Luciano Ribeiro Martins : le barbier des voyeurs

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À 32 ans, il fait partie de la nouvelle garde de la coiffure masculine française. Après des années de freelance aux quatre coins de la planète, Luciano vient de poser ses valises au Barbier des Voyeurs.

« J’ai commencé ce métier totalement par hasard. J’étais dans une école de peintre en bâtiment, je voulais être architecte d’intérieur ! », se souvient Luciano. Attiré par la devanture, il pénètre dans un salon à Paris.



Impressionné, il décide de se diriger vers un CAP, puis un BP coiffure qu’il effectue auprès de l’Académie Jean-Yves Bouley puis dans le groupe Provalliance. Diplômé en 2006, il se rapproche de l’univers de l’homme, auprès de maîtres barbiers, dont Victor Moreira, mais aussi de grands barbershops. En parallèle, il se passionne pour le monde du spectacle et intègre même une école spécialisée. Sur scène, en studio ou en backstage de défilé, il s’éclate !
Maîtrisant à la perfection la coiffure dame et devenu un représentant du chic parisien aux quatre coins du monde, il mène une vie hors du commun. En parallèle, la tendance barber explose. « Cette passion était toujours intacte en moi. » Alors, en 2013, après moult expériences en salons et franchises, il choisit de se consacrer à son domaine de prédilection. En studio, il se crée une clientèle d’athlètes, de joueurs de football, de réalisateurs, d’animateurs, d’influenceurs… et devient coiffeur privé.
« Je voyageais partout à la demande de mes clients. »
Finalement, le besoin de stabilité se fait ressentir.
« Aujourd’hui, je me pose. Le Barbier des Voyeurs est un lieu atypique et intimiste avec un concept de privatisation qui correspond exactement à ma vision du métier. Nous sommes les garants de l’image de nos clients. Quand ils ont rendez-vous ici, c’est un artiste qu’ils viennent voir. Je veux changer la vision que l’on a du coiffeur. »

Ses conseils aux jeunes

« Commencez par le parcours traditionnel pour comprendre la coiffure, ses fondements. Puis, pour devenir un bon barbier, comme il y a peu de formateurs, il ne faut pas hésiter à aller dans les centres, auprès d’Anthony Galifot, par exemple, qui est le meilleur…
Vous pouvez aussi acquérir de l’expérience dans les barbershops de quartier. N’allez pas dans les salons mixtes, ce n’est pas le même métier ! »

Sa vision du métier

« La crise sanitaire aura servi à revaloriser l’artisanat.
Elle a aussi un impact positif sur l’hygiène dans les salons et a créé un élan de solidarité au sein de la profession. Entre barbiers, nous nous sommes rassemblés pendant le confinement pour réfléchir sur l’avenir.
En France, nous avons beaucoup d’univers et de talents différents dans la coiffure masculine. Hélas, les marques ou les franchises ne nous font pas encore confiance. Avec nos dix ans d’apprentissage intensif, nous avons des choses à dire et à transmettre. Notre palette artistique est immense.
Notre talent doit être mis au service de la coiffure française. »

L’avenir ?

« Il est très prometteur ! En 2021, nous assisterons à une montée fulgurante des barbiers urbains français. Il y a toute une équipe qui se démarque artistiquement. Nous créons des visuels de qualité pour les réseaux sociaux, un vrai levier de communication pour nous. Clients et marques nous contactent par ce biais. Entre barbiers, nous nous unissons pour faire évoluer la formation car il y a un vrai manque dans le cursus classique. Il est temps de laisser s’exprimer, notamment dans l’éducation, de jeunes barbiers expérimentés. »

Les dates de sa vie

2006 CAP avec l’Académie Jean-Yves Bouley

2008 BP au sein du groupe Provalliance

2013 Se consacre à la coiffure masculine

2020 Se pose au Barbier des Voyeurs



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