Saviez-vous que nos émotions conditionnent nos comportements, nos paroles et nos décisions ? Au pays de Descartes, cette idée a fait son chemin. Aujourd’hui, face aux crises, l’intelligence émotionnelle agit davantage sur la manière de communiquer et les capacités de leadership. Alors, go !

Six mille, c’est le nombre de mots que nous prononçons en moyenne chaque jour. Imaginez donc, le nombre de mots non prononcés qui nous traversent l’esprit.
La plupart d’entre eux ne concernent pas des faits mais sont des évaluations et des jugements entrelacés d’émotions dont certaines sont positives et utiles, d’autres négatives et inutiles. C’est bien cette capacité à reconnaître cette palette d’états affectifs qui constitue la composante de l’intelligence émotionnelle. Le concept est introduit en 1990, par les psychologues Peter Salovey et John Mayer comme « l’habileté à percevoir et à exprimer les émotions, à les intégrer pour faciliter la pensée, à comprendre et à raisonner avec les émotions chez soi et chez les autres ». Popularisée par le psychologue Daniel Goleman, en 1995, cette idée a redéfini la notion même d’intelligence. Au point que le quotient émotionnel, ou QE, rivalise aujourd’hui avec le quotient intellectuel, ou QI.
L’ART DE RAISONNER AVEC LES ÉMOTIONS
« Les émotions sont essentielles. Elles nous permettent, aussi bien dans notre vie personnelle que professionnelle, d’être plus conscient, plus heureux et plus résilient. Et lorsqu’un manager, dans son recrutement prend en compte le QE, le turn-over en salon est plus faible », souligne Patrick Ahmed. Les recherches de Goleman ont aussi prouvé que trois compétences des plus déterminantes dans la réussite professionnelle sont la confiance, la faculté d’adaptation et le talent pour la coopération. L’empathie, les relations interpersonnelles, la résolution de problèmes et l’optimisme complètent la liste des compétences émotionnelles primordiales en salon. « Selon moi, les coiffeurs doués d’une solide intelligence émotionnelle – la capacité à se mettre à la place des autres – sont plus motivés et présentent de meilleures capacités managériales. D’où l’importance de tenir compte du quotient émotionnel quand on rencontre un candidat pour la première fois. » Difficile d’embaucher un coiffeur s’il se révèle incapable de gérer ses émotions. C’est un métier de contact. Idem pour les managers qui doivent être à l’aise avec leurs affects car ils passent leur temps à gérer leurs émotions et celles des autres. Un manager qui a une bonne intelligence émotionnelle est celui qui progresse le plus.

Comment se traduit une intelligence émotionnelle forte ?
– Vous ne stressez pas facilement et repérez vite les tensions. Vous n’avez donc pas de rancune.
– Vous savez décrire et contrôler vos émotions. Vous êtes doté d’une ouverture d’esprit.
– Vous avez de la bienveillance, de l’empathie, mais vous êtes aussi capable de vous affirmer et de poser des limites.
– Vous avez la faculté de changer vos erreurs en opportunités de progrès. Vous êtes capable de vous relever tout de suite, de rebondir et de trouver le juste milieu.
– Vous êtes peu susceptible et vous connaissez vos points sensibles. Vous n’avez pas de réaction émotive excessive. Cela vous permet de neutraliser les personnes au caractère difficile.
– Vous savez faire passer vos messages et exposer vos pensées avec beaucoup de clarté.
– Vous êtes doté d’un esprit d’initiative et d’adaptabilité. Mais vous vous laissez le temps de mûrir vos réflexions.
– Enfin, l’intelligence émotionnelle, ce n’est pas être gentil. C’est savoir exprimer et gérer ses émotions pour obtenir les meilleurs résultats possible.
Biblond, pour les coiffeurs !








