Biologiste de formation, ce chef d’entreprise est un exemple de reconversion réussie. Aujourd’hui, il déploie sa vision du métier dans son salon parisien. Entre artisanat, naturalité et avant-gardisme.

Quand on le voit officier dans son salon parisien, R’Factory, dans le XVe arrondissement, on a du mal à imaginer que la coiffure n’avait rien d’une vocation pour Gianni Coppa. Pourtant, ce patron de 32 ans se destinait à la biochimie. « Ce qui me manquait, c’était le contact humain. M’a alors été soufflée l’idée que je pouvais allier chimie et relation avec les autres par la coiffure. »
En 2005, il se lance dans le CAP et la coiffure devient pour lui viscérale en seulement trois mois. Il fait ses armes chez Provost, boosté par sa supérieure, il évolue très vite, il est mobile sur plusieurs salons du groupe, se faisant une clientèle fidèle. « Je faisais quelques prestations en indépendant. Je me suis rendu compte que je voulais être mon propre patron. Ouvrir mon affaire. » Il obtient son brevet de maîtrise en candidat libre, se forme à tout va, assiste les coiffeurs en studio puis, à son tour, il se sent prêt. D’abord à domicile en autoentrepreneur. Le succès étant au rendez-vous, très vite, il lui faut un lieu pour s’adonner pleinement à sa passion. En 2011, il trouve le local dans le XVe, pour accueillir son salon, R’Factory. Il se différencie en travaillant avec des marques méconnues et des produits naturels, mis en valeur dans un décor épuré.
La plus riche manière d’apprendre
« Féru de décoration d’intérieur, j’en change à peu près tous les trois ans. » Aujourd’hui, l’espace allie esprit brut et Art déco. « L’idée est de recentrer la cliente sur elle-même. Donc pas de photos de mannequins aux murs. Nous offrons un service sur mesure. » En parallèle, le patron déploie son activité et son talent en studio ou sur sa chaîne YouTube où il distille ses conseils.
Formateur et porte-parole pour Matrix (L’Oréal) et Biolage, il participe aux collections et aux shows et se découvre un réel intérêt pour l’éducation. « Au salon, j’ai toujours un junior. L’apprentissage est la plus riche manière d’apprendre, alors on s’entraîne beaucoup. »
Mais quel est son concept ? « Nous mettons l’accent sur le côté artisanal du métier. Chaque collaborateur est différent, donc son coup de ciseaux aussi. » Outre la prestation haut de gamme, Gianni développe un service avant-gardiste, la Kitchen Hair Care. Au bac, la clientèle bénéficie d’un soin, créé sous ses yeux, selon ses besoins et ses attentes, à base d’ingrédients sourcés.
Résultats ? Des shampooings totalement naturels et vegan dont la recette est confiée à la cliente pour qu’elle puisse la reproduire à la maison. Autre point fort ? Le salon organise des master-class pour apprendre à se coiffer ou reproduire un style.
Sa vision du métier
« J’adore ce métier. Nous avons plusieurs cartes à jouer.
Il faut continuer à former nos jeunes et leur donner envie.
J’espère que la crise fera évoluer les formations données à l’école qui n’ont pas changé depuis trop longtemps. Certes, beaucoup de salons ne survivront pas à la crise sanitaire.
Mais elle aura aussi permis de remettre l’hygiène au coeur des priorités, d’accélérer la digitalisation des salons, de créer une solidarité entre coiffeurs et surtout de revaloriser notre métier. Les consommateurs se sont rendu compte de notre valeur ajoutée. Ils ont besoin de nous et de nos conseils. »
Ses conseils aux jeunes
« Certes, l’apprentissage et la formation ne sont pas faciles mais il ne faut jamais baisser les bras. Fixez-vous des objectifs et surtout croyez en vous ! Inspirez-vous de la presse professionnelle, mais fouillez aussi les réseaux sociaux.
Entraînez-vous sans compter. Enfin, osez ! Si vous n’y arrivez pas aujourd’hui, vous y arriverez la prochaine fois ! »
Les dates de sa vie
2005 Reconversion dans la coiffure
2011 Ouverture du salon R’Factory
2014 Expert de marque Matrix
2015 Membre de l’équipe artistique de Matrix et Biolage France
2016 Lancement de la chaîne YouTube
Biblond, pour les coiffeurs !







