Mehdi Bouzghaia, fondateur du Barbier de Marseille et ambassadeur American Crew, n’a pas ménagé ses efforts pour aménager son salon comme un véritable lieu de détente au look vintage. Pour son deuxième salon, qui vient d’ouvrir ses portes dans la cité phocéenne, Le Barbier de Marseille a opté pour un style résolument moderne en rupture avec les barbershops traditionnels. Ce barbier haut en couleurs, vainqueur du concours All Star Challenge 2018 d’American Crew, a raconté à Biblond ses premiers pas en salon, en Algérie.
L’OREILLE EN POINTE
Quand j’ai décidé de devenir barbier, je voulais m’entraîner en permanence pour progresser. J’avais la chance d’avoir un cousin qui acceptait volontiers que je lui coupe les cheveux. J’étais donc appliqué sur sa tête en train d’exécuter avec minutie une coupe au ciseau sur le pourtour d’une oreille. J’ai mis un petit coup de ciseau et j’ai vu un petit morceau tomber par terre au milieu des cheveux. Je n’y ai pas prêté attention. Mais mon cousin s’est mis à saigner sur le côté. En fait, je lui avais coupé un petit morceau d’oreille sans m’en rendre compte. Heureusement, il n’avait rien senti et ne m’en a pas voulu !
QUAND LE MÉTIER RENTRE
J’étais très motivé pour exercer mon métier et j’ai rapidement acquis une réputation de bon coiffeur. En Algérie, j’ai vite repris le salon de mon maître d’apprentissage avant d’ouvrir mon propre salon dans un local que m’avait donné ma mère. J’avais peu d’expérience, mais qu’importe : mon salon ne désemplissait pas ! On était loin des réservations sur Internet et les clients patientaient parfois longtemps avant que je puisse m’occuper d’eux. Un jour, alors que de nombreux clients attendaient leur tour, un oncle à qui je venais de couper les cheveux me dit devant tout le monde : « C’est formidable Mehdi, tu commences à bien te débrouiller maintenant. » Alors qu’il quittait le salon gaiement, très satisfait de sa coupe, mes clients se sont mis à me regarder bizarrement. Ils venaient d’apprendre que j’avais peu d’expérience et ils se sont mis à s’inquiéter de mon savoir-faire. Cela m’a perturbé, mais j’ai gardé mon sang-froid, je n’ai pas raté une seule coupe et tous sont restés des clients fidèles.
UN SACRE DÉGRADÉ
Être barbier ne s’improvise pas. Il m’a fallu des années d’entraînement avant de réussir un beau dégradé américain à la tondeuse. Je garderai toujours en mémoire un client exigeant qui savait parfaitement ce qu’il voulait en entrant au salon. Habitué à sa coupe, il me demande d’utiliser le sabot de 6 millimètres pour faire son dégradé. Je m’exécute. J’étais en train de réaliser la coupe à l’arrière du crâne quand le sabot de la tondeuse a glissé. Un vent de panique a soufflé sur moi. Une vraie sueur froide. Je venais de tailler un rail à l’arrière de la tête de mon client. J’ai rattrapé la coupe en réalisant un dégradé très court. À la fin, le client s’est bien regardé dans le miroir et il m’a dit : « C’est nettement plus court que d’habitude, mais j’aime beaucoup. Je crois que cette coupe me rajeunit ! » J’étais sauvé…
Biblond, pour les coiffeurs !










