À la tête du salon familial à Auxerre, Fabrice Cornillon a largement contribué à la revalorisation de la coiffure masculine, bien avant la tendance barber. Rencontre avec un chef de file, exemplaire pour la jeune génération.

Humble… Fabrice Cornillon l’est assurément. Ce fils de coiffeur a largement œuvré à redorer le blason de la coiffure masculine. Bien avant la tendance du barber, ce passionné a contracté, très tôt, «le virus» comme il le dit lui-même.
« D’après ma famille, c’est à 6 ans que j’ai décrété que je serais coiffeur. Je passais mon temps dans le salon familial, j’ai toujours baigné dans cet univers. » En 1992, à 17 ans, il commence son apprentissage auprès de son père avec une idée en tête : défendre les valeurs de la coupe homme. En effet, la tendance aux cheveux longs et l’explosion des salons mixtes avaient quelque peu effacé cette discipline. Aujourd’hui encore à la tête du salon de son enfance, Fabrice a su s’ouvrir au monde, grâce aux concours entre autres. Meilleur Apprenti de France, vice-champion d’Europe, médaillé d’argent aux Olympiades des métiers, son palmarès fait rêver.
« Les concours m’ont permis de découvrir d’autres méthodes et savoir-faire. Ils sont aussi un moyen de se faire connaître et reconnaître. C’était mon objectif. » Pari gagné ! Il devient ambassadeur formateur pour Wella Professionals (pendant plus de dix ans) et fait une rencontre décisive. « Je suis allé voir César sur scène au MCB et je suis tombé sous le charme de son travail, de sa vision de la coiffure homme, sa technique et son évolution. » S’il reste fidèle à son père, à qui il succède en 2011, il a su se faire une jolie place dans le milieu artistique, inspirant toute une jeune garde de coiffeurs barbiers. Il devient membre de la Haute Coiffure Française, directeur artistique hommes pour Intercoiffure (2003 à 2009)… Aujourd’hui à la tête d’une équipe dont fait partie son fils, Thomas, il porte différentes casquettes : chef d’entreprise, coiffeur, barbier, ambassadeur formateur Eugène Perma, ambassadeur pour Fejic et Hikari.
Sa vision du métier
« Cela valait la peine de se battre. Nous sommes dans une bonne dynamique, avec de beaux visuels et des personnalités talentueuses. Aujourd’hui, il est devenu normal pour un homme d’aller dans un salon qui lui est dédié. C’est sur les tarifs que nous devons concentrer nos forces. Nous devons faire valoir un savoir-faire, une connaissance. Nos prix, même si cela s’améliore d’année en année, sont encore en dessous de ceux de la femme. Dans mon salon de petite ville, les clients, et même les plus jeunes, sont prêts à payer plus cher pour s’offrir nos services, avec des produits de qualité, un savoirfaire et une écoute. »
Ses conseils aux jeunes
« Il y a de la place pour tout le monde et nous, chefs d’entreprise, avons besoin de jeunes motivés et qualifiés, qui ont envie d’apprendre et d’évoluer. Même si le chemin peut paraître long, il ne faut pas avoir peur de s’investir. Cet investissement sera forcément valorisé un jour. Au-delà de ce que le patron peut vous apporter, travaillez par vous-même. Fouillez, soyez curieux ! Cette soif de connaissance vous permettra de forger votre propre identité. »
Aux chefs d’entreprise
« Communiquez ! On apprend de tous. Nous avons besoin de toutes les forces pour faire évoluer une entreprise. Sachez valoriser vos jeunes, dégager du temps pour eux, en les accompagnant mais aussi en leur donnant des responsabilités. »
Les dates de sa vie
1993 Meilleur Apprenti de France
2000 Membre de la Haute Coiffure Française
2011 Ambassadeur Eugène Perma
2013 Ambassadeur Fejic
2016 Ambassadeur Hikari
Biblond, pour les coiffeurs !








