5 questions à se poser sur le Prêt garanti par l’État

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Pour soutenir les entreprises fragilisées par la crise sanitaire, quelles que soient leur taille et leur forme juridique, des Prêts garantis par l’État (PGE) ont été mis en place. Très simples d’accès, ils permettent de disposer de fonds rapidement à un faible taux d’intérêt. Rachid Belaziz nous aide à comprendre leur mécanisme.

#1 – TOUTES LES ENTREPRISES PEUVENT BÉNÉFICIER D’UN PGE

FAUX. Pour bénéficier d’un PGE l’entreprise doit être inscrite au Registre national des entreprises. Mais les SCI et entreprises faisant l’objet d’une procédure de sauvegarde, d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire ne peuvent pas prétendre à un PGE.





#2 – LES ENTREPRISES N’ONT AUCUN RECOURS SI LEUR DEMANDE DE PGE EST REFUSÉE

FAUX. En cas de refus, une entreprise peut toujours faire appel à la médiation du crédit aux entreprises. « Mais les chances de succès de l’entreprise dans sa démarche restent minces, car les PGE sont accordés très facilement dès lors que les finances de l’entreprise sont saines », explique Rachid Belaziz. Au-delà des PGE, la Banque publique d’investissement (BPI) propose une plateforme de crédits en ligne en partenariat avec les régions. Baptisés « Rebonds », ces prêts ont été développés par les régions pour aider les TPE et PME (jusqu’à 50 M€ de CA) qui présentent des difficultés de trésorerie. « Ils permettent d’emprunter sans garantie ni frais de dossier, de 10 000 à 100 000 € à taux zéro sur six ans avec un différé de paiement de deux ans », précise Rachid Belaziz.

#3 – LE MONTANT DE L’EMPRUNT EST PLAFONNÉ

VRAI. Le prêt peut atteindre jusqu’à trois mois de chiffre d’affaires soit 25 % du CA 2019. « Il n’a jamais été aussi simple d’emprunter pour une entreprise, affirme Rachid Belaziz. Mais les entrepreneurs ne doivent pas oublier qu’un prêt engage. Je leur conseille donc d’être vigilants sur leur ratio d’endettement. »

#4 – AUCUN REMBOURSEMENT N’EST EXIGÉ EN ANNÉE 1

VRAI. Le PGE ne nécessite pas de remboursement la première année et est amortissable sur une période supplémentaire d’un à cinq ans. « Par exemple si une entreprise réalise 600000 de CA (HT) et bénéficie d’un PGE de 150 000 €, elle devra s’acquitter de 375 € de frais en année 1. Ce taux augmentera chaque année (0,25 % la 1re année, 0,50 % en années 2 et 3, 1 % des années 4 à 6). C’est très intéressant. Mais attention, passé ce délai, les banques ne se sont pas encore engagées sur les taux d’intérêt qu’elles appliqueront. Il faut donc rester prudent et négocier dès maintenant sur vos futures conditions », conseille Rachid Belaziz. À savoir : si le PGE comprend une assurance décès, elle doit être payée dès la première année.


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#5 – L’EMPRUNTEUR PEUT ANTICIPER LE REMBOURSEMENT

VRAI. Vous pouvez anticiper ce remboursement avant les 12 mois de franchise prévus par le PGE si votre prêt comprend une mention de remboursement anticipé. « La meilleure stratégie est de prendre rendez-vous avec son conseiller financier pour négocier au mieux les conditions de remboursement et leur mise en oeuvre », conseille Rachid Belaziz. Avant d’ajouter : « Si les taux d’intérêt ne sont pas négociables, en revanche les frais de remboursement peuvent faire l’objet d’une négociation. »