La touche d’essai en question

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À la suite d’un article paru dans le dernier Biblond, nous avons reçu beaucoup de courrier, appels et commentaires Facebook. La raison de ces réactions? La touche d’essai. Retour sur une question épineuse …

La faire ou pas ? La touche d’essai avant les teintures capillaires pose souci au sein des salons. « Je suis coiffeuse depuis 1981 et elle a toujours été problématique », lance Fernanda Severino, coiffeuse. Obligatoire en 1951, abrogée en 1977, remise au goût du jour dans les années 1980, pour être abandonnée finalement en 2001…

En 2010, c’est l’ANSM (ex-Afssaps) qui remettait sérieusement en cause la touche d’essai en relevant, dans son bilan de cosmétovigilance, les problèmes en termes de bénéfice/risques.

Une mise en oeuvre difficile

L’absence de réaction ne garantit pas l’absence de survenue de réaction allergique par la suite. Elle pourrait même induire une sensibilisation chez les clients. L’ANSM pointait également un problème de faisabilité : difficile en effet, de faire revenir une cliente 48 heures après le test. Enfin, la lecture et l’interprétation des résultats posaient également problème.

À la suite de ces constats, la FNC a adopté la position suivante : « Nous déconseillons la mise en oeuvre de façon systématique et routinière de la touche d’essai, expose Isabelle Roy, directrice du département développement économique et qualité. Mais elle reste recommandée dès lors que le diagnostic et/ou l’entretien avec la cliente laisse à penser que cette dernière a une incompatibilité, des prédispositions ou un passé allergique “suspect”. » Dans certains cas, le coiffeur peut inciter à consulter un médecin, voire, en cas de situation très claire de risque d’allergies, refuser de faire cette prestation. »

Où donner de la tête ?

Mais côté coiffeurs, on ne sait plus où donner de la tête. « Sur les produits de teintures capillaires, on nous recommande de la faire », expose Valérie Chanet. L’enjeu est en effet de taille : les coiffeurs s’inquiètent pour leur responsabilité en cas d’accident. « Nous sommes tenus par le code de la Santé publique de ne pas mettre en danger nos clients. »

D’un point de vue réglementaire tout d’abord, il n’y a pas d’obligation de mise en oeuvre de la touche d’essai, mais une obligation d’information.« Le professionnel conserve une obligation d’information sur la dangerosité potentielle des produits et le fait qu’ils puissent provoquer des réactions allergiques sévères, rappelle Isabelle Roy de la FNC. Mais aucun client ne pourra reprocher au coiffeur de ne pas lui en avoir proposé. Il pourra, le cas échéant, lui reprocher de ne pas avoir fait son travail d’information. Un coiffeur ne peut être tenu pour responsable du déclenchement d’une allergie par son client. »

Sylver Boll / L’invité de la rédac’

L’évolution des recherches des maisons de produits et des organismes de sécurité fait que les risques sont minimisés. Néanmoins, le terrain allergique est tellement diversifié et complexe que la touche d’essai reste un moyen sécurisant pour assurer un service qualitatif à sa cliente. Si la mise en pratique est effectivement compliquée et contraignante, la touche d’essai est une preuve de professionnalisme que la cliente ne manquera pas de noter.

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