« Le hauling traduit un ras-le-bol de la coiffure conventionnelle »

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Pour Jérôme Tiercelet, hair stylist de renom, le hauling est avant tout un phénomène de mode. « Il faut le prendre comme tel et le relativiser : ça ne va pas vider les salons, ni entraîner d’énormes pertes, explique- t-il. Mais ce phénomène peut être vu comme une alerte. Les clientes en ont ras-le-bol de la coiffure conventionnelle : aujourd’hui, la coiffure devient un luxe que tout le monde ne peut pas s’offrir.

Et, en même temps, on met à la disposition des produits en grandes surfaces afin qu’elles puissent se faire elles-mêmes leurs couleurs. Pas étonnant alors que ces jeunes filles donnent leurs conseils sur les utilisations de ces produits ou des trucs et astuces pour bien se coiffer. »


Avant l’essor du hauling, il a lancé, en 2010, l’Atelier, un concept afterwork « qui consacre le bien-être et la beauté ». Au cours de ces réunions Tupperware, il conseille ses clientes, réunies en petit comité, sur leurs coiffures et les produits à utiliser selon leurs envies et la nature de leurs cheveux.

« Nous sommes dans un objectif d’échange et de pédagogie avec la clientèle, raconte-t-il. Nos ateliers sont modulables selon les envies des participantes. Si le hauling se développe, c’est aussi parce qu’il y a un manque évident d’écoute dans les grandes chaînes de coiffure. Les clientes sont en recherche d’autre chose, de personnalisation. Elles en ont marre de ressortir toutes avec la même coupe ! »

Pour Jérôme Tiercelet, le hauling peut galvauder le métier de coiffeur. « Cela peut affecter les coiffeurs qui, comme moi, aiment entretenir en salon. C’est à nous, coiffeurs et visagistes, d’être à l’écoute du client et de mettre en avant notre savoir-faire, lequel demande plusieurs années de travail avant d’être maîtrisé. Sans cela, le risque est grand de voir ce genre de phénomène se multiplier et nos métiers perdre de leur valeur. »

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