Directeur artistique de Carita, Tom Marcireau perpétue le savoir-faire et l’exigence de la Maison de Beauté, Maria et Rosy.
Son leitmotiv ? Réinventer le chic à la Française pour la coiffure.
« Quand j’étais petit, je disais à ma maman que je voulais couper les cheveux des dames », se souvient, laconique, Tom Marcireau. Après un baccalauréat général, le jeune diplômé n’en démord pas : il sera coiffeur. Le voici donc à suivre le parcours classique à Poitiers. Il fait ses débuts chez Dessange, avant de rejoindre la capitale en tant qu’assistant de Charlie, la coiffeuse des stars, chez Alexandre de Paris. « Quand on ne coiffait pas les actrices en studio – c’est elle qui est à l’origine de la coupe courte de Catherine Deneuve -, je trainais chez monsieur Alexandre. Je regardais s’exécuter les chignons. C’était fascinant ! » C’est lors d’un show à Poitiers qu’il va rencontrer le directeur artistique de Carita, Jean-Claude Gallon. En 1996, il fait ses premiers pas dans la Maison de Beauté. Studio, salon, festival de Cannes, défilés… Très vite, il intègre tout ce qui fait l’ADN de cette institution du chic à la française.
Garant d’un savoir-faire de la coiffure datant de 1945
En 2010, il est le candidat idéal pour sauvegarder le savoir-faire de Carita. 14 ans après son arrivée, le voici nommé à la direction artistique. Et comment parvient-il à satisfaire la clientèle exigeante de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, au cœur du Triangle d’Or à Paris ? Outre sa gentillesse, c’est son talent de coiffeur et son regard que les femmes apprécient. « Elles viennent ici pour les grands moments de la vie. Un mariage, le passage de jeune fille à femme, un changement de travail ou une naissance. Elles attendent de moi que je les conseille et les mette en valeur. Mais pas seulement ! Elles ont déjà tout ce qu’il y a de mieux. Je dois donc leur trouver le petit détail qui fera toute la différence. » Pour cela, le coiffeur professionnel a développé des qualités d’empathie, chères aux deux sœurs Carita. « Il faut savoir écouter. Le coiffeur ne doit pas se faire plaisir sans entendre les attentes de la cliente. C’est elle la personne la plus importante du salon ! »
Le style coiffure : un brin d’impertinence
Mais comment définirait-il son style ? « J’aime les choses graphiques, j’ai horreur des stéréotypes. Je réalise des coiffures élégantes avec toujours un côté inattendu, une touche d’impertinence. Cette saison, par exemple, j’ai créé cette frange à bordure bleue ou verte. » Ses sources d’inspiration, il les trouve là où le vent le porte mais surtout dans les lieux parisiens où se croisent des personnages haut en couleur. « J’adore me balader au Marché Saint-Pierre, ses rubans de tissus et ses clients à forte personnalité avec un style très particulier. Une Parisienne trop blonde avec trop de rouge à lèvres, à la limite du vulgaire, peut-être un point de départ. » Dans les tiroirs de son bureau, petite bulle au cœur du salon, il accumule objets, feuilles d’or et autres souvenirs de voyage, une mine d’inspiration pour ses futures collections. Tom Marcireau n’est, toutefois, pas du genre à faire cavalier seul. Bien au contraire. Tel un chef d’orchestre, il sait tirer le meilleur de ses 9 coiffeurs. « Mon équipe m’inspire. 6 mois avant le défilé, chacun réfléchit de son côté. Puis on fait un debrief’ tous ensemble et on garde les meilleures idées. Cet échange est le déclenchement de toute la collection. Je leur confie alors des coiffures à réaliser. On part d’un croquis puis on fait des trainings. Bien sûr que j’ai plus d’affinités avec certains, mais on passe 8 heures par jour ensemble, ça crée des liens. »
Bio express
1996 : Arrivée chez Carita en tant qu’assistant du Directeur Artistique
2002 : Nomination à la Direction de l’équipe Coiffure de Carita
2010 : Nomination à la direction artistique de Carita
2011 : Carita renoue avec l’esprit des défilés de coiffure au cœur de la Maison de Beauté du Faubourg Saint-Honoré.
2012 : Il coiffe les mannequins de la Vogue Fashion Night
Confidence de Tom Marcireau
Mon souvenir marquant
« Je m’entrainais à faire des crans sur une tête quand Monsieur Alexandre de Paris est arrivé et m’a dit : « Je vais te montrer ! » Regarder glisser les cheveux sous ses doigts m’a laissé un souvenir magique. Ensuite, il a passé la journée à me faire refaire l’exercice. Il m’a raconté ses tournages avec Romy Schneider. C’était un grand homme ! »
Mon grain de folie
« Mon modèle dans la profession demeure Colette Delabre, la femme de mon premier patron. Elle était crainte de ses équipes, parfois même par ses clientes, qui revenaient toujours, pourtant. Son mari m’a appris la technique, c’est elle qui m’a enseigné ce petit grain de folie qui fait la différence. »
Totale liberté côté techniques de coupe
« Quand je suis arrivé chez Carita, on m’a autorisé à travailler avec tout ce que je veux. Ciseaux, rasoir, tondeuse… Ce qui compte, c’est le résultat. Ça m’a plu. Tous les outils sont envisageables, tant qu’ils sont maitrisés. »
Biblond, pour les coiffeurs !












