aujourd’hui, est extrêmement intéressante !

LE DÉDIT-FORMATION

On aura bien compris que l’embauche est tendue en ce moment. Recruter est un parcours du combattant. Et quand on arrive à embaucher, l’étape suivante est que le candidat vienne le premier jour ! Car, entre-temps, il peut trouver mieux, donc ne pas venir et ne pas prévenir ! Avec ceux qui viennent ce premier jour, il y a une deuxième étape à franchir ! Combien de temps vont-ils rester au salon ? Et là, ça se gâte encore, car les jeunes générations en recherche d’un nouveau leadership ne le trouvent pas, et zappent donc de salons en salons, à la recherche de quelqu’un qui leur fournira le bon cadre… Les millennials affichent des CV avec un nombre impressionnant d’employeurs, et leurs passages dans un salon ne dépasse pas deux ans en moyenne, puis ils zappent vers une nouvelle expérience !
Bien sûr, on peut soulever le problème. Et voilà le moment où l’on décide alors de tirer profit de la situation en utilisant la loi pour la rendre favorable à tous, un peu comme la règle des 3.4 (voir Biblond 79) !
Il existe un contrat que tout le monde a oublié : le dédit-formation. Ce contrat implique l’entreprise dans la formation et l’investissement pour former son salarié en échange d’une fidélité à l’entreprise qui s’étend de deux à cinq ans, dépendant de la durée de la formation et de son coût.
Et comme il est obligatoire pour « remplir, occuper ou payer » le compte CPF de chaque salarié, autant s’en servir pour une clause de fidélité !

VOILÀ COMMENT GARDER UN SALARIÉ PLUS DE DEUX ANS !

Si le salarié rompt le contrat avant la date prévue, il doit rembourser le montant investi par l’entreprise dans sa formation !
S’il respecte le contrat, le coût de la formation s’annule pour le salarié !
Nous avons le devoir de former nos salariés, et le dédit-formation permet un engagement mutuel bien plus fort entre le salarié et le salon. Le leader se voit obligé de faire un plan de formation et d’investir, et le salarié s’engage sur la durée !
Le principe est de planifier un programme avec un FORMATEUR EXTÉRIEUR car il s’agit bien d’investir sur une formation d’un bloc avant de démarrer, ou encore tout au long de la durée du dédit-formation. Vous devez choisir des formations qui, en termes d’investissement, sont qualitatives et au-dessus des remboursements prévus par la loi, car c’est bien cette partie qu’il faut retenir en termes d’investissements par le salon. Ce qui oblige à utiliser des formations au-dessus des minima.
Sur le contrat est précisé le coût de la formation, le nombre d’heures et la durée du dédit-formation.
Un exemple : je décide d’embaucher Y et je prévois de l’envoyer une semaine auprès d’un formateur X (il doit bien sûr être déclaré et pouvoir facturer) avant qu’il ne démarre afin de m’assurer qu’il est prêt pour mes clients. Je prends le prix de la formation globale (hors remboursements) et je l’affecte au contrat de travail, où il est aussi possible de former à raison, par exemple, de 2 x 2 jours par an pendant trois ans. Je choisis un contrat avec un dédit-formation de trois ans, j’applique au contrat le coût annuel de la formation. En retour de cette formation de trois ans, le salarié s’engage à ne pas partir durant cette période, sous peine de se voir dans l’obligation de rembourser le montant restant ! Le principe est de permettre à l’entreprise de former ses salariés en ne risquant pas de les perdre après !

LES ÉTAPES POUR VALIDER LE DÉDIT-FORMATION

1 / Le financement doit émaner directement de l’employeur et être supérieur aux montants imposés par la loi.
2/ La clause doit être prévue dans le contrat ou au moyen d’un avenant précisant la durée et le montant. Le document est obligatoirement signé par le salarié avant la formation, les charges liées au salaire pendant cette formation sont imputables et peuvent s’ajouter au prix de la formation !
3/ Le montant du dédit-formation doit correspondre aux frais réellement engagés par l’employeur.
4/ Les formations doivent être dirigées par un formateur extérieur, et le prix des formations doit, quant à lui, être au-dessus du montant des remboursements.

UN EURO INVESTI DOIT EN RAPPORTER DEUX !

Pour l’avoir pratiqué dans mes salons, je peux vous dire que c’est un contrat très efficace et que ça marche !
Chaque salarié devrait être formé et, aujourd’hui, ce contrat propose un vrai gagnant/gagnant en impliquant les deux parties.
Pour moi, c’est le meilleur contrat car il fidélise les salariés. Et, dans certains cas, il peut permettre de recruter en proposant dans son plan de formation tel ou tel formateur qui plaît aux salariés, ce qui peut s’avérer utile pour le salon !
Celui qui se forme aujourd’hui doit le faire en fonction du contenu technique du formateur mais aussi de ses conseils.
Une bonne formation aujourd’hui doit vous assurer qu’un euro investi en rapporte deux !
SINON, CHANGEZ DE FORMATEUR !

Catégories: Actualités