Dossier : perruque médicale, un allié qui a du cœur

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La perruque médicale représente une alternative non négligeable pour retrouver volume et confiance en soi après ou pendant une maladie. Les solutions naturelles ou synthétiques rivalisent d’élégance et d’innovation. Quant au service du prothésiste capillaire, il doit être irréprochable.

Il y a tout juste un an, Séverine Fasquelle, coiffeuse depuis plus de vingt ans, a raccroché ses ciseaux pour se concentrer entièrement sur l’accompagnement d’hommes et de femmes de plus en plus nombreux à souffrir d’alopécie capillaire. En ouvrant Atma Maison Capillaire dans le Pas-de-Calais, elle répond à un manque crucial de prothésistes en France alors que la demande augmente. Selon l’Institut national du cancer : « L’incidence des cancers en France a augmenté de manière significative ces vingt dernières années pour atteindre une estimation de plus de 433 000 nouveaux cas en 2023. »



À cela s’ajoutent d’autres pathologies comme la pelade partielle ou complète. « Les femmes sont les plus touchées et représentent 2 % de la population, annonce Éric Famechon, fondateur et dirigeant du groupe Cosmecare qui distribue les marques de perruques Any d’Avray, Beweegs et Henry Margu. Elles vont devoir l’accepter et vivre avec. » Pour lui, le marché est stable mais se modernise. « On constate que le nombre d’acteurs a diminué », ajoute-t-il.

C’est lors d’un séminaire professionnel que Séverine Fasquelle a une révélation : elle découvre que la prothèse capillaire peut rendre beau et qu’il existe aujourd’hui des solutions convaincantes. « Le service de prothésiste capillaire est dans le prolongement de celui de coiffeur, explique-t-elle. Il y a un véritable accompagnement de visagiste mais aussi d’ajustement de la prothèse qu’il faut parfois dégrader, couper… » Florence Houver, customer consultant de la marque Ellen Wille le confirme : « Il est dans la compétence des coiffeurs, spécialistes du cheveu, de trouver des solutions immédiates, qu’il s’agisse de perruques ou de volumateurs comme les toppers. Les coiffeurs peuvent mettre à disposition ces accessoires de mode de plus en plus plébiscités par la femme moderne et se faire connaître pour cette prestation par une visibilité dans leur salon ou sur les réseaux sociaux. »

50 000 perruques sont remboursées par an en France (source Cosmecare).

COMMENT OBTENIR UN AGRÉMENT ?

La perruque médicale reste donc la plus développée et est soumise à une prise en charge par la sécurité sociale. « Une évolution de la nomenclature par les autorités est en cours et devrait conduire à de meilleurs remboursements dans les mois à venir », annonce Éric Famechon. Le prix de vente moyen tourne autour de 350 euros et est souvent entièrement pris en charge par la sécurité sociale et la mutuelle.

Pour offrir une prestation remboursée, encore faut-il montrer patte blanche et obtenir un agrément auprès de la sécurité sociale. « Pour tous les coiffeurs qui veulent aller plus loin et proposer des prothèses médicalisées avec un accompagnement individuel, il existe des formations pour obtenir un agrément auprès de la CPAM », complète Florence Houver.

En plus, les salons agréés sont référencés sur le site de l’Institut national du Cancer. Pour Séverine, le bouche-à-oreille et les avis Google restent le meilleur outil pour fidéliser et recruter de nouvelles clientes qui ne savent pas toujours vers qui se tourner dans une période difficile de leur vie. Pour faire connaître son service, le salon peut aussi se rapprocher d’associations. « C’est une activité qui nécessite d’avoir la capacité d’accompagner des clientes-patientes, rappelle Éric Famechon. L’opportunité ne suffit pas, la motivation et l’envie sont indispensables. »

QUELS SONT LES 3 TYPES DE PROTHÈSES CAPILLAIRES ?

On classe les prothèses capillaires en trois familles :

Les prothèses en fibres synthétiques dites « classiques » sont faciles à coiffer car elles sont à mémoire de forme. Après lavage, elles sèchent simplement à l’air libre et retrouvent leur mise en forme initiale.
Les prothèses en fibres intermédiaires ou haute température sont constituées de fibres dont le diamètre est plus épais. Elles peuvent donc être chauffées ou lissées avec des outils de coiffage à 130 degrés maximum.
Les prothèses en fibres naturelles (d’origine indienne ou européenne) ont donc les mêmes propriétés et avantages que les cheveux : légèreté et reflets naturels. L’inconvénient ? Lorsque la prothèse est lavée, elle doit être séchée et coiffée.

Séverine Fasquelle,
Atma Maison Capillaire

DES MODÈLES INNOVANTS

Souvent, il arrive que les femmes aient une représentation négative des prothèses capillaires et en particulier de celles qui sont en fibres synthétiques. Ces conceptions sont souvent dues à une méconnaissance des produits existants sur le marché et qui ont beaucoup évolué ces dernières années. « Nous travaillons à l’amélioration continue de notre catalogue, se félicite Éric Famechon. Nous proposons des fibres innovantes et des produits toujours plus légers et le plus agréable possible à porter. » Il existe aujourd’hui une gamme très variée de perruques, fabriquées à partir de fibres synthétiques ou de cheveux naturels. Le support – que l’on appelle « bonnet » – est un élément important puisqu’il il est en contact direct avec le cuir chevelu de la patiente : « Pour notre nouveau bonnet breveté [cf. visuel], nous avons travaillé à améliorer les coutures en les rendant plus agréables et moins visibles. Nous avons aussi diminué le poids du bonnet pour limiter au maximum le risque d’irritation », se félicite Éric Famechon.

