Est-ce que j’exagère ? : le nombre de faillites de salons va exploser si on ne fait rien !

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Pendant la Covid-19, la coiffure était devenue essentielle. Tout le monde se souvient de la forte reprise après les confinements. Seulement, le report des charges, le PGE, le manque de salariés, les prix et la concurrence déloyale auront raison de beaucoup de salons !

Stéphane Amaru, coach, formateur, influenceur, agitateur, Expert en formation hybride, Multi Awards Winner

Les premières victimes ? Les gros salons dans les grandes villes puisque les charges sont importantes.  Dans les petites villes de province, les salons s’en sortent mieux mais ils risquent d’être rattrapés.

L’une des principales causes ? Le manque de salariés ! Nous n’avons pas su rebondir après la Covid-19. Les jeunes désertent la coiffure, abandonnent le métier dès les premières années. Les classes sont désespérément vides… Entendre que les salaires ne sont pas au rendez-vous et qu’un coiffeur gagne en moyenne 1 650 euros brut en France avec beaucoup d’heures de travail ne motive pas !

Comment le métier en est-il arrivé là ? Certains professionnels disent qu’il y a trop de salons, c’est un peu vrai mais pas que ! En réalité, c’est le nombre de coiffeurs à domicile qui a explosé, près de 20 000 déclarés. Puis les espaces de coworking et la location de fauteuils se sont ajoutés.



Le manque de contrôle

Il y a un manque de clarté juridique par rapport à la location de fauteuil. Quant aux espaces de coworking, on n’a pas le recul nécessaire sur la réalité économique de ces lieux. Cependant, les dégâts sont considérables pour un salon qui joue le jeu d’un contrat à durée indéterminée (CDI) !

Concrètement, les salariés sont directement démarchés pour louer un fauteuil ou travailler dans un espace de coworking. Ils récupèrent la clientèle des salons pour en faire un business personnel. Je vois une mutation du métier et aussi une concurrence déloyale par rapport à ceux qui proposent des CDI.

Un exemple parlant : une de mes apprenantes voulait passer quelques jours dans une autre ville. Attirée par une location de fauteuil, elle prend un rendez-vous pour comprendre les modalités. On lui propose de louer un fauteuil, de lui fournir les clients contre 30 % de son CA ! De plus, elle doit avoir ses propres produits. C’est du salariat déguisé et une arnaque !

Mais, combien de salons en France pratiquent cette concurrence déloyale, jouant sur le manque de contrôle ? Nos fédérations doivent se mettre au travail, c’est urgent car beaucoup de salon vont fermer.

Quelles solutions ? Multiplier les contrôles contre le salariat déguisé, légiférer le travail à domicile, obliger les coiffeurs à domicile à disposer d’un BP, contenir l’ouverture des salons par région en évitant notamment de faire passer le BP immédiatement après le CAP et enfin, demander cinq à sept ans de salariat en CDI avant de prétendre passer son BP pour ouvrir son salon !

L’augmentation des prix

Certains disent qu’il ne faut pas augmenter les prix des services. Sauf qu’un salon est lui aussi impacté par l’inflation, l’augmentation du coût des matières premières et de l’électricité, de l’eau. Donc, conseiller de ne pas augmenter sa grille tarifaire est une bêtise. Pour éviter les fermetures et augmenter les salaires, il faut rehausser les prix selon l’expérience des collaborateurs et des sollicitations. Car, dans un même salon, tous ne sont pas aussi sollicités par les clients.

Aujourd’hui, dans un salon, trois générations de coiffeurs se côtoient, les X, Y et Z. Ils ne doivent pas être au même niveau de salaire, donc pas au même coût horaire ! Une politique qui a fait ses preuves. Je l’ai pratiquée pour Toni & Guy, il y a vingt-quatre ans, et pour Didact Hair Building il y a onze ans. Avec en prime, le no gender : prestations homme et femme au même prix.

La formation avant tout

La façon de manager doit aussi évoluer pour faire augmenter les salaires avec un suivi des chiffres mensuels pour chaque salarié. Le manager devient un mentor qui apprend à faire plus de ventes additionnelles afin de grossir le panier moyen du salon. Enfin, certains salons sortent leur épingle du jeu car ils se forment dans tous les domaines, montent en compétences et changent leur business modèle.

Il n’y a pas de secret : « Si tu ne fais rien de plus, il ne se passera rien de plus ! ». Alors forme-toi et change ! Sinon tu risques comme des centaines de salons cette année, de fermer boutique !



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