Il accompagne Biblond depuis ses débuts. Sa plume acérée et sa liberté de ton ne laissent personne indifférent. Décryptage d’une collaboration durable.
Comment est née cette collaboration avec Biblond ?
À la base, j’échangeais avec Barbara pour la crédibilisation du magazine. J’étais conseiller de la rédaction. Cela devenait délicat comme position puisque j’étais moi-même entrepreneur. Quand François a repris le magazine, on a trouvé l’idée de créer une rubrique. J’ai écrit dès le numéro 3. J’en suis donc à ma 97e tribune. À la 100e, je pense les réunir dans un livre comme je l’avais fait pour la 50e.
La rubrique Est-ce que j’exagère ? plaît beaucoup des coiffeurs. Comment expliquer ce succès ?
On m’a donné carte blanche. Jamais personne ne m’a dicté ce que je devais écrire ou non. Et son titre est parfait. Il permet de toucher des sujets épineux et de me réfugier dans le fait que « oui, je suis en train d’exagérer ! » Dès le début, elle a plu. Il faut dire qu’à l’époque personne ne parlait business. Cela ne se faisait pas. Ma tribune a libéré la parole. On a vu alors le lancement de conférences, les coiffeurs se renseigner sur les stratégies à mener, des formations dédiées.
Novatrice donc… Comment as-tu réussi à garder ton lectorat captif ?
J’ai toujours été acteur dans le secteur. En tant que coiffeur formateur entrepreneur puis en tant que formateur à temps complet. Quand je vais chez mes apprenants, je reste deux jours dans leur salon, je suis sur le terrain. J’ai aussi la chance d’avoir toujours de nouvelles idées. Avec le recul, je sais qu’il y a des articles bons et d’autres moins bons. Mais certains
étaient visionnaires !
Tu ne fais toutefois pas l’unanimité. Comment définir tes détracteurs ?
Les sujets comme 30 000 salons de coiffure en trop et J’ai acheté 5 000 amis en cinq minutes ont fait beaucoup réagir sur les réseaux. Le deuxième a suscité une avalanchede commentaires négatifs. Ce que je disais était vrai, puisque je l’ai expérimenté sur mon compte Instagram. J’ai acheté des followers pour montrer que tout cela n’est que du « fake ». C’était mon analyse. Je ne pointais personne du doigt. Pourtant, certains se sont sentis visés !
Comment a évolué ta plume au fil du temps ?
Quand les gens apprécient ton travail, tu es attendu au tournant ! Je n’étais pas destiné à écrire et j’ai progressé au fil du temps. J’ai toujours deux ou trois idées d’articles d’avance. C’est facile pour moi de me renouveler car je suis l’actualité de près. Certains sujets sont récurrents mais la manière de les appréhender évolue.
Quelles sont les grandes évolutions de la coiffure ?
La formation a explosé et elle se professionnalise. Le client devient exigeant et les techniques évoluent. Le programme doit donc sans cesse être renouvelé. Nous n’avons plus à faire aux mêmes générations. Côté salon, les réseaux sociaux ont changé la donne. En 2007, le bouche-à-oreille fonctionnait. Désormais, ces sont les avis sur Internet qui ont un impact. Autre évolution ? En 2007, on était dans le management, puis il y a eu le leadership. Aujourd’hui, nous sommes dans le mentoring.
Et le salon du futur… Une vision ?
Les gros salons et les franchises vont disparaître au profit des individualisations. Et le CDI aussi ! L’indépendant va gagner. Si je devais ouvrir un salon aujourd’hui, je ferais autrement. Il va y avoir une robotisation du métier, au bac à shampooing ou à la caisse par exemple. L’argent économisé, je l’investirais dans une pépinière de talents. Les médiocres annulent toute la performance d’un salon. Enfin, je me focaliserais sur l’écoresponsabilité. Pas seulement des produits bio ! Les salons sont les commerces les plus polluants des centres-villes. Plus de brushing, une carte de prestations courte, pas de blond polaire par exemple, ultratoxique. Enfin, je pense que le salon du futur sera hybride. Deux jours pour les clients, deux pour la formation et deux jours pour la location de fauteuil.
A lire aussi :
- Avec Biblond, plongez au cœur des services qui boostent votre chiffre d’affaires et des tendances de la Fashion Week !
- Travail et emploi, ce qui change en 2026
- Baromètre ISM-MAAF, artisanat : boom inédit des créations
- Est-ce que j’exagère ? : ma vision de la coiffure en 2026
- Tendance beauté : les patchs, le soin malin à glisser en technique
Biblond, pour les coiffeurs !






