Les coiffeurs à domicile sont toujours plus nombreux en France. La cause de cet engouement : le régime de la micro-entreprise adopté par de plus en plus de jeunes. Mais dans le même temps, le nombre d’actifs dans la coiffure ne cesse de chuter et les salons peinent à recruter. Une situation préoccupante pour Bernard Stalter, président de l’Unec et des Chambres de métiers et de l’artisanat.
# 01 – BOMBE SOCIALE
On recensait 21 821 micro-entrepreneurs au 31 décembre 2018, soit 1 253 de plus qu’en 2017 (source : rapport de branche de la coiffure 2018). Souhaité et mis en oeuvre dès le début de son mandat par le président Macron, le nouveau régime de la micro-entreprise séduit de plus en plus de coiffeurs. « Près de 22 000 micro-entreprises sur un total de 85 000, cela signifie que dans le secteur de la coiffure plus de 25 % des entreprises sont aujourd’hui des micro-entreprises », constate Bernard Stalter. Et pourtant, alors que le secteur réalise un chiffre d’affaires de plus de 6 milliards d’euros, le revenu moyen des micro-entrepreneurs plafonne à… 5 600 € par an ! « Nous sommes assis sur une bombe sociale car tous ces micro-entrepreneurs ne valident pas de trimestres pour leur retraite », déplore le président de l’Unec.
#02 – CONCURRENCE DÉLOYALE
Il faut dire que se lancer en micro-entreprise n’a jamais été aussi simple. Qui plus est, le micro-entrepreneur bénéficie d’un régime simplifié de calcul et de paiement des cotisations et contributions sociales obligatoires. Surtout, le micro-entrepreneur n’est pas soumis à la taxe sur la valeur ajoutée. Loin d’être opposé à ce régime qui favorise la création d’entreprises (Sabine Pires représente les coiffeurs à domicile à l’Unec), Bernard Stalter le voudrait mieux encadré : « Il est impératif que le gouvernement limite le régime de la micro-entreprise dans le temps car nous sommes sur une concurrence déloyale », s’insurge-t-il. Selon lui, le régime de la micro entreprise ne devrait pas excéder deux ou trois années. « Cela me semble suffisant pour savoir si l’on a créé une entreprise pérenne », ajoute-t-il.
#03 – TRANSFERT DU SALARIAT
En 2018, le nombre de micro-entreprises a progressé de 6,1 % dans la coiffure, mais le nombre d’actifs a baissé dans le même temps de 2,6 %. Résultat : le manque de personnel est aujourd’hui criant. « On assiste actuellement à un transfert du salariat vers la micro-entreprise. Et quid de la formation demain puisque ces micro-entrepreneurs ne forment pas d’apprenti ? », souligne Bernard Stalter.
#04. LOCATION DE FAUTEUIL
Employer les micro-entrepreneurs en leur louant des fauteuils en salon. L’idée fait son chemin et apparaît pour certains comme la solution d’avenir pour une meilleure cohabitation des deux mondes. Mais pour le président de l’Unec, « la location de fauteuil reste “borderline”. Elle représente pour moi la paupérisation du métier. »
#05. PRÉSERVER LES SALARIÉS
Éviter que les salariés ne quittent les salons pour créer leur micro entreprise, c’est aujourd’hui le challenge des coiffeurs. « Ils ont déjà des outils à disposition comme la défiscalisation des heures supplémentaires ou l’intéressement », explique Bernard Stalter. Avant d’ajouter : « Nous devons prendre en compte le fait que les collaborateurs veulent aujourd’hui participer à la construction du salon tout en ayant plus de liberté. » Surtout, l’interprofession planche actuellement sur la réévaluation (attendue par tous) de la grille salariale.
Biblond, pour les coiffeurs !









