Il semblerait que « sobriété » soit le maître mot de cet automne, après une crise de l’énergie et un été marqué par des épisodes climatiques hors normes. Des décisions s’enclenchent dans les salons pour une consommation engagée. Sans oublier un principe de réalité : l’augmentation des tarifs, en bonne intelligence ! Réponses de trois experts.
JUSQU’OÙ VA ALLER L’INFLATION ?
Après trente années d’absence, l’inflation revient au galop. Une hausse incontrôlée des prix qui bouleverse le quotidien des Français. Selon les chiffres de l’Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 5,8 % sur les douze derniers mois, à août 2022, et de 6,1 % au mois de juillet. Mais, grâce au bouclier tarifaire, l’inflation reste, dans l’Hexagone, plus contenue qu’ailleurs en Europe. « L’objectif de croissance de 2,5 % pour 2022 est toujours réalisable, expliquait Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans le journal Le Monde, le 31 août dernier. La croissance ralentit, mais elle ne flanche pas. » Quant aux prix des services, ils progresseraient sur une année au même rythme que le mois précédent : soit + 3,9 %.
JEAN-CHRISTOPHE ROBELOT
FORMATEUR, CONSULTANT, À LA TÊTE D’ADI CONSULTING
« L’augmentation des prix est un vaste sujet dans la coiffure. Pour être un salon performant et reconnu comme tel par la clientèle, il faut élever la valeur de son entreprise. Cela passe par trois choses : rénover régulièrement des éléments de déco dans son salon, créer un à trois nouveaux services par an et faire de la communication cachée. Plus précisément, sélectionner quelques clientes et leur proposer une remise sur un service qu’elles ont l’habitude de réaliser. Et non sur ce que le coiffeur veut qu’elles fassent. On cible la remise en fonction du client. On invente des animations marketing pour augmenter des prestations choisies, on imagine des prix d’appels. L’objectif ? Créer de la valeur ajoutée pour booster la croissance du salon. Il est bon de rappeler que, pour l’instant, les charges fixes ont augmenté de 3 % et les produits de 6 %. »
PASCAL THÉNARD
À LA TÊTE DE PASCAL T À BORDEAUX
« Avec mon équipe, on s’évertue à offrir aux clientes des services adaptés à chacune, avec des devis de plus en plus pointus. Par conséquent, les tarifs se déclinent en fonction de la complexité de la coupe, mais aussi de la technique couleur proposée. Dans cette logique “à la carte”, j’augmenterai en janvier prochain, de quelques euros, certaines prestations de coloration. Mais je ne toucherai pas aux forfaits. En début d’année, j’avais aussi réévalué d’autres prestations. Cette “hyperexpertise” permet de réaliser des marges plus importantes, payer les “bons” coiffeurs à leur juste valeur, proposer un salon prestigieux avec des initiatives captivantes. Je prépare pour les clientes des journées portes ouvertes make-up. J’ai aussi refait tout mon site et ma devanture. L’objectif est d’être toujours visible et d’offrir de l’innovation. Conclusion : être toujours dans l’action, cerner son coût de revient pour mieux calculer ses marges. »
CHRISTELLE BATAILLE
À LA TÊTE DU SALON ARTÉO COIFFURE À LIMOGES
« Débrancher sa box, recycler, éteindre les lumières et changer les luminaires du salon, nettoyer les bols et pinceaux une fois par jour seulement, économiser l’eau en arrêtant d’ouvrir les robinets à fond…
Nous n’avons pas attendu la sobriété énergétique pour changer nos habitudes au salon. Un bon moyen de réduire les factures et l’impact de la crise énergétique. Car, parallèlement, tout flambe ! L’énergie n’est pas la seule responsable de cette augmentation : s’y ajoute la hausse du prix des produits, des formations, du Smic… Alors, pour rester compétitive, j’augmente certaines prestations, en juillet de chaque année, de 50 centimes à 1 euro. Mais c’est une augmentation raisonnée. Enfin, afin d’éviter tout litige avec les clientes, je propose de bien rédiger les devis et d’être le plus transparent possible. Un service pour lequel la femme a le sentiment qu’on s’est occupé d’elle afin de réaliser une prestation unique, ce n’est jamais trop cher. »
Biblond, pour les coiffeurs !