Chaque saison, les marques de prothèses capillaires développent de nouveaux modèles qui suivent les tendances comme de véritables collections. Couleurs, coupes, les gammes sont larges, complètes, pour tous les goûts. « Nos perruques sont fabriquées avec soin et qualité, pour offrir une liberté totale, que l’on recherche un look naturel, audacieux ou élégant, elles s’adaptent à toutes les envies », complète Éric Famechon.

Même vision pour Ellen Wille qui, depuis plus de cinquante-cinq ans, a pour objectif de rendre les femmes toujours plus belles et sûres d‘elles dans la vie de tous les jours, qu’il s’agisse d‘une prothèse médicalisée répondant aux exigences de confort et de qualité ou d‘un accessoire de mode. « Aujourd’hui, elles choisissent leurs chaussures, leur sac à main et leur coiffure, raconte Florence Houver. Nous comptons plus de 300 références issues des tendances artistiques des coiffeurs les plus renommés avec une variété de confort, de styles et de couleurs qui répondent aux besoins d’une clientèle très exigeante et notre perception a été renforcée depuis deux ans par le regard artistique de notre ambassadeur Christophe-Nicolas Biot ».

Et Séverine Fasquelle d’ajouter : « La chevelure est un marqueur social et la plupart des clientes cherchent l’incognito. En effet, elles vont avoir tendance à masquer la maladie et à adopter une coiffure très similaire à celle qu’elles avaient avant. En revanche, les plus jeunes femmes sont plus susceptibles de changer de tête. Allant même jusqu’à se laisser tenter par des foulards ou des turbans plus tendance. »

UN SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE INFAILLIBLE

Accueillir une cliente pour une prothèse capillaire requiert de mettre davantage de forme que si elle venait pour un service de coloration ou de coiffage. L’accompagnement est essentiel et doit être à la hauteur de l’attente des patients. Pour cette raison, la vente à distance, sans essayage, ne peut être réservée qu’aux seules situations de renouvellement d’une perruque. « Il faut pouvoir accueillir ces clientes-patientes dans une cabine privée à l’abri des regards afin qu’elles se sentent à l’aise pendant ce moment très difficile pour elles, raconte Séverine Fasquelle. Il faut aussi prendre le temps d’écouter leurs histoires. »

Le premier rendez-vous dure au moins une heure. La cliente vient le plus souvent accompagnée d’un ou de plusieurs proches. Le professionnel, comme pour une coupe ou un coiffage, doit offrir un conseil avisé « mais c’est indispensable d’avoir aussi l’avis et l’approbation de son entourage », admet-elle. Une fois le choix du modèle arrêté, la patiente reviendra quelques jours plus tard pour faire les derniers ajustements, notamment sur la coupe. « C’est là que j’ajuste avec mes ciseaux la forme de la perruque », poursuit Séverine Fasquelle.

Le second rendez-vous permet d’enlever les cheveux restants. « Raser est une étape psychologique qu’il faut accompagner. » C’est aussi à cette occasion que les précieux conseils d’entretien sont donnés par le prothésiste car il faut évidemment prendre grand soin de sa perruque. La prestation de correction capillaire est un relais de croissance à condition de s’en donner les moyens. Elle consiste à prendre en charge une nouvelle catégorie de patient-client. Une évolution de carrière qui fait le bien autour de soi.

3 QUESTIONS À… CHRISTOPHE-NICOLAS BIOT qui propose un service perruque à la carte de ses Maisons de Coiffure

Quelle est votre vision de l’offre des perruques ?

À ce jour, elle est encore beaucoup trop associée au médical ce qui est dommage car l’univers de la perruque, des postiches ou encore des tops offre aussi des alternatives esthétiques et fantaisistes pour changer de tête, s’amuser sans sacrifier longueur et couleur. La perruque doit être une alternative dans la vie courante, comme un vêtement que l’on souhaite changer au gré de l’humeur.

Comment travaillez-vous ce service dans vos Maisons de Coiffure ?

Comme une solution pour les femmes qui souffrent d’alopécie, de manque de volume, mais aussi pour toutes celles qui ont un réel problème de racines blanches après les huit jours qui suivent la coloration. Une perruque permet d’être toujours présentable et d’espacer un peu les colorations lorsqu’elles sont trop fréquentes.

Quels sont les atouts du coiffeur dans cette prise en charge ?

Considérables… Il est le conseiller dans le choix du type de perruque. Le coiffeur va également adapter la prothèse sur mesure en retravaillant les volumes et la texture pour qu’elle réponde totalement aux besoins et envies de la cliente ou du client. Depuis quatre ans, je propose ce service en salon. J’ai toujours beaucoup travaillé les perruques en studio ou sur scène. Je trouve intéressant de remettre ce service en avant et je suis très content d’être de ceux qui portent cette parole haut et fort.

SHOPPING

Le Bonnet Liberté allie technologie, confort, élégance et créativité. Grâce à des matériaux qui épousent parfaitement le cuir chevelu, la porteuse peut pratiquer ses activités sportives préférées, qu’il s’agisse de natation, danse, course à pied, et bien d’autres.

Avec ses cheveux 100 % naturels et noués à la main, la perruque Penelope d’Any d’Avray est respirante et sa bordure est invisible. Elle est disponible en 14 nuances.

Le nouveau modèle Luna d’Any d’Avray ne pèse que 54 grammes ! Ce qui offre légèreté et confort. Sa coupe soignée et naturelle se décline en 11 coloris.

La modernité de la coupe pixie est disponible chez Ellen Wille en fibres de synthèse et déclinable en 10 nuances.

Glamour et sensualité sont aussi au programme des collections d’Ellen Wille avec cette perruque longue et floue avec frange en fibres de synthèse résistantes à la chaleur et disponible en 11 nuances.

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