Les protocoles, un service en voie de disparition dans les salons masculins ? Oui, selon les experts de la profession. Et, pourtant, en ces périodes incertaines, lancer des rituels cadrés est une occasion rêvée de répondre aux attentes, générer du trafic et du chiffre d’affaires en se différenciant
de la concurrence.
« Aujourd’hui, on remarque le manque considérable d’une charte de qualité des prestations et donc d’une identité dans les salons, souligne Samy Petot. Je m’explique : si un client vient se faire coiffer un mardi, il n’a malheureusement pas le même protocole que lorsqu’il pousse la porte un samedi ou un vendredi. Pourquoi ? Tout simplement à cause d’un manque de rigueur des collaborateurs ou du dirigeant. Constat impardonnable. » Alors, comment faire pour tordre le cou aux faux-pas ? Tout simplement
en établissant deux propositions de protocoles complets et en les suivant à la lettre ! Inutile d’inventer plus de deux menus car, par définition, l’homme ne recherche pas quelque chose de compliqué mais surtout d’assez rapide. Optez donc pour des rituels avec des étapes courtes mais performantes. « Comme : taille de barbe, serviette chaude, soins complets de la barbe et du visage sous vapozone, par exemple, ou plus simplement coupe, coiffage et taille de barbe. Côté prix, proposez une fourchette avec
un écart d’environ 10 euros, en sachant qu’aujourd’hui le prix à la minute d’une prestation est de 1,30 €. Important aussi dans la conception de vos protocoles : appuyez-vous sur les produits de la marque avec laquelle vous travaillez. Pensez aussi à modifier vos rituels en fonction des nouveautés. »
POSER LE BON DIAGNOSTIC
Bien évidemment, le professionnel doit aussi être capable de poser le bon diagnostic et d’offrir une réponse graduée et personnalisée au problème de chaque client. « Cela passe par un vrai diagnostic, et pas un diagnostic produit, dit Samy Petot. Le coiffeur doit pouvoir expliquer à son client son
problème, ce qu’il va lui faire et le bénéfice attendu. Dans notre jargon, nous appelons cela, le CAB : caractéristiques, avantages et bénéfices. » Ce qui suppose déjà de former ses collaborateurs, de les reprendre régulièrement lorsque le protocole n’est pas suivi. Pensez aussi à afficher dans la pièce réservée aux salariés une feuille récapitulant les étapes des protocoles. « Ma conviction, c’est qu’il faut un accompagnement mensuel avec un vrai briefing pour savoir ce qui s’est passé dans le mois, pourquoi cela progresse ou pourquoi cela régresse, explique-t-il. Et tous les deux
mois, le dirigeant doit faire le point avec un intervenant extérieur (un client mystère). Il faut sans cesse retravailler le conseil, la Vous l’aurez compris, la formule gagnante, © Edouard Sicot conna produits adaptés avec une gestuelle qui favorise la détente et la satisfaction du client. Sinon, l’effet du
service en salon dispara connaissance et les étapes du protocole, et poser les bons mots, sinon le client ne quantifie pas la différence avec le produit
qu’il achète en grande surface. Il faut savoir que 82 % de la fidélisation se fait sur le temps passé en salon et l’accompagnement client et non sur la technique. »
Vous l’aurez compris, la formule gagnante, c’est une adhésion pleine et entière des collaborateurs, des rituels parfaitement cadrés et des produits performants.
Alors, go !
Conseil de Samy Petot
« Il faut bien connaître son concept et appliquer les produits adaptés avec une gestuelle qui favorise la détente et la satisfaction du client. Sinon, l’effet du service en salon disparaît vite. »
Biblond, pour les coiffeurs !











Comme une « force tranquille » dans l’optimisme de Patrick Ahmed, chouette interview 😉
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