Impossible d’y échapper. Le e-commerce a fait un boom à la faveur du déconfinement. En France, on compte 40 millions de cyberacheteurs. Et le marché du capillaire professionnel ne résiste pas à cet engouement. Comment séduire les internautes et développer ce business ? Suivez le guide…

LES CONCEPTS DE PHYGITALISATION ET D’OMNICANALITÉ
Dans certains secteurs, la vente en ligne a su tirer son épingle du jeu alors que les magasins étaient fermés en mars et avril derniers. Des enseignes ont mis en place des stratégies phygitales et omnicanales (ce sont des néologismes inventés pour parler à la fois de « digitalisation » et d’expérience « physique ») qui exploitent une expérience client de proximité en boutique, en salon, alliée aux fonctionnalités digitales d’un site d’e-commerce. En bref, il s’agit de rassembler deux types de points de vente en un seul. Les applications de vente, le click and collect, l’e-réservation…
Ces différents procédés de phygitalisation répondent à un objectif précis : optimiser l’expérience d’achat en magasin. Rapidle, une solution de click and collect, a annoncé le 26 mars dernier, sur son site, une augmentation de 2 000 % de demandes de digitalisation des commerces de proximité. D’une manière générale, 60 % des commerçants possédant à la fois une boutique physique et un site marchand ont vu leur chiffre d’affaires magasin progresser de 20 % depuis le confinement. L’e-commerce est avant tout une histoire de complémentarité et d’adaptation à l’évolution des habitudes de consommation.
OCÉANE AVAKIAN
SALON ÉPONYME À LYON (69)
« Avec le confinement, je me suis vraiment rendu compte que la proximité constitue l’un des points forts de notre salon. L’idée de notre e-commerce est partie de plusieurs vidéos sur Instagram où je conseillais les clientes sur leurs problématiques cheveux. Puis, les produits ont été mis sur une mini plate-forme. Mais très vite, tout s’est emballé. Je me souviens de la première fois où, en 5 minutes, nous avions déjà 7 ventes. Il a fallu se mettre à plusieurs pour préparer les commandes et faire les envois de centaines de colis par semaine.
Après le déconfinement, le tourbillon phygitalisation a continué. Alors, on a développé pour le client qui ne veut pas payer les frais de port, le click and collect en salon. Que des avantages ! Cela permet de faire des ventes additionnelles, mais aussi de faire connaître le salon, de capter de nouveaux rendez-vous… Depuis, une nouvelle société a été créée, entièrement dédiée à notre e-commerce avec plusieurs investissements : un local de 60 m2 pour stocker la marchandise, une embauche, l’achat de stock et un nouveau site Internet. Comptez environ 20 000 € pour lancer ce service supplémentaire. »

DIDIER BOTLAN
CODIRIGEANT AVEC SA FEMME DE 7 SALONS CARACTÈRE DANS L’ESSONNE (91) ET DE LA BOUTIQUE COIFFSTORE
« Le confinement lié à la Covid 19 a modifié ou renforcé les habitudes des Français. Avec une préférence pour les magasins de proximité comme les salons de coiffure et le commerce en ligne. À condition de prendre le virage du numérique ! C’est pour cela que, il y a dix ans, nous avons créé Coiffstore, une plate-forme digitale avec un local et boutique de 400 m2. L’e-commerce est vraiment un métier différent de celui de coiffeur même si l’on vend aussi des shampooing et des tondeuses. Cela nécessite des compétences et beaucoup d’investissement. Et il faut aussi sans cesse repenser son site en fonction de l’évolution des technologies (trois fois en dix ans). Hormis cela, l’e-commerce permet aux vendeurs d’avoir un accès plus large aux stocks et de pourvoir aux besoins du client plus rapidement. Les consommateurs ont une expérience d’achat personnalisée, individuelle et mémorable. Évidemment, l’e-commerce était au rendez-vous pendant le confinement avec une hausse de 20 % du chiffre d’affaires ! »

RODOLPHE LOMBARD
DIRIGEANT DU SALON COLORÉ PAR RODOLPHE À PARIS (75)
« Et si cette crise sanitaire inédite était l’occasion de se réinventer ? D’adapter son activité ou de la faire évoluer avec un site marchand ? Pour ma part, depuis quelques années déjà, je combine sur mon site marchand les avantages du point de vente physique avec ceux du digital : permettre une commande pratique, depuis une application ou un site Internet, un retrait rapide en magasin, ou offrir un service de livraison à domicile sont des solutions qui font des émules aujourd’hui, boostent le chiffre d’affaires et le fichier clientèle. Mais trois atouts essentiels sont nécessaires : être bien référencé pour accroître le trafic, améliorer l’accessibilité pour les utilisateurs de mobiles et sa rapidité et, enfin, se démarquer avec une ergonomie attractive. Bien évidemment, les réseaux sociaux sont aujourd’hui un élément incontournable pour faire connaître un site de vente en ligne. Humanité, qualité et proximité doivent désormais rimer avec connecté. »

Biblond, pour les coiffeurs !









