De plus en plus, les gammes solaires éclosent dans les produits capillaires. Didier Guérin, docteur en chimie organique & cosmétologie, et consultant pour Patrice Mulato, nous aide à y voir plus clair.
La réglementation
En cosmétique capillaire, la réglementation pour les produits solaires et les matières premières est beaucoup plus souple que dans les soins pour la peau. Il n’y a pas vraiment de référent, si ce n’est la réglementation générale européenne en matière de solaires. Cette souplesse permet aux chimistes d’inventer des produits innovants, plus naturels, qui ne seraient pas autorisés pour la peau. À condition de ne pas faire n’importe quoi et de prouver qu’il y a une réelle action !
Quels sont les ingrédients ?
Ce sont les mêmes que pour la peau, mais aussi des ingrédients plus innovants et plus naturels. On compte parmi eux des filtres chimiques de synthèse, mais aussi des écrans minéraux naturels (moins utilisés en capillaire car de couleur blanche). Enfin, des huiles et extraits végétaux comme l’huile de Karanja, l’huile de framboise ou des extraits de riz, connus pour leurs propriétés anti-UV.
Mais attention, ne s’improvise pas chimiste qui veut ! Il y a une vraie expertise technique dans le phénomène d’extraction, de stabilisation, de purification et de concentration de l’huile.
Autre critère à surveiller de près : la provenance des ingrédients. Selon l’origine des végétaux, la qualité n’est pas la même. Les marques les moins scrupuleuses ne font pas très attention à la sélection et à la provenance des matières premières.
2 actions contre les dommages des UV
Les produits solaires peuvent agir sur deux fronts :
– Filtrer l’arrivée des UV sur le cheveu.
– Combattre les effets des UV grâce à des antioxydants.
Certaines huiles ont les deux propriétés : la fraction de l’huile est à la fois filtrante et chargée de vitamine E antioxydante.
Les méfaits des UV sur la fibre capillaire
Sur le cheveu, pas question de brûlures ou coups de soleil comme sur la peau. Les UV peuvent toutefois entraîner une oxydation importante de la partie superficielle de la fibre qui peut pénétrer jusqu’au cortex. La perte de kératine entraîne une protection moindre de la moelle du cheveu qui devient cassant et terne. La maille n’est plus lisse et homogène, le manque de kératine rend le cheveu plus vulnérable à l’agression d’après car il n’a plus de protection extérieure.
Comment reconnaître un bon solaire ?
Il doit posséder peu de filtre et beaucoup d’antioxydants. En effet, un bon soin anti-UV doit apporter une protection afin d’éviter l’effet de destruction de la kératine sans pour autant tomber dans les travers de l’utilisation de la silicone ou d’autres composants chimiques qui font briller le cheveu en créant une sorte de pansement superficiel autour de la fibre, sans agir en profondeur ! Si les cheveux redeviennent ternes dès qu’on arrête le soin, c’est qu’il n’est pas réellement efficace. Il agit comme un simple maquillage du cheveu. Le but n’est pas de masquer la réalité, mais de soigner.
Pourquoi sont-ils décriés ?
Certains filtres de synthèse sont pointés du doigt. Dans les eaux usées par sédimentation, ils vont dans la mer et se collent aux coraux. Privés d’UV, ils n’auront plus l’énergie nécessaire pour survivre. De plus, la texture collante des produits les empêche de respirer ! Toutefois, en capillaire, les proportions sont moindres et il possible de remplacer les ingrédients de synthèse par des composants naturels.
Biblond, pour les coiffeurs !









RIP
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C’est pas nouveau!
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