Shu Ha Ri adapté à la coiffure : le HA

Taille du texte: A A A

Choses promises, choses dues !

Je vous avais parlé du SHU lors de mon dernier article et vous avez été nombreux à interagir, merci !

D’ailleurs, je vous annonce un scoop… Après l’article, la Fédération nationale de la coiffure (FNC) est entrée en contact avec moi pour un partage à ce sujet ! Très agréablement étonné de voir ces réactions tous azimuts !

J’ai donc participé à l’une des réunions que la FNC a organisées pour l’avenir de notre beau métier : le 3AC, soit Anticiper et Agir pour l’Avenir de la Coiffure. Christophe Doré, le vice-président, m’a gentiment invité. Merci à Christophe et à toute l’équipe de leur accueil. Qui a dit que la Fédération ne se bouge pas ? En tout cas, moi, je ne le dirai plus…

C’était très agréable de partager avec des collègues coiffeurs autour d’une table, qui plus est pour le futur des jeunes qui sont dans nos salons, mais aussi pour ceux qui ne sont pas encore dans nos entreprises. Nous allons nous revoir et essayer de faire changer les mentalités. Il y a du travail en perspective, mais je crois depuis toujours qu’il faut privilégier l’action plutôt que les mots ! Car juste parler, râler sans agir, cela finit par transformer les mots en maux ! Mais là n’est pas le sujet de mon retour sur le blog Biblond !

Je reviens pour vous faire partager la suite du SHU, donc le HA.

Je vous invite à relire la première partie. Je disais donc que pour notre métier, il fallait que nous puissions voir différemment l’approche de la communication des savoirs ! Nous savons maintenant que le SHU est : je donne, je partage, j’enseigne, je communique, je transmets aux jeunes… tout ce que j’ai acquis durant mes expériences professionnelles. Pour cela, il faut du temps afin d’emmagasiner tous ces savoirs.

Encore faut-il que j’aie l’envie, la patience, les compétences du savoir-transmettre, mais aussi des protocoles pour m’aider à la communication.

Avec tout cela, c’est déjà un bon départ, mais cela ne suffit pas !

Et oui, vous pouvez être le meilleur des meilleurs transmetteurs, vous pouvez être celui qui a emmagasiné les plus extraordinaires savoirs, voire créateur de nouvelles compétences (RI)… Tout cela ne suffira pas pour que le SHU-HA fonctionne.

D’après vous, que manque-t-il pour que cela fonctionne ? Oui, bien sûr ! Il faut un récepteur quand on est un émetteur !

Je le disais l’autre fois, l’élève et le maître doivent vivre une rencontre, ils ont besoin de se trouver, en d’autres termes, se rencontrer, se comprendre et surtout passer un contrat.

Nous y voilà ! Un mot aussi magique que destructeur dans la société actuelle : un contrat !

Qu’est-ce qu’un contrat réellement ? Un papier bien écrit ? Des droits ? Des devoirs ? Des engagements ? Des respects ? Et encore des trucs et des trucs ? Un peu tout à la fois, un peu moins en même temps, suivant le côté où je me trouve ! Si l’on pouvait oublier ce que l’on me doit et oublier ce que je dois, ce serait un merveilleux contrat ! Si je pouvais n’avoir que des droits et pas de devoirs !

Alors voici la définition trouvée sur Larousse.fr…

Contrat, nom masculin : – Convention, accord de volontés ayant pour but d’engendrer une obligation d’une ou de plusieurs personnes envers une ou plusieurs autres (quatre conditions sont nécessaires pour la validité du contrat : le consentement des parties, la capacité de contracter, un objet certain, une cause licite). Acte authentique qui constate cette convention : Signer un contrat. Contrat notarié. Simple accord fondé sur la seule bonne foi : Contrat verbal. Argot : Convention conclue entre une organisation, un individu et un ou plusieurs tueurs professionnels en vue d’assassiner une ou plusieurs personnes ; le commanditaire lui-même. Au bridge : Enchère la plus élevée formulée au cours des déclarations et déterminant le nombre de levées à réaliser.

 

Alors, du point de vue du SHU-HA-RI, dans un contrat, nous pouvons reprendre les 4 conditions du petit Larousse : Consentement des parties, capacité de contracter, un objet certain (but définissable, mesurable et contrôlable), une cause licite (permise par la loi).

Je voudrais souligner qu’avant toutes choses un contrat écrit, c’est au départ au moins deux personnes intellectuellement capables de se comprendre pour trouver un but commun, par lequel elles vont formuler mutuellement  le désir d’un échange.

