Souriez, vous êtes filmés ! Avant même d’ouvrir la bouche pour parler, vous allez peut-être y réfléchir à deux fois ! Votre attitude, les expressions de votre visage ou encore le langage de votre corps ont émis un message qui a été reçu, interprété et jugé par vos collaborateurs, vos clients, votre entourage. Sans parler du règne du paraître !

À l’heure des réseaux sociaux, de TikTok, d’Instagram et de Snapchat, on peut se demander si l’apparence et la mise en scène représentent une recherche esthétique et artistique ou bien une dangereuse quête de reconnaissance. Au-delà des apparences physiques et vestimentaires, il y a la gestuelle et le langage du corps qui en disent long.
LE POIDS DES APPARENCES
Pourquoi est-ce si ancré aujourd’hui dans notre société ? Parce que finalement, cela constitue la première source d’information dont on dispose sur une personne, surtout si on ne la connaît pas. Inconsciemment, notre cerveau nous conduit à porter un avis. Et positif si la personne est belle et présente bien. Car dans notre société, le stéréotype « Ce qui est beau est bon » altère le jugement et conduit à porter un avis positif : on lui attribue spontanément plus de qualités relationnelles, sociales et intellectuelles.
La recherche de la perfection physique, telle qu’on la voit notamment sur les réseaux sociaux traduit un phénomène de « compensation », pour réenchanter le monde. L’apparence en est une des manifestations les plus remarquables.
Le sociologue Michel Maffesoli associe ce phénomène à un narcissisme collectif. C’est-à-dire ne pas se regarder simplement le nombril, mais se regarder le nombril les uns les autres. Avec les réseaux sociaux, on remarque que le mur de la vie privée s’est totalement effrité et tout se retrouve sur la place publique : une vraie sacralisation de l’image et du physique. On multiplie les images, diversifie les photos, les selfies – tantôt glamour, tantôt drôles, tantôt sexy – que l’on peut aisément modifier avec des techniques d’embellissement à la portée d’un enfant de dix ans.
L’IMPORTANCE DE LA COMMUNICATION NON VERBALE
Tandis qu’on magnifie ces images pour qu’elles soient parfaites, les attitudes, les expressions du visage, le langage du corps, à travers la diffusion de story, de reels (très en vogue) sur les réseaux sociaux, sont eux, plus difficilement contrôlables. Et sont aussi autant de marqueurs de la personnalité d’un individu. L’apparence envoie des messages, très souvent trompeurs sur la personne. Mais les mouvements du corps ne mentent pas. Ils disent à notre insu ce que nous n’osons pas exprimer avec des mots. Ils traduisent l’humeur, les sentiments et les émotions. Des études de psychologie démontrent que l’impression que l’on fait sur les autres dépend de ce que l’on dit (7 %), de la manière dont on le dit (38 %) et de nos gestes (55 %). Et des chercheurs chiffrent à 700 000 les différents signaux physiques que l’être humain est capable d’émettre. Ils ajoutent qu’à lui seul le visage peut produire 250 000 expressions. C’est dire l’importance de tout ce que l’on communique par les gestes et les attitudes.
Pour décrypter la gestuelle de vos clients ou vos collaborateurs, voici quelques repères :
– La position des bras : croisés, il faut comprendre que la personne n’est pas intéressée. C’est un signe de repli. Décroisés, la personne est ouverte à vos idées.
– Le regard. Trois clés d’accès visuels : orienté vers le haut, il évoque des images déjà vues. Regard de face : la personne cherche une voie. Vers le bas, elle éprouve des émotions.
– La posture du corps : si la personne assise met ses mains sur ses cuisses, elle est en position de soumission. Assise sur un bout de chaise, elle est complexée. Les pieds en retrait sous la chaise trahissent un sentiment d’infériorité.
– Les mains attestent le discours : si la personne a les mains figées, elle maîtrise ses réponses. Des mains qui restent proches du corps indiquent que la personne n’est pas à l’aise, voire qu’elle ment. Une main sur l’épaule ? Elle met d’emblée une emprise sur vous et vous montre qu’elle vous domine.
Finalement, prendre conscience de ce que notre corps exprime et apprendre à décoder celui des autres peut grandement améliorer la qualité de nos interactions sociales et notre compréhension des émotions humaines.
BON À SAVOIR
La première impression se forme au cours des trente premières secondes de la rencontre à partir des éléments visuels perçus : l’allure (taille, poids, démarche), l’aspect, l’habillement, le ton de la voix. Quant aux signaux non verbaux d’ordre statistique ou dynamique, ils représentent 65 % des messages envoyés.
Biblond, pour les coiffeurs !







