Beauté globale, l’avenir du salon de coiffure ? David Lucas dit « non » !

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C’est un peu le grand thème du moment. La beauté globale est sur toutes les lèvres et elle serait un des enjeux de l’avenir en salon de coiffure. Fusionner, en un même lieu, esthétique, bien-être et coiffure pour séduire la clientèle de demain ? Beaucoup y croient et de nombreuses maisons s’y aventurent. Citons pour exemple le Spa du Burgundy Paris et ses quelques 250 m2 dédiés au bien-être avec deux salles de massage, un hammam, un sauna, un piscine… et depuis peu un Spa du cheveu.

En effet, tous les mardis, Nathalie Tuil, ancienne directrice artistique chez Vog et créatrice de sa marque éponyme, végétale et made in France, vient ajouter de son expertise à la carte. Après un diagnostic personnalisé, son protocole signature – basé sur sa gamme de produits – se déroule en plusieurs étapes : application d’un masque à l’argile, massage du cuir chevelu, shampoing, soin nourissant, séchage naturel.

Réunir beauté capillaire et bien-être, c’est aussi un des fondements du concept des salons Trendy’R Végétal, présenté par Patrice Lafon, président du groupe Viva La Vie, lors du dernier MCB.

A Cannes, le Meilleur Ouvrier de France, Frédéric Brazard va encore plus loin. Situé au 66 Boulevard Carnot, FB COIFFURE est un temple de la beauté soit 650 m2 où esthétique, maquillage, coiffure et haute couture se partagent l’affiche. De quoi inspirer des patrons en quête de croissance…

Interrogé sur la beauté globale, le coiffeur-star David Lucas est plus nuancé. A la tête de salons à Paris, Bordeaux et le Pyla, il a ouvert récemment une nouvelle et troisième adresse dans la capitale, Vendôme (voir notre news). Réunir différentes activités liées à la beauté et au bien-être, le Girondin n’y croit pas trop. « Retrouver dans un même endroit tous ces corps de métier est une mauvaise idée si on pense que la cliente va gagner du temps ou aura d’un seul coup la même affinité et fidélité avec tous ces mêmes nouveaux praticiens. »

Autre réticence ? L’organisation.

« C’est une vraie contrainte pour le coiffeur lui imposant d’être drastique sur la tenue des plannings et ne permettant ni flexibilité si une cliente absente ou en retard, ni temps d’échanges personnalisables et malléables. » Et côté cliente ? « Elle reste dans un même lieu trop longtemps. Le moment de détente risque de s’avérer « agaçant » car trop en longueur avec des temps d’attente imprescriptibles et invisibles en temps normal, et qu’elle va pour autant additionner dans un tel endroit » note-t-il.

Mais qu’a-t-il à répondre à ceux qui voient en la beauté globale un moyen de s’en sortir ou de développer le chiffre d’affaires ?

« Quand un salon de coiffure ne fonctionne pas, c’est encore plus périlleux pour lui de se lancer dans d’autres activités. Si un salon de coiffure ne fonctionne pas, il y a une raison à chercher, plutôt qu’à vouloir la masquer par d’autres offres. Avec ses nouveaux services, le coiffeur pensera multiplier les opportunités de faire entrer la cliente chez lui et/ou à augmenter son chiffre d’affaires mais au contraire, il risque de démultiplier ses déficiences en cours. Par ailleurs, par la force des choses, le coiffeur et son équipe vont « vendre » ces nouveaux services et la cliente risque de se sentir « pressurisée » jusqu’à ne plus oser y aller. »

Mais qu’a-t-il mis en place, de son côté, pour développer son business ?

« Nous proposons un service d’extensions avec une coiffeuse experte de ce service. Un praticien en massage crânien office aussi certains jours avec au-delà du bien-être, la recherche d’un gain en oxygénation du cuir chevelu. Cela reste deux offres/expériences autour des cheveux. »

Résultats ?

« Les clientes aiment les nouveautés donc cela les ravit – d’autant pour le praticien plus surprenant. Elles sont enthousiasmées par cette possibilité. Maintenant il faut qu’elles puissent avoir le réflexe de l’intégrer dans leur agenda au moment de la prise de rendez-vous. » Bref… Vous l’aurez compris : pour David Lucas, le salon de coiffure peut développer son offre de prestation. « A condition de rester autour de la thématique de son expertise » à savoir les cheveux !

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