Elles sont nombreuses, souvent croustillantes, marrantes, inattendues et même parfois dérangeantes, les réflexions de vos clientes. Biblond a décidé de vous donner la parole dans cette rubrique Ma vie en salon. Dans ce numéro, Cédric Pichou, copropriétaire avec sa soeur Sandrine Ruiz, du salon Hair Studio à Toulouse, nous raconte… sa vie en salon.

#01 « LE TOUCHER DES HOMOS »
La première réflexion dont je me souvienne date de mon apprentissage. Je devais avoir 14 ans et je venais d’arrêter l’école, qui ne me passionnait pas, pour intégrer le salon de ma mère. C’était l’été 1988. À peine pubère, je n’étais pas très sûr de moi. Et recevoir les clientes, les envelopper de mes bras pour prendre leur vestiaire ou leur passer un peignoir pouvait me mettre en émoi ! Un jour, j’étais en train de faire un massage crânien à une femme superbe qui me plaisait énormément. J’appréciais donc ce moment avec elle et je m’appliquais afin de la satisfaire. Et là, les yeux fermés, elle me dit : « Vous, les homos, vous avez un toucher exceptionnel ! » J’étais bien trop jeune et sidéré par l’amalgame coiffeur/homo pour lui répondre que je n’étais pas homo bien que coiffeur…

#02 LA COUPE MATHÉMATIQUE
À Toulouse, nous avons une belle clientèle masculine composée de nombreux ingénieurs qui travaillent dans l’Aérospatiale. Certains ne se départent pas de leur langage d’ingénieur, comme un client qui récemment s’est installé dans le fauteuil et m’a demandé d’emblée : « Alors, coupez les trois quarts de mes cheveux et gardez-en un quart. » Je lui ai répondu que, malheureusement, je n’étais pas mathématicien. Mais que j’allais faire mon possible pour que nous résolvions le problème ensemble ! J’ai achevé de le faire rire quand je lui ai dit : « L’équation n’est pas évidente pour quelqu’un qui a arrêté l’école à 15 ans parce qu’il n’était pas bon en maths ! »

#03 LA CLIENTE CONNECTÉE
Après un bon diagnostic, j’aime bien profiter du bac pour donner des conseils à mes clientes pour l’entretien de leur chevelure. Récemment, je questionnais une jeune fille sur sa routine capillaire et je lui parlais des produits qui, à mon avis, seraient les plus appropriés pour elle. Elle semble très intéressée, quoique toujours en train de regarder son portable pendant que je lui parle.
« Je viens de les commander sur Amazon, me lâche-t-elle, l’air toute contente d’elle. C’est génial, je serai livrée demain ! » Ça m’a coupé le sifflet…

Biblond, pour les coiffeurs !








