Ève Briat, inventrice du « morphing intuitif » présente Les Cheveux dans les yeux, une émission qu’elle a imaginée pour sa chaîne YouTube Eve On Air, et qui donne la parole aux coiffeurs. Ève fait de ces interviews des parenthèses intimes, où les coiffeurs parlent librement. Elle partage avec nous ces moments privilégiés et nous propose un portrait de Catherine Bonarini.
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Catherine Bonarini est une femme que je découvre backstage avant son intervention sur scène lors d’un séminaire en Espagne où 350 coiffeurs l’attendent. Je ne sais pas si c’est le stress qui règne avant un tel événement qui nous connecte, mais instinctivement je comprends ce qu’elle ressent.
Catherine fait partie de ces personnes, qui, pour partager leurs créations, passent au-dessus de toutes leurs peurs. C’est une femme discrète qui parle peu d’elle et c’est ce qui me donne envie de l’interviewer sur sa vision du métier. Elle n’était pas prédestinée à la coiffure puisqu’elle a commencé par des études de comptabilité où l’ennui a déclenché des envies de coiffer ses camarades durant les cours.
C’est d’ailleurs une phrase d’un professeur qui lui fait prendre conscience qu’il n’est jamais trop tard pour faire ce que l’on souhaite de sa vie. C’est ainsi qu’elle change totalement de voie. Elle trouve un maître d’apprentissage à Sedan, chez qui elle passe un CAP coiffure, puis trouve un autre employeur chez qui elle passe son BP. Elle y reste sept ans.
Premier salon de coiffure
Alors qu’elle devient maman, elle apprend qu’un salon ferme juste à côté de chez elle. Elle s’y rend, regarde à travers la vitre et s’imagine à son compte, mais la peur la freine. Il faut dire qu’elle n’a que 28 ans et son congé maternité n’est pas encore fini. Ses proches s’inquiètent, mais c’est sans compter une petite phrase qui trotte dans la tête de cette intrépide qui se dit que si ce n’est pas elle qui le fait, ce sera une autre et qu’elle le regrettera. C’est ce qui lui donne la confiance nécessaire pour démarcher le propriétaire.
À partir de là, tout va très vite : la chambre des métiers l’aide à monter son prévisionnel, la conseille sur les démarches à effectuer et c’est ainsi qu’elle crée son premier salon de coiffure avec 25 000 euros de crédit en poche. Elle refait tout et sa famille participe aux travaux. Elle tient ce salon durant douze ans et apprend énormément.
Comme elle me le dit : « J’ai fait des erreurs au début car j’étais un peu comme un chien fou, je voulais tout faire, je coiffais tout le monde, je ne facturais pas assez, et je demandais à mes employés de travailler avec trop d’intensité ! Je voulais que tout le monde travaille autant que moi, et je ne mesurais pas bien les qualités managériales qu’il me faudrait acquérir. »
Le révélateur
C’est Laurent Goldstein, alors formateur management, qui a été son déclic, son révélateur. Il lui apprend à comprendre les modes de fonctionnement des humains qui composent son équipe, et la différence qu’il y a entre employé et entrepreneur. Il lui apprend à se canaliser, à prendre de la hauteur pour devenir un bon leader.
À ce sujet, elle fait le constat que nous sommes très formés à la technique, mais encore trop peu au management, pourtant essentiel dans notre métier. Après toutes ces années, elle agrandit son salon qui passe de 35 m2 à 100 m2 ! Avec désormais sept employés, elle décide de mettre en place des forfaits conseil afin d’augmenter sa fiche moyenne de150€euros. Elle devient l’experte des techniques d’éclaircissement de sa région et ne prend plus que deux clients par jour avec un CA supérieur à ce qu’elle faisait auparavant.
Nouvelle qualité de vie
En octobre 2020, elle fait le pari fou de s’écouter et prend la décision de revendre son salon et sa maison pour aller vivre à Annecy, ville chère à l’élu de son coeur. Elle prend ce risque par amour, mais aussi parce qu’elle aspire à une nouvelle qualité de vie. Elle redéfinit de nouveaux objectifs, revend son salon, communique sur ses réseaux et se dédie à la formation des coiffeurs. Elle coiffe dorénavant quelques clients, qui l’attendent parfois jusqu’à trois mois, dans des espaces dédiés. Ce changement de cap lui permet également de devenir ambassadrice pour Eugène Perma et Olaplex. Elle me raconte combien elle est contente d’avoir saisi la chance qui s’est présentée à elle en 2017 avec sa participation au MCB. Elle conseille aux coiffeurs de saisir toutes les chances qui peuvent les amener là où ils le souhaitent.
Biblond, pour les coiffeurs !









