Après avoir parcouru le monde entier et travaillé dans les sphères de la haute coiffure, Raphaël Perrier s’exporte et construit son empire aux quatre coins du globe.
Rencontre avec un coiffeur aussi talentueux qu’ambitieux qui a un sens aiguisé du business.
À 33 ans, Raphaël Perrier est sur tous les fronts. Directeur artistique pour des grandes marques, des comédies musicales, des shows, des écoles…, il développe également son propre label et monte des filiales
et des écoles de coiffure à travers le monde.
C’est à 15 ans, « comme une évidence », que Raphaël Perrier décide de marcher sur les traces de son père et de son grand-père. Issu d’une lignée de coiffeurs, il suit le parcours classique et fait ses classes dans le salon familial où il apprend les bases du métier et l’art de créer.
Malgré son jeune âge, Raphaël Perrier sait déjà qu’il veut faire autre chose que du salon et s’oriente, dès l’âge de 16 ans, vers les concours.
Quatorze ans de concours, multi-médaillé et quatre victoires aux Championnats du monde plus tard, Raphaël Perrier devient en 2011, président de la FNC Concours au sein de la Fédération nationale de la coiffure et crée les Hair Beauty Awards au Mexique puis au MCB à Paris. Il coache aujourd’hui les nouvelles graines de champions de la FNC et les accompagne sur des concours et des shows aux quatre coins du monde.
Souvent critiqués, les concours représentent pour lui « un formidable tremplin pour toutes les nouvelles générations de coiffeurs qui débordent de créativité ». Généreux et engagé auprès des jeunes, Raphaël Perrier aime partager et transmettre son savoir-faire.
Il a récemment publié un livre dédié à la formation des étudiants en coiffure, PI by RP, qui est un manuel d’apprentissage interactif, homologué et certifié par l’Organisation mondiale de la coiffure (OMC).
« La coiffure française a une très belle image à l’étranger. »
L’art et la matière capillaire
Les concours et les voyages à travers le monde, son expérience, son talent et sa parfaite maîtrise de la fibre capillaire ont ouvert à Raphaël Perrier les portes des défilés les plus prestigieux de la haute couture.
De Dior à Vuitton en passant par Chanel, il a coiffé les plus grandes stars internationales et travaillé auprès de coiffeurs reconnus.
Passionné par la création et l’univers du spectacle, il a réalisé les coiffures des comédies musicales Le Roi Soleil et Mozart l’opéra rock, et travaille actuellement sur la comédie musicale Le Roi Arthur.
On l’aura compris, le dada de Raphaël Perrier, c’est la technique : « c’est avant tout pour ça qu’on vient me chercher ». Il aime monter de grosses structures capillaires, créer des coiffures remarquables,
belles et originales.
Fervent défenseur de la « French Touch », il crée ses propres techniques « à la française » qu’il exporte dans le monde entier.
A la conquête du monde de la coiffure
Coiffeur vibrionnant, directeur artistique convoité, technicien hors pair… Raphaël Perrier est aussi un redoutable businessman.
Il nous confie sans détour : « Aujourd’hui, ce qui est important, c’est de faire du business ». Implanté en Europe, en Amérique du Sud, aux États-Unis, en Chine et à Hong Kong, le coiffeur ambitieux poursuit d’une main de maître sa politique de développement à travers le monde.
« On a de la chance car la coiffure française a une très belle image à l’étranger, mais on ne peut pas s’exporter si facilement.
Ma réussite, je la dois à l’offre et à la demande que j’ai créées. Les personnes avec qui je travaille à l’étranger ont besoin de mes techniques sur du long terme. Je crée systématiquement de nouvelles collections. Bouquin, collections, ligne de perruques, compléments capillaires, salons de coiffure… Le fait d’avoir une grosse structure me permet de me développer beaucoup plus facilement. Si aujourd’hui tu es un juste bon coiffeur et que tu vas par exemple aux États-Unis, ça ne marchera pas. Il faut développer le côté business. »
Son développement le plus spectaculaire à l’étranger est sans conteste en Chine. D’ici à la fin de l’année, six salons seront ouverts et trois cents ouvertures sont prévues d’ici à 2018 : « En Chine, j’ai affaire à de gros investisseurs. Les salons ne font pas moins de 500 m2 et ouvrent aux côtés des grandes maisons de luxe telles que Chanel et Vuitton. C’est comme un rêve, car ailleurs je n’aurais pas eu l’opportunité d’ouvrir des salons aussi luxueux et d’une telle envergure. »
Côté juridique, Raphaël nous explique que les statuts de ses salons varient d’un pays à l’autre. Franchises en Chine, associations aux États-Unis, succursales au Mexique, direction artistique dans d’autres pays… Raphaël Perrier travaille avec une trentaine de formateurs qui se déplacent dans le monde entier.
La prochaine étape est de vendre le concept à des distributeurs : « On ouvre prochainement une école et un salon d’application à Madrid, où ils vont reproduire mon modèle de business (vidéo, collections, visuels…) comme on le fait en France. »
Et si vous souhaitez vous implanter à l’étranger, Raphaël Perrier a pensé à tout : « Il faut contacter le service Raphaël Perrier éducation pro. C’est un service d’appel qui démarche les salons en France, car on forme plus de 5 000 coiffeurs dans l’année. Ce service commercialise les franchises à l’international et permet d’accompagner un coiffeur français qui a un projet, qui souhaite s’exporter et ouvrir un salon à l’étranger ».
Entre nous
Quelles sont tes inspirations ?
Je puise mes inspirations de la rue et de l’histoire. C’est toujours intéressant de travailler sur des comédies musicales ou des films car cela me permet de me replonger dans une époque, de voir ce qui s’y faisait. Ce que j’évite toujours, c’est de voir ce que les gens font aujourd’hui.
Je fais mes propres choix.
Quels sont tes projets ?
On ouvre une école internationale en France où on dispensera des cours en anglais avec une ouverture au BTS.
Ton meilleur souvenir ?
Un de mes premiers défilés pour l’anniversaire de Dior, le premier en tant que coiffeur studio, j’avais 19 ans. Lorsque je suis arrivé sur l’hippodrome de Longchamp et que j’ai croisé Galliano ou encore Sharon Stone, c’était juste incroyable ! Trente coiffeurs pour cinquante mannequins…
C’était juste dingue et là je me suis dit que ce que je faisais était cool !
Parce qu’il n’y a pas que la coiffure…
• Si tu étais une musique ? All of me de John Legend
• Si tu étais un bonbon ? La réglisse
• Si tu étais une couleur ? Le vert
• Si tu étais une ville ? Paris
• Si tu étais un vêtement ? Un Perfecto
Mini Bio
1995
inscription au premier concours à 15 ans
2003
collaboration durant deux ans chez le célèbre coiffeur parisien John Nollet ainsi que sur les défilés de grands créateurs (Dior, Armani, Louis Vuitton, Gucci…)
2005
élaboration des perruques et des coiffures de la comédie musicale Le Roi Soleil
2011
prise de fonction en tant que président FNC Concours et ouverture de l’école HairSchool Business au Mexique
2013
ouverture de son premier salon à Paris dans le VIIIe arrondissement, suivi de l’ouverture de deux premiers salons en Chine
2014
sortie du manuel d’apprentissage interactif PI by RP
2015
élaboration des perruques et des coiffures de la comédie musicale Le Roi Arthur
Par Julie Martinelli
Biblond, pour les coiffeurs !
















