L’explosion des espaces revente

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Crise oblige, la revente est devenue une source de revenus indispensable en salon. Tendance nouvelle, certains vont même jusqu’à créer de véritables espaces shopping au sein des salons, convertissant au passage leurs coiffeurs… en vendeurs.

Exit la simple étagère réservée aux produits à côté de la caisse. Voici venu le temps des salons-boutiques. « Nous étions à 10 % de chiffre d’affaires revente dans nos salons, indique Christophe Pinon, cogérant du groupe C&C Partner. Notre objectif est de passer à 30-35 %, grâce à des shops situés à l’avant des salons. Plus de labo à l’arrière : tous les produits, y compris les colorations,
seront désormais en vente à l’entrée, sur des linéaires. »

Le groupe provençal a mesuré l’ampleur des changements d’habitudes des consommatrices grâce à sa boutique Le comptoir du coiffeur, à Marignane, ouvert aux particuliers depuis 2008. « Il y a une demande très forte, ce marché existe. Nous avons décidé d’accompagner ce mouvement et d’en tirer parti. »

Trois salons-shops seront inaugurés en 2013, en attendant que les franchisés passent eux aussi le
cap. « Ils ont accueilli cette idée très favorablement, indique Christophe Pinon. Beaucoup de gérantes de plus de 40 ans y voient l’opportunité de quitter  le fauteuil pour devenir conseillères de vente. C’est un nouveau métier qui va se développer. »

Cibler les clientes qui échappent aux salons

Grâce à ces salons nouvelle génération, l’objectif est de capter une clientèle qui ne va chez le coiffeur qu’une ou deux fois par an, mais qui prend tout de même soin de ses cheveux et cherche des conseils professionnels. C’est le constat de Farida B, spécialiste du cheveu frisé, qui a ouvert un salon parisien. Particularité : une boutique est accolée au salon et les deux espaces, de même superficie, communiquent par l’intérieur.

« Beaucoup de consommatrices n’osent pas entrer dans un salon de coiffure pour acheter un shampooing. L’objectif est de les faire venir dans notre espace de vente, où elles bénéficient d’un diagnostic personnalisé et de conseils sur l’utilisation des produits. » La boutique, où Farida B anime également des ateliers, représente aujourd’hui 40 % de son chiffre d’affaires.

Phénomène nouveau

Cette tendance, que l’on observe également au sein du groupe Pascal Coste et Jean Claude Aubry notamment, ne fait pourtant pas l’unanimité chez les coiffeurs. Corinne Capelli déplore ce nouveau phénomène lié, d’après elle, à l’appât du gain. « Pour moi, c’est du nivellement par le bas. Nous sommes des professionnels de la coiffure et non des grossistes. Chacun doit rester à sa place. » Verdict dans quelques années…

Un espace shopping pour :

  • Créer du trafic
  • Attirer une nouvelle clientèle
  • Proposer un service d’expertise
  • Dynamiser son offre
  • Développer son business revente

L’avis de Sylver Boll / L’invité de la rédac’ :

Il est véritablement dommage d’avoir attendu l’effet crise pour s’apercevoir que la vente est un moyen économique fort pour les salons. Ce levier devrait être l’atout privilégié de cet expert de la beauté qu’est le coiffeur. Un savoir à valoriser comme une plus-value du service global. Il ne devrait pas être question de trouver des solutions concernant la revente, car elle doit faire partie de notre expertise. Il s’agit bien ici de voir la vente au-delà de l’opportunité de chiffre d’affaires.

 

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