Sur la base de ces objectifs d’échanges communs, elles se respecteront mutuellement dans les transactions. Chaque partie formulera sa part et l’appliquera, et c’est si, et seulement si, les règles de chacun sont respectées que nous pouvons dire qu’il y a contrat, sinon ce n’est que spéculation!

C’est pour cette raison que dans le SHU-HA-RI le contrat prend son sens qu’une fois que les deux parties ont vraiment joué leur rôle dans leurs engagements mutuels.

Oui, nous avons besoin de dire toutes ces choses à tous ceux qui désirent communiquer leur savoir, mais aussi à tous ceux qui désirent acquérir les savoirs !

Si on vient juste en touriste ou pour faire acte de présence, on ne pourra recevoir que des miettes de son transmetteur.

Dans les arts martiaux, le maître et l’élève sont engagés et chacun s’implique dans la vie de l’autre. Il est concevable et même obligatoire que l’élève participe à sa propre construction !

HA : c’est aussi accompagner et guider sur la base de ce qui a été enseigné préalablement. Il s’agit d’approfondir et de répondre à des problématiques plus diverses, souvent plus complexes. « Vous comprenez les règles » : il faut voir plus loin.

Être le partenaire privilégié, étudier les situations, envisager toutes les options et essayer avec l’équipe celles qui semblent les plus pertinentes. Feedback et adaptation, mais toujours avec un minimum d’enseignement.

Donc, nous sommes dans le HA, là où le maître explique et l’élève comprend, où le coach donne et le coaché prend. Oui, il faut que les deux parties jouent leur rôle. Il y a interactivité des compétences !

Il faut donc que l’élève fasse un acte contractuel dans la transmission des savoirs : prendre les choses qu’on lui donne, c’est apprendre avec toutes ses capacités, c’est comprendre. À force de prendre et d’apprendre, de faire devenir siens les savoirs de l’autre, on comprend les choses. Quand elles deviennent siennes, on peut les appliquer dans la vie pratique et se faire corriger par son maître. On peut se pencher sur des études de cas pratiques dans toute leur complexité.

Le maître accompagne et guide son élève dans les savoirs acquis durant le SHU et il vérifie s’ils sont pleinement utilisés dans les règles de l’art. Il met son élève dans des situations faciles, difficiles et compliquées, où il peut expérimenter et comprendre tous les bienfaits des échanges de compétences dans la vie pratique.

Là où l’élève doit prendre et comprendre, le maître doit donner et vérifier si les savoirs sont pris, compris et appliqués correctement dans la vie pratique de l’élève. Là, nous pouvons dire qu’il y a contrat !

Avant de vous laisser à vos réflexions, j’ai envie de poser quelques questions :

Sommes-nous prêts à signer ce genre de contrat ?

Sommes-nous prêts à changer notre façon de donner, d’expliquer, de vérifier ?

Sont-ils prêts à prendre, apprendre, comprendre, être contrôlés ?

Pour moi, oui, c’est même plus que sûr. Nous pouvons signer ce genre de contrat, car c’est le b.a.-ba de la synergie d’une carrière réussie dans tout son parcours professionnel. C’est évident quand on donne du « sens » et que toutes les parties trouvent un but dans leur vie professionnelle, mais aussi dans leur quotidien personnel.

Où tout prend racine et donne une direction de carrière, avec des étapes, des contrôles, des difficultés, mais aussi des réussites, sans être seul sur le chemin de la vie professionnelle.

L’artisanat n’est-il pas normalement fait pour conduire nos jeunes, comme nous avons été conduits, à devenir des maîtres artisans, voire des entrepreneurs ?

Je n’ai pas envie d’être un moraliste, ni un utopiste en écrivant cet article. Si j’ai réussi à vous interroger sur votre quotidien, à vous bousculer, alors j’aurais fait avancer le « chmilblique » !

Mais, nous le savons bien, nous devons agir pour que les choses changent ! Je reste à votre écoute et j’attends vos réactions…

Si, comme la FNC, vous voulez en savoir un peu plus sur moi, il vous suffit de me contacter :

eric@ericleturgie.com

www.ericleturgie.com

Merci de votre patience, car si vous lisez ces derniers mots, c’est que vous êtes patient ! LOL !

N’oublions pas ce que Gandhi a dit : « Soyez le changement que vous voulez voir ! »

À très vite.

Eric

À Lire aussiLes autres articles d’Eric Léturgie

Partage
Partager avec nous votre avis ! 0