Quels financements pour la formation dans la coiffure en 2020 ?

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Adoptée en août 2018 et mise en œuvre l’an dernier, la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a changé la donne de la formation professionnelle pour les coiffeurs.

En mars dernier, l’Unec a réuni à la Maison de la Chimie tous les acteurs de
la formation pour évoquer les nouveaux dispositifs mis en place, mais aussi
le financement et les modalités de formations des salariés et des chefs d’entreprise. Le président de l’Unec nous a aidés à mieux comprendre les risques et opportunités de cette nouvelle loi.

# 01 – FORMATION DES APPRENTIS

Côté apprentissage, l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) est
plutôt satisfaite : le gouvernement semble avoir entendu ses appels à booster l’apprentissage. « Désormais, les entreprises qui emploient un apprenti sont assurées d’une aide unique de 4 125 € en année 1, 2 100 € en année 2, et 1 200 € en année 3. »
Pour que ce système puisse exister, France Compétence et les Opco (qui
remplacent désormais les Opca) ont défini un coût contrat versé au CFA. « C’est la fin des problèmes de financement de l’apprentissage et c’est un grand pas en avant pour notre profession », se réjouit l’Unec.

#02 – INQUIÉTUDE SUR LA FORMATION CONTINUE

L’avenir est moins rose concernant la formation continue des chefs d’entreprise aux mains des Opco et du Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprise artisanale (Fafcea). L’an dernier, le Fafcea a accordé aux coiffeurs 491 € de financement par formation. Mais leur cotisation ne s’élève qu’à 68,89 € par an.
En clair, les coiffeurs consomment beaucoup plus de formations qu’ils n’en
financent. Si tout le monde s’accorde à reconnaître qu’une hausse des cotisations n’est pas envisageable, vu la fragilité financière de nombreuses
entreprises du secteur, les interrogations sont nombreuses quant au financement futur des formations. « Il est impératif que nous trouvions un chemin pour que les coiffeurs soient formés », rappelait Bernard Stalter. Les acteurs évoquent une possible mutualisation des Fafcea, certaines branches étant nettement moins consommatrices de formations que la
coiffure.
L’an dernier, le Fafcea et les Opco ont décidé de limiter à 2 le nombre de formations possibles pour un chef d’entreprise. Guillaume Dartois, président du Fafcea, a annoncé lors de la conférence organisée en mars dernier sa volonté d’augmenter le nombre de formations possibles pour les chefs d’entreprise à 3, voire 4.

# 03 – LE COMPTE PERSONNEL DE FORMATION

Le gouvernement a beaucoup communiqué sur la mise en place du Compte personnel de formation pour les salariés. Aujourd’hui, la majorité d’entre eux connaissent le système. « Tous les membres de l’Unec ont été prévenus car nous avons écrit et présenté le CPF dans notre newsletter », souligne l’Unec.

# 04 – LES FORMATIONS DE NIVEAU 3

Le CAP et le BP n’intègrent pas de formation managériale, laquelle fait cruellement défaut à la profession aujourd’hui. « Il faudrait intégrer des formations en gestion de projet d’entreprise, marketing, vente, ressources humaines, dans le brevet de maîtrise afin de mieux préparer les futurs chefs d’entreprise », soulignait Bernard Stalter.
Autre action envisagée : permettre à la branche de gérer le référentiel du BP (pour l’heure c’est l’Éducation nationale qui s’en charge) afin qu’elle y incorpore tous ces éléments essentiels. Qui mieux que les coiffeurs connaissent leurs besoins…

